Les chutes représentent la première cause de mort accidentelle chez les 65 ans et plus. Toa55 / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Les taux standardisés d'hospitalisations et de décès en lien avec une chute chez les personnes de 65 ans et plus ont respectivement augmenté de 20,5% et 18% entre 2019 et 2024, selon des données diffusées le 12 mars 2026 par Santé publique France (SPF), dans un bulletin consacré aux chutes.
C'est dans le cadre du plan antichute des personnes âgées lancé en 2022, qui visait à réduire de 20% à l'horizon 2024 le nombre des chutes mortelles ou entraînant une hospitalisation chez les personnes de 65 ans et plus, que l'agence a mis en place une surveillance épidémiologique des chutes dans cette population à partir des "causes médicales en texte libre" des certificats de décès et des données médico-administratives du système national des données de santé (SNDS).
"Ce dispositif permet de décrire conjointement la mortalité et la morbidité en lien avec une chute, en utilisant une méthodologie homogène et comparable, notamment entre les territoires", fait valoir SPF, qui rappelle qu'en France, les chutes représentent "la première cause d'années de vie perdues en raison d'un décès prématuré ou d'années vécues avec une incapacité, avec une augmentation chez les plus âgés".
Les données montrent qu'entre 2019 -année de référence initialement retenue pour l'évaluation du plan- et 2024, le nombre d'hospitalisations en lien avec une chute chez les 65 ans et plus a augmenté de façon régulière, passant d'environ 135.000 à près de 175.000 séjours hospitaliers, soit une hausse d'environ 29%.
Ceci correspondait à un taux standardisé de 1.198 hospitalisations pour 100.000 habitants âgés de 65 ans et plus en 2024, en hausse de 20,5% par rapport à 2019. Toutes les classes d'âge étaient concernées, avec un taux pour 100.000 habitants passant de 340 à 433 chez les 65-74 ans (+27%), de 980 à 1.177 chez les 75-84 ans (+20%) et de 3.156 à 3.736 chez les 85 ans et plus (+18,4%).
Cette "nette augmentation" était également observée en matière de mortalité, puisque le nombre de décès annuels en lien avec une chute chez les 65 ans et plus est passé de 15.952 à 20.148 entre 2019 et 2024, soit une hausse de 26,3%.
Taux de mortalité standardisé en hausse de 18%
Le taux de mortalité standardisé était ainsi de 138 pour 100.000 habitants chez les 65 ans et plus, en hausse de 18% par rapport à 2019. Cette tendance s'observait dans toutes les classes d'âge, avec +16,7% chez les 65-74 ans (de 18 à 21 pour 100.000), +14,5% chez les 75-84 ans (de 76 à 87 pour 100.000) et +19% chez les 85 ans et plus (de 519 à 618).
SPF note que les hospitalisations étaient, "à structure d'âge identique, proportionnellement plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes", mais que c'est l'inverse qui était observé pour la mortalité.
L'effet de l'âge était important avec, en 2024, un taux d'hospitalisation en lien avec une chute 8,6 fois plus élevé chez les 85 ans et plus que chez les 65-74 ans, et un taux de mortalité 29 fois plus élevé.
En outre, la mortalité en lien avec une chute était saisonnière, "avec des niveaux plus élevés pendant l'hiver que l'été, potentiellement en lien avec les conditions climatiques et les épidémies hivernales", note SPF.
L'agence relève qu'"alors même que la mortalité toutes causes [était] plus faible en 2024 qu'en 2019, celle en lien avec une chute a été en constante augmentation sur l'ensemble de la période, la part des chutes dans la mortalité toutes causes ayant augmenté".
"Cette évolution pourrait refléter un changement des conditions de mortalité, changement qui semble s'inscrire durablement en France, ou une amélioration du remplissage, par les médecins, des motifs de décès en lien avec une chute dans les certificats de décès", explique-t-elle, estimant que "cette dernière hypothèse pourrait être liée à une meilleure sensibilisation dans le cadre du plan national".
L'agence note que la hausse de l'incidence des chutes est "observée dans l'ensemble des pays" et qu'elle "reflète possiblement l'augmentation, dès la mi-vie, de l'inactivité physique et de la sédentarité avec un retentissement au fil de l'avancée en âge sur la masse et la force musculaire et un risque de chute accru", avec un potentiel effet aggravant de la pandémie de Covid-19.
"Le plan ayant été mis en place en 2022, les deux ans de données jusqu'en 2024 permettent uniquement d'analyser la dynamique d'hospitalisation et de mortalité dans lequel le plan a été déployé", relève toutefois SPF, estimant que "le recul n'est probablement pas suffisant pour commencer à observer de réelles variations suite à la mise en place d'actions dans le cadre du plan".
En outre, "l'analyse descriptive mise en œuvre dans ce travail ne peut pas, à elle seule, permettre de conclure de manière causale à une efficacité du plan", ajoute-t-elle.
D'après une dépêche publiée dans APMnews le 12 mars 2026.
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