Diabète : complications au pied fréquentes, inégalités sociales persistantes

Source :AFP
Date de publication :19 février 2026
1
2
3
4
5
(aucun avis, cliquez pour noter)

nicoletaionescu / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Les complications au pied liées au diabète, qui peuvent conduire dans les cas les plus graves à une amputation, restent fréquentes en France et touchent beaucoup plus les personnes et les territoires défavorisés, pointe un ensemble d'études publiées mardi.

"La période 2012-2022 est marquée par une augmentation des hospitalisations pour plaies du pied, une stabilité des amputations (...) et une persistance des inégalités sociales et territoriales", selon Santé publique France, qui consacre un bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) au "fardeau évitable" de ces complications.

L'incidence de ces hospitalisations a augmenté de 692 à 1.006 pour 100.000 chez les hommes, et de 452 à 538 pour 100.000 chez les femmes.

S'il y a "probablement de plus en plus de plaies chez les personnes vivant avec un diabète car celles-ci sont liées à deux complications qui augmentent avec l’âge : la neuropathie et l'artériopathie", cela montre aussi des prises en charge préventives "défaillantes", juge la Pr Agnès Hartemann, dans un commentaire d'ensemble.

Le taux d'amputation est cependant resté stable (336/100.000 chez les hommes, 115 pour 100.000 chez les femmes).

C'est probablement l'effet d'hospitalisations plus précoces et/ou plus efficaces pour éviter cette issue, avance le Pr Hartemann, tout en notant que ce taux est beaucoup plus bas dans d’autres pays européens (Belgique, Suède, Italie, Allemagne…).

Pour les complications podologiques du diabète, la France connaît aussi des inégalités socio-économiques et des disparités régionales marquées, montrent plusieurs des travaux publiés mardi.

L’incidence des amputations est ainsi 44% plus élevée chez les habitants des communes les plus défavorisées, et les taux d’amputations bien supérieurs dans les départements et régions d’outre-mer, en Bretagne et dans les Hauts-de-France.

La littérature internationale confirme que "les personnes à faibles revenus, à faible niveau d’éducation ou sans couverture de soins adéquate ont un accès limité à la prévention, notamment podologique, entraînant un diagnostic plus tardif et un pronostic plus défavorable", pointe une autre étude du BEH.

"Une organisation territoriale efficace, une meilleure accessibilité aux soins spécialisés et une approche globale intégrant les déterminants sociaux sont essentielles pour prévenir les complications et réduire le nombre d’amputations", plaident ses auteurs.

Pour le Pr Hartemann, "il manque toujours en France une structuration du parcours de soins par un maillage territorial, avec des équipes pluridisciplinaires dont on connaît pourtant l’efficacité. Le coût en est terrible pour les patients, leurs proches, et in fine pour notre système de soins".

D'après une dépêche AFP publiée le 17 février 2026.

Commentaires

Ajouter un commentaire
En cliquant sur "Ajouter un commentaire", vous confirmez être âgé(e) d'au moins 16 ans et avoir lu et accepté les règles et conditions d'utilisation de l'espace participatif "Commentaires" . Nous vous invitons à signaler tout effet indésirable susceptible d'être dû à un médicament en le déclarant en ligne.
Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne !