Près de la moitié des décès survenus en 2023 sont liés aux traitements de substitution aux opioïdes.Srdjanns74 / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Le nombre total de personnes en France ayant eu une délivrance de traitements par agonistes opioïdes (TAO) en 2024 est estimé à près de 171.000 personnes, selon un bilan de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) diffusé mardi 23 décembre, qui fournit pour la première fois une description plus fine des bénéficiaires en matière de comorbidités, de prise concomitante de psychotropes ou encore d'hospitalisations.
Le traitement de substitution aux opioïdes consiste en la "prise continue de médicaments indiqués dans le traitement de l'addiction aux drogues opioïdes, telles que l'héroïne", rappelle l'OFDT dans un communiqué diffusé conjointement. Les médicaments disponibles en France sont la méthadone et la buprénorphine haut dosage (Subutex* et génériques).
Les données du système national des données de santé (SNDS) montrent qu'environ 154.000 personnes ont eu un remboursement de TAO en médecine de ville en 2024. À celles-ci s'ajoutent près de 15.000 personnes ayant eu une dispensation directe en Csapa (centre de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie) et près de 2.000 personnes en milieu pénitentiaire - selon des estimations pour 2024 basées sur les données disponibles jusqu'en 2022 et 2023, respectivement.
Le nombre total de personnes concernées en France est estimé sur cette base à près de 171.000 en 2024, ce qui est plus faible que le dernier décompte rapporté par l'OFDT dans son dernier bilan, qui était de 177.000 bénéficiaires de TAO en 2019.
Si la buprénorphine représentait la majorité des délivrances en 2024 (52,8%), sa part relative diminuait au profit de la méthadone (46,6%).
Concernant le profil des bénéficiaires, les trois quarts étaient des hommes, et l'âge moyen, qui "augmente progressivement depuis plusieurs années", était de 46 ans en 2024. Ils étaient 7,8% à avoir initié leur traitement en 2024, tandis que plus de deux tiers le prenaient en continu depuis au moins huit ans.
Une part importante de bénéficiaires également sous psychotropes
Les données montrent par ailleurs que "les bénéficiaires d'un TAO en ville présentent des taux élevés de comorbidités physiques et psychiatriques", pointe l'OFDT.
En comparaison de la population générale, ils étaient ainsi plus nombreux à avoir été hospitalisés (23,5% versus 17,8%) et à avoir été pris en charge pour une infection par le VIH (2,2% versus 0,5%).
Parmi les bénéficiaires de TAO hospitalisés en 2024, 10,7% l'avaient été pour un trouble de l'usage d'alcool, 2,5% pour une maladie alcoolique du foie ou encore près de 3% du fait d'un trouble de l'usage d'opiacés.
Il apparaît également que 62% des bénéficiaires avaient eu au moins une délivrance dans l'année d'un anxiolytique, d'un antidépresseur, d'un hypnotique ou d'un antipsychotique, contre 21,6% dans la population générale. Une intoxication par benzodiazépine était d'ailleurs la cause de l'hospitalisation chez 3% des bénéficiaires pris en charge.
Par ailleurs, un tiers des bénéficiaires ont été pris en charge pour une affection longue durée (ALD) active en 2024, parmi lesquels 28,7% l'étaient pour une ALD liée à un trouble psychiatrique.
Selon les données collectées grâce au dispositif DRAMES (centre d'addictovigilance -CEIP-A- de Grenoble), qui porte sur les cas de décès liés à l'usage abusif des substances psychoactives en France, il y a eu 355 décès liés aux TAO seuls ou en association en 2023, ce qui représentait "près de la moitié des décès" liés aux substances psychoactives survenus cette année-là.
| La naloxone est un antidote à administrer en cas de surdose aux opioïdes. En France, trois spécialités de naloxone sous forme de kits prêts à l'emploi sont disponibles: Prenoxad* (Ethypharm, voie intramusculaire) depuis mi-2019, Nyxoid* (Mundipharma, voie nasale) depuis septembre 2021 et Ventizolve* (Cevidra, voie nasale) depuis octobre 2023. L'OFDT fait savoir que les commandes de Prenoxad* et Nyxoid* ont "légèrement baissé entre 2023 et 2024" (avec près de 12.800 et 9.200 kits vendus respectivement en 2024) mais que celles de Ventizolve* ont à l'inverse augmenté jusqu'à atteindre plus de 4.200 kits vendus en 2024 (contre 550 sur la fin de l'année 2023). Tout compris, les commandes de kits ont baissé d'environ 12% entre 2023 et 2024. Ceci pourrait s'expliquer par "une couverture de naloxone auprès des usagers qui a pu se mettre en place en 2023 en association avec la forte augmentation de commandes par rapport aux années précédentes", note l'OFDT. |
D'après une dépêche publiée dans APMnews le 24 décembre 2025.
Bilan 2025 des traitements par agonistes opioïdes en France, OFDT
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