Le premier facteur de risque modifiable est le tabagisme, responsable de 15 % des cancers. Liudmila Chernetska / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Près de 4 cancers sur 10 dans le monde sont attribuables à 30 facteurs modifiables, les principaux étant le tabagisme, des infections et la consommation d'alcool, montre une étude publiée le 3 février 2026 dans Nature Medicine, à la veille de la journée mondiale de lutte contre le cancer.
Hanna Fink du Centre international de recherche sur le cancer (Circ, qui dépend de l'OMS) à Lyon et ses collègues ont fait ces estimations à partir de données de 2022 de la base GLOBOCAN pour 36 cancers dans 185 pays.
Ils se sont intéressés à des facteurs comportementaux (tabagisme, alcool, indice de masse corporelle -IMC- élevé, activité physique insuffisante, consommation de tabac non fumé ou de noix de bétel, allaitement maternel sous-optimal), environnementaux (pollution atmosphérique, ultraviolets), infectieux (Helicobacter pylori, le papillomavirus -HPV, avec 12 sous-types concernés-, les virus des hépatites B et C, Epstein-Bar -EBV-, le virus herpétique HHV-8, les vers parasites Schistosoma haematobium et Clonorchis sinensis, le virus HTLV, le parasite Opisthorchis viverrini) et des expositions professionnelles (l'amiante, l'arsenic, le benzène, le béryllium, le cadmium, le chrome, le gaz d'échappement diesel, le formaldéhyde, le nickel, les hydrocarbures aromatiques polycycliques, la silice, l'acide sulfurique et le trichloréthylène).
Les chercheurs ont calculé que parmi les 18,7 millions de cancers (hors cancers cutanés non-mélanomes) diagnostiqués dans le monde en 2022, 7,1 millions, soit 37,8%, étaient attribuables à ces facteurs de risque modifiables.
Il s'agit de 2,7 millions des 9,2 millions de cancers chez les femmes, soit 29,7%, et 4,3 millions des 9,6 millions de cancers chez les hommes, soit 45,4%.
On note des variations selon les régions du monde, avec le plus haut pourcentage de cancers liés à des facteurs de risque modifiables, 57,2%, chez les hommes en Asie de l'Est, et le plus bas pourcentage, 24,6%, chez les femmes d'Afrique du Nord et d'Asie de l'Ouest.
15% des cancers liés au tabagisme
Dans une analyse globale, le premier facteur de risque modifiable est le tabagisme, responsable de 15,1% des cancers (avec un poids plus important chez les hommes que les femmes), suivi par les infections qui sont liées à 10,2% des cancers. Vient ensuite la consommation d'alcool, responsable de 3,2% des cancers.
Les données d'Europe de l'Ouest (incluant la France) montrent toutefois quelques différences, avec un poids plus important du tabagisme, des impacts un peu plus élevés que pour la moyenne mondiale pour la consommation d'alcool, les expositions professionnelles et les UV et en revanche un impact trois fois plus faible que la moyenne mondiale pour les infections.
C'est en Afrique subsaharienne et en Asie de l'Est et du Sud-Est que les infections ont le plus d'impact sur les cancers.
Parmi les différents cancers, le plus impacté par des facteurs de risque modifiables est sans surprise le cancer du poumon puisque (au niveau mondial) 60,5% des cas chez les femmes et 69,4% chez les hommes sont dus au tabagisme, respectivement 27,5% et 15,8% à la pollution atmosphérique et respectivement 12% et 14,7% à des expositions professionnelles.
Le cancer de l'estomac est lié à 92,2% chez les femmes et 73,3% chez les hommes à des infections, respectivement 6,3% et 24,9% au tabagisme et respectivement 1,5% et 1,7% à un IMC élevé.
Le cancer du col de l'utérus est causé à 91% par une infection et 9% par le tabagisme. Le cancer du sein est lié pour 32,9% des cas à une activité physique insuffisante, pour 28,7% à un IMC élevé, pour 20,5% à l'alcool et pour 17,9% à un allaitement sous-optimal.
Sont également très liés à des facteurs de risque, chez les hommes, le cancer du foie (53,1% liés à des infections, 21,3% au tabagisme, 19,5% à l'alcool et 6% à un IMC élevé) et le cancer colorectal (49,6% liés au tabagisme, 32% à l'alcool, 10,3% à un IMC élevé et 8,2% à une activité physique insuffisante).
"Nos résultats renforcent l'appel à une prévention des cancers efficace, qui nécessite une implication et un investissement politiques, adaptés au profil de risque des populations partout dans le monde", concluent les chercheurs.
D'après une dépêche publiée dans APMnews le 3 février 2026.
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