Greffes d'organes à un niveau record en 2025, mais toujours plus de refus des proche

Source :AFP
Date de publication :26 février 2026
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Phira Phonruewiangphing / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

La France a réalisé un record de greffes d'organes en 2025, a annoncé jeudi l'Agence de la biomédecine, tout en s'alarmant des refus toujours croissants de familles de défunts, souvent liés à la désinformation, et d'une fracture générationnelle.

Troisième pays au monde pour les greffes derrière l'Espagne et les Pays-Bas, la France a fait 6.148 transplantations, davantage qu'en 2024 (+95 greffes) et surtout que le précédent record, atteint en 2017 (+28).

"Bonne nouvelle : on n'a jamais autant greffé", même si "cela ne suffit pas" face aux besoins, a déclaré Marine Jeantet, directrice générale de l'Agence de la biomédecine, lors d'une conférence de presse.

D'autant que la progression s'est ralentie et que les résultats sont dans la fourchette basse des trajectoires du Plan ministériel 2022-2026.

Par organes, le rein reste de loin le plus greffé, devant le foie, le cœur, les poumons ou encore le pancréas.

En 2025, le cap des 600 greffes rénales avec donneurs vivants a été dépassé.

Il y a notamment eu huit greffes issues de dons croisés pour des patients dont le donneur n'était pas compatible avec eux mais avec un autre malade, "une grosse organisation qui a alimenté un ballet aérien", selon le directeur du prélèvement, Benoît Averland.

Mais la part des greffes rénales sur donneur vivant plafonne et reste loin des objectifs.

Les résultats 2025 sont "alarmants", a déclaré à l'AFP Yvanie Caillé, présidente de l'association de malades du rein Renaloo, observant notamment que "neuf patients sur dix en attente de greffe ont besoin d'un rein" et que "les retards coûtent des vies".

"D'autres pays font beaucoup mieux, comme l'Espagne avec une stratégie volontariste notamment pour l'organisation hospitalière", a-t-elle ajouté, appelant les pouvoirs publics à agir "d'urgence".

Globalement, 23.294 patients restent en attente de greffe, dont 11.642 immédiatement appelables vu l'urgence de leur situation. Et 966 malades sont décédés en 2025 faute de greffon, sensiblement plus qu'en 2024.

En France, a encore alerté l'agence, les greffes se heurtent à une opposition croissante au don de proches de personnes en mort encéphalique, au niveau inédit de 37,1%, très variable selon les régions.

La loi prévoit que chacun est donneur d'organes à sa mort, sauf refus exprimé de son vivant, en s'inscrivant sur le registre des refus ou en informant ses proches.

Si la personne décédée n'était pas dans le registre, les équipes médicales s'assurent auprès des proches qu'elle n'avait pas exprimé une opposition. S'ils ont un doute, les proches peuvent s'opposer au don.

"Les inscriptions au registre national des refus ont encore augmenté en 2025, généralement après des pics de circulation de fake news", comme des prélèvements sur des personnes pas décédées, selon Benoît Averland.

En outre, "l'engagement des 18-25 ans recule, sans doute lié à des idées fausses sur les réseaux sociaux : il faut leur redonner confiance", a insisté Marine Jeantet.

L'agence de la biomédecine entend orchestrer "une mobilisation générale" : formation accrue de soignants, lutte contre la désinformation, pédagogie auprès des religions...

"La diffusion d’information fiables et vérifiées, dans les médias et sur les réseaux sociaux notamment, constitue aujourd’hui un des axes majeurs de la promotion du don d’organes et de tissus et de l’accès à la greffe", a commenté la ministre de la Santé Stéphanie Rist dans un communiqué.

D'après une dépêche AFP publiée le 19 février 2026.

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