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La consommation de cocaïne s'est largement diversifiée en France, où elle devient une problématique sanitaire majeure, mais la réponse publique demeure insuffisante avec une répression trop centrée sur les consommateurs, conclut jeudi un vaste panorama dressé par l'Inserm.
"La consommation de cocaïne se diffuse en termes de classes sociales, d'implantation géographique et d'usages", constate l'Inserm dans un rapport réalisé à la demande du gouvernement, et à partir de l'ensemble de la littérature scientifique disponible.
Or, "les réponses actuelles apparaissent insuffisantes car elles contribuent notamment à stigmatiser les personnes qui consomment en les réduisant soit à un délinquant soit à une personne atteinte d’une maladie", selon cette expertise qui se penche non seulement sur la cocaïne en poudre mais aussi le crack, dit cocaïne "basée".
L'usage de cocaïne s'est largement répandu depuis plusieurs années en France, suivant une tendance à l'œuvre dans de nombreux autres pays, comme le rappelle cette expertise à partir de quelques chiffres : près d'un dixième des adultes français en avaient consommé au moins une fois dans leur vie en 2023.
C'est la conséquence d'un envol de l'offre de la cocaïne dont les prix ont chuté, favorisant une vaste diffusion de cette drogue longtemps perçue comme un produit coûteux et réservé aux milieux aisés.
Le crack, lui, demeure avant tout consommé par des personnes précaires mais le rapport de l'Inserm relève "une diffusion croissante (...) parmi des publics plus insérés".
Dans ce contexte, l'expertise juge inadéquate la politique pénale actuellement à l'œuvre en France, constatant qu'elle vise d'abord les usagers, même si elle admet - sur la base d'exemples comme le Portugal - que la décriminilisation ne suffit pas à réduire les trafics.
Il faut trouver "un nouvel équilibre entre sécurité et santé", résume-t-elle. "Cette approche implique de recentrer l’effort répressif sur les criminels du haut du spectre, seule approche ayant un impact sur la disponibilité de la substance sur le terrain".
Les auteurs prônent une prévention mieux ciblée vers les publics désormais variés d'usagers de cocaïne, et, surtout, ils soulignent l'efficacité des politiques dites de réduction des risques.
Ces dernières comprennent notamment la création de "Haltes soins addictions", souvent surnommées "salles de shoot". Deux salles sont testées en France, à Paris et Strasbourg, et largement saluées par les addictologues, mais leur ouverture reste difficilement acceptable, nombre de riverains craignant une dégradation de leur quartier.
D'après une dépêche AFP publiée le 22 janvier 2026.
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