Même en l'absence de complication majeure, un stress post-traumatique peut survenir. Artfoliophoto / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Un trouble de stress post-traumatique peut survenir après un vécu complexe de la grossesse ou de l'accouchement, même si aucun incident majeur ni complication n'a été perçu par les soignants, a rappelé Alizée Froeliger du CHU de Bordeaux. Le déclenchement du travail est une intervention fréquente (plus d'un quart des accouchements en 2021) qui est possiblement associée à une altération de la santé mentale maternelle après l'accouchement.
Dans une précédente analyse secondaire de l'essai TRAAP1, conçu pour évaluer l'acide tranexamique en prévention de l'hémorragie du post-partum dans 15 maternités françaises, Alizée Froeliger et ses collègues avaient établi qu'une femme sur 20, à risque obstétrical normal, ayant une grossesse monofœtale, avec tentative d'accouchement par voie basse après 35 semaines d'aménorrhée, présentait un profil d'état de stress post-traumatique deux mois après son accouchement.
Ils se sont cette fois intéressés à une sous-cohorte incluant exclusivement les accouchements par voie basse après déclenchement du travail, soit 794 participantes (20,4%) sur les 3.891 incluses dans l'essai initial. L'évaluation psychologique à deux mois post-partum était une analyse secondaire préspécifiée dans la conception de l'étude.
Deux auto-questionnaires psychométriques évaluant les symptômes du trouble de stress post-traumatique (IES-R et TES) ont été soumis deux mois après l'accouchement. La présence de tels symptômes était définie par un score IES-R ≥ 22 et la présence de critères symptômes de l'échelle TES.
Sur les 794 patientes ayant eu un déclenchement du travail, 560 (70,5%) ont rempli les questionnaires.
La prévalence corrigée de symptômes de trouble de stress post-traumatique était de 10,6%, après application d'une pondération inverse pour corriger le biais de non-réponse.
Plusieurs facteurs associés à un plus grand risque de trouble de stress post-traumatique ont été identifiés : un pays de naissance maternelle hors Europe (odds ratio [OR] = 2,6 en cas de naissance en Afrique du Nord ; 3,3 en Afrique subsaharienne), des antécédents psychiatriques (OR = 3,0), une indication fœtale de déclenchement (OR = 2,6), la maturation cervicale (OR = 1,9), une hémorragie du post-partum ≥ 1.000 mL (OR = 4,9) et le fait d'avoir un mauvais souvenir de l'accouchement à J2 (OR = 3,5).
"Les retombées de ce travail sont d'informer les soignants de la prévalence relativement importante des symptômes de stress après des événements obstétricaux que l'on peut considérer parfois comme non sévères", l'accouchement par voie basse après déclenchement étant considéré comme un succès du point de vue du soignant, a commenté la chercheuse.
Des sous-groupes de femmes à risque ont aussi été identifiés : outre certains facteurs de vulnérabilité, des facteurs obstétricaux liés au déclenchement (une indication fœtale de déclenchement, la maturation cervicale, une hémorragie du post-partum sévère) peuvent augmenter ce risque, a-t-elle résumé.
Cela peut aider les soignants à identifier les femmes à risque qui pourraient bénéficier d'un dépistage et d'une intervention précoce en post-partum, a-t-elle conclu.
D'après une dépêche publiée dans APMnews le 23 octobre 2025.
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