Au-delà du paracétamol, le projet concerne une vingtaine d'antalgiques de palier 1.jacoblund / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Le ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées a donné un mois aux représentants des pharmaciens de ville, des industriels et des patients pour formuler des "contre-propositions" à son projet de limiter à deux boîtes la délivrance d'antalgiques de palier 1, a-t-on appris vendredi 6 février 2026.
Pour rappel, un projet de la direction générale de la santé (DGS) visant à contraindre la délivrance de ces médicaments, dont le paracétamol, dans un objectif de lutte contre le gaspillage et le mésusage, a suscité de vives oppositions.
Les deux syndicats officinaux, mais aussi des industriels, à travers notamment l'organisation NèreS, ainsi que des associations de patients ont été reçus jeudi 5 février par le cabinet de la ministre Stéphanie Rist.
Ce dernier a dit "avoir entendu les remarques" des différents acteurs sur le décret en préparation et leur a demandé "des solutions alternatives" pour répondre aux objectifs initiaux de bonne observance, de bon usage et de limitation du gaspillage, a relayé Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), vendredi 6 février.
Le ministère attend ces "contre-propositions" sous un mois et a prévenu qu'en l'absence d'alternatives satisfaisantes, le projet de décret serait adopté "tel qu'il est".
Contacté par APMnews, le délégué général de NèreS, Luc Besançon, a confirmé ces informations, expliquant que "l'ensemble des acteurs" doit à présent se réunir pour plancher sur ces "contre-propositions".
Il a souhaité aboutir à des dispositions "plus équilibrées", qui répondent toujours aux objectifs de santé publique et de lutte contre le gaspillage tout en veillant à leur "praticité" pour les officinaux comme pour les patients.
Appel à la simplification des règles
Le président de la FSPF a commencé à défendre certains grands principes. Sur la délivrance d'antalgiques pour le traitement des douleurs aiguës, il n'est pas contre une "limitation du nombre de comprimés", mais appelle à "arrêter les multiplications de formules". Il a rappelé que les officinaux devaient déjà appliquer la limitation de délivrance de compléments nutritionnels oraux à 10 jours de traitement, les pansements à 10 jours de traitement… "Les règles sont insurmontablement compliquées", a-t-il déploré.
De la même façon, pour le traitement des douleurs chroniques, "il faut que ce soit simple". La FSPF a proposé "que dès lors qu'une ordonnance est renouvelable, on considère que c'est pour des patients chroniques, et qu'il n'y a donc pas de limitation de délivrance".
Le "plus important" pour les patients est que "leur traitement de la douleur soit délivré". "Peut-être que dans 10 % ou 20 % des cas - on n'en sait rien d'ailleurs - il y a un mésusage ou plutôt une mauvaise observance et donc des stocks qui se constituent chez les gens… Mais dans 80 % à 90 % des cas, les gens en ont besoin, et il n'est pas question de leur enlever", a affirmé Philippe Besset.
Il est rejoint par Luc Besançon, qui juge l'exercice "difficile" car "il n'y a pas d'idée claire du gaspillage réel".
Le délégué général de NèreS a aussi noté qu'il y avait une "baisse régulière" des quantités de paracétamol vendues, citant une diminution de 10 % du nombre de boîtes délivrées pour l'adulte depuis 2022.
Le projet de la DGS concerne, au-delà du paracétamol, une vingtaine d'antalgiques de palier 1, rappelle-t-on.
D'après une dépêche publiée dans APMnews le 6 février 2026.
3 minutes
Ajouter un commentaire




Commentaires
Cliquez ici pour revenir à l'accueil.