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Le contrôle global des Mici amélioré par l'utilisation de biomarqueurs pour orienter la stratégie thérapeutique

Pour prédire le niveau de réponse aux traitements des Mici, l'utilisation de biomarqueurs est une perspective prometteuse. Des résultats encourageants, présentés au congrès de l'ECCO le 20 février dernier.

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Plusieurs biomarqueurs ont été identifiés pour prédire le niveau de réponse aux traitements.

Plusieurs biomarqueurs ont été identifiés pour prédire le niveau de réponse aux traitements.Rasi Bhadramani / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Chez des patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (Mici), une stratégie thérapeutique guidée par biomarqueurs améliore significativement le contrôle global de la maladie, selon des résultats présentés vendredi 20 février, lors du 21ᵉ congrès européen sur les Mici, organisé à Stockholm par l'European Crohn's and Colitis Organisation (ECCO).

La réponse aux biothérapies anti-TNF varie fortement selon les patients, avec une proportion importante de non-répondeurs et de patients pour lesquels la réponse s'atténue au fil du temps, a rappelé le Pr Florian Tran de l'hôpital universitaire de Schleswig-Holstein à Kiel (Allemagne).

Pour prédire le niveau de réponse, des biomarqueurs ont été identifiés au cours des dernières décennies, mais leur transfert dans la routine clinique a été limité par le fait qu'un seul marqueur ne suffit pas et que des dizaines de marqueurs sont durs à interpréter par les praticiens, a-t-il observé.

Avec ses collègues, le Pr Tran a donc tenté de trouver une utilisation simple à ces biomarqueurs pour les exploiter en pratique clinique et appuyer les décisions de changement de traitement avancé. Ils ont intégré plusieurs biomarqueurs mesurés par PCR dans un profil moléculaire global fourni sous la forme d'un rapport, avec un résumé visuel sur l'atteinte d'une rémission ou non, l'idée étant de discuter du résultat dans le cadre d'un comité multidisciplinaire incluant le praticien.

Cet outil a été testé dans l'essai randomisé, contrôlé, ouvert et prospectif GUIDE-IBD. Au total, 103 adultes atteints de rectocolite hémorragique ou de maladie de Crohn active, venant de trois CHU allemands (Hanovre, Hambourg et Kiel) et commençant un traitement par l'anti-TNF infliximab par voie intraveineuse, ont été randomisés entre un bras "stratégie thérapeutique guidée par biomarqueurs" et un bras "prise en charge standard optimisée" entre février 2021 et janvier 2024.

Les évaluations incluaient 29 biomarqueurs sanguins (à l'inclusion et aux semaines 2, 6, 14, 26 et 52) et 16 tissulaires (inclusion et semaines 14 et 52), dont les résultats étaient obtenus en deux semaines. Elles comportaient également des modélisations de pharmacocinétique pour personnaliser la dose de traitement. Les rapports de résultats étaient communiqués au bras "stratégie thérapeutique guidée par biomarqueurs" mais pas à l'autre bras.

Le critère d'évaluation principal était le contrôle global de la maladie défini par une rémission clinique (Crohn's Disease Activity Index -CDAI- inférieur à 150 et score de Mayo partiel de moins de 2), une rémission endoscopique et une normalisation biologique (taux de CRP inférieur à 5 mg/l et taux de calprotectine fécale inférieur à 250 mg/g).

Après un an de suivi, le contrôle global de la maladie était significativement plus fréquent dans le groupe "stratégie thérapeutique guidée par biomarqueurs" (43% vs 23%), avec un odds ratio (OR) à 2,5, selon les résultats de l'analyse en intention de traiter modifiée.

L'ensemble des critères secondaires était en faveur du bras "stratégie thérapeutique guidée par biomarqueurs" (rémission sans corticoïdes, rémission clinique, rémission endoscopique), bien qu'une différence statistiquement significative n'ait été observée que pour la rémission sans corticoïdes (OR ajusté à 2,3).

Les changements de traitement avancé étaient plus fréquents dans le bras "stratégie thérapeutique guidée par biomarqueurs" (48% vs 29%), notamment vers l'anti-intégrine védolizumab (Entyvio*), l'anti-interleukine ustékinumab (Stelara*) et l'anti-TNF adalimumab, de même que les ajustements de dose (48% vs 35%).

Dans ce bras, le temps pendant lequel les patients restaient sous traitement suboptimal était réduit et l'apport d'informations moléculaires supplémentaires permettait d'améliorer l'efficacité du traitement, a conclu le Pr Tran, en indiquant que des études sont en cours pour étudier un possible déploiement de cette technique et affiner les biomarqueurs.

Pas de résultats significatifs avec une signature protéique pour initier une stratégie top-down

Une autre étude, à partir de l'essai multicentrique et contrôlé NORDTREAT (NORdic inflammatory bowel disease TREATment) et présentée jeudi, s'est montrée moins concluante sur l'effet d'un guidage par biomarqueurs (signature protéique) pour prédire l'évolution de la Mici et initier chez les patients à risque accru une stratégie top-down qui consiste à donner précocement la combinaison anti-TNF + immunomodulateur.

Jonas Halfvarson de l'université d'Örebro (Suède) et ses collègues ont randomisé 313 patients issus de 15 hôpitaux et atteints d'une maladie de Crohn ou d'une rectocolite hémorragique nouvellement diagnostiquée, entre un accès à une signature protéique pour déterminer leur risque d'évolution ou un non-accès.

Dans le premier groupe, 24 patients présentaient un risque accru et ont été traités dans le cadre d'une stratégie top-down. Dans l'autre groupe, les patients ont reçu des soins standards et une escalade thérapeutique progressive. Parmi eux, 29 (19%) ont été identifiés a posteriori comme ayant un profil à haut risque à l'inclusion et 16 avaient reçu un traitement avancé après un délai médian de 15 jours.

Chez les patients à risque, la stratégie top-down guidée par biomarqueurs n'a pas augmenté le taux de rémission clinique et endoscopique sans corticoïdes après un an de suivi par rapport à la prise en charge standard (42% et 27% pour la rémission clinique mais sans différence statistiquement significative et 53% pour les deux bras s'agissant de la rémission endoscopique).

Un bénéfice a néanmoins été observé chez des patients atteints de la maladie de Crohn (50% vs 11% pour la rémission clinique) mais sans atteindre la significativité, a noté Jonas Halfvarson.

D'après une dépêche publiée dans APMnews le 23 février 2026.

Sources

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