Environ 12 millions de Français sont en situation de handicap.bilalulker / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Un programme d'actions en cinq axes a été élaboré afin d'"améliorer le parcours face au cancer des personnes en situation de handicap", a annoncé l'Institut national du cancer (Inca) le 19 février 2026 dans un communiqué.
Il a été présenté le même jour par Nicolas Scotté, directeur général de l'Inca, lors de l'assemblée plénière du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH).
Ce programme d'actions s'inscrit dans le cadre de la feuille de route 2026-2030, lancée début février, de la stratégie décennale de lutte contre le cancer 2021-2030. Dans cette feuille de route, cinq publics prioritaires ont été identifiés, parmi lesquels les personnes en situation de handicap.
Environ 12 millions de Français sont en situation de handicap et sont confrontés à des obstacles "susceptibles de se manifester à toutes les étapes du parcours, de la prévention aux soins, jusqu'à l'accès à l'innovation", rappelle l'Inca dans son communiqué.
Pour l'institut, les difficultés rencontrées par les personnes en situation de handicap sont "en partie liées à une insuffisante adaptation du système de santé [à leurs] besoins spécifiques", avec de nombreux "freins structurels et transversaux": inaccessibilité des lieux et des informations, coordination insuffisante entre les secteurs sanitaire et médico-social, sous-estimation des symptômes, restrictions dans les propositions thérapeutiques et cumul de vulnérabilités sociales, est-il listé.
"Ces difficultés ne sont cependant pas une fatalité et appellent une action nationale et collective résolue pour améliorer le parcours face au cancer des personnes en situation de handicap", souligne l'Inca.
Son programme d'actions se développe en cinq axes:
- garantir l'accès à la prévention et au dépistage dans toutes les situations
- développer des parcours de soins coordonnés, sécurisés et adaptés
- améliorer les pratiques professionnelles
- permettre aux personnes d'être actrices de leur parcours face au cancer
- soutenir la recherche et développer la connaissance.
Sa mise en œuvre est placée sous la responsabilité de plusieurs copilotes: l'Inca, la direction générale de la santé (DGS), la direction générale de l'offre de soins (DGOS), la direction générale de la cohésion sociale (DGCS), le secrétariat général du comité interministériel du handicap (CIH) et la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA).
Un comité thématique national sera par ailleurs constitué pour rassembler toutes les parties prenantes.
Nommer un référent handicap dans chaque établissement autorisé en cancérologie
Afin d'améliorer l'accès à la prévention et au dépistage, l'Inca souhaite d'abord que les dispositifs et lieux associés soient accessibles à tous. Les outils nécessaires au diagnostic du cancer devront aussi être disponibles à tous "dans le cadre de consultations et plateformes dédiées" aux personnes en situation de handicap, avec une offre adaptée si besoin, "notamment en matière d'imagerie médicale".
En parallèle, le programme envisage le déploiement de nouvelles voies d'accès spécifiques, par l'expérimentation d'interventions en collaboration avec les établissements et services médico-sociaux, et par la mobilisation d'unités mobiles, de services de soins et d'aides à domicile.
Pour une meilleure coordination des parcours de soins, l'Inca veut s'assurer qu'un référent handicap sera bien "nommé, identifié et visible" dans chaque établissement autorisé en cancérologie.
De nouveaux modèles organisationnels devront être expérimentés et diffusés pour structurer des parcours coordonnés entre le médico-social, l'hôpital et les soins de ville. Pour les personnes sourdes, les unités d'accueil et de soins qui leur sont destinées devront être mobilisées.
Un des objectifs est également de "garantir la continuité de l'accès aux traitements innovants et onéreux" par la sensibilisation des équipes, par l'information des patients et de leurs proches, et par un renforcement de la coordination avec les prescripteurs.
Des focus particuliers sur la prise en soins des personnes en situation de handicap devront être intégrés aux référentiels et recommandations de bonnes pratiques, dont certaines nouvelles de dépistage devront être établies, adaptées aux spécificités de chaque type de handicap.
Des outils adaptés sont nécessaires aux professionnels et patients
Pour améliorer les pratiques professionnelles, il est prévu d'analyser les attitudes et pratiques des professionnels de santé en cancérologie "afin d'identifier les éventuels freins" et "biais implicites" susceptibles d'affecter la qualité de la prise en soins. Les "situations générant des questionnements éthiques" devront aussi être identifiées et analysées.
Plus globalement, le troisième axe vise à mieux former et sensibiliser les professionnels impliqués et à mettre à leur disposition des outils adaptés. Des outils et dispositifs devront aussi être mis à disposition des patients afin de favoriser les décisions partagées et les choix éclairés.
La pair-aidance doit être soutenue, en structurant son rôle et en l'intégrant pleinement dans les parcours de soins.
Enfin, en matière de recherche, sont mentionnées des études sur l'épidémiologie des cancers chez les personnes en situation de handicap, sur les comportements à risque ou protecteurs dans cette population, et sur leurs trajectoires médicales et socio-économiques.
Pour les essais cliniques en cancérologie, les protocoles et formulaires de consentement éclairé devront par ailleurs être pleinement accessibles afin de garantir la participation des personnes en situation de handicap.
D'après une dépêche publiée dans APMnews le 19 février 2026.
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