Plus d'un étudiant sur cinq souffre de détresse psychologique.mangpor_2004 / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Des interventions brèves de pleine conscience, d'activité physique ou d'hygiène du sommeil sur application mobile présentent une efficacité différente sur la détresse psychologique des étudiants selon que celle-ci est légère, modérée ou sévère, selon les résultats d'un essai clinique australien publiés dans JAMA Network Open.
Plus d'un étudiant sur cinq souffre de détresse psychologique. Il existe des applications mobiles sur smartphone proposant des interventions brèves pour améliorer la santé mentale, comme de l'activité physique, des conseils pour le sommeil ou de la pleine conscience, mais leur efficacité reste mal évaluée, en particulier en fonction du niveau de sévérité de la détresse psychologique, ce qui limite le développement d'approches adaptées et personnalisées, rappellent Jill Newby de l'université de Nouvelle-Galles du Sud à Sydney (Australie) et ses collègues.
Pour pallier cette difficulté, ils ont utilisé une méthode plus efficace qu'un essai clinique randomisé, contrôlé habituel pour identifier les interventions les plus efficaces et évaluer leurs effets dans des sous-groupes de patients. Un algorithme d'intelligence artificielle (IA) est utilisé pour traiter les données des participants de précédents essais cliniques afin d'ajuster de manière dynamique la probabilité que de nouveaux participants soient répartis dans les différents groupes de l'essai, en faveur des interventions les plus performantes.
À la connaissance des chercheurs, c'est la première fois que cette approche est utilisée pour comparer l'efficacité de plusieurs interventions en santé mentale et évaluer en particulier l'efficacité relative d'applis mobiles proposant de la pleine conscience, de l'activité physique et de l'hygiène du sommeil par rapport à un contrôle actif pour réduire la détresse psychologique d'étudiants selon qu'elle est légère, modérée ou sévère.
Au total, 1.282 étudiants (23,5 ans en moyenne, 74,1% de femmes) ont été randomisés pour un premier "mini-essai" en quatre groupes pour des interventions autoguidées sur deux semaines, indépendamment de la sévérité de la détresse, puis ils ont été répartis entre les groupes par l'algorithme d'IA ayant actualisé le modèle de l'efficacité de chaque intervention sur les différents niveaux de détresse.
Pour la pleine conscience, l'intervention consistait en des séances de méditation guidées de moins de cinq minutes proposées un jour sur deux, ainsi que de conseils pour améliorer la pleine conscience dans les activités de la vie quotidienne et favoriser des réponses sans jugement, d'acceptation et d'autocompassion, ainsi que la conscience du moment présent.
Avec l'appli d'activité physique, les participants devaient se fixer un objectif (par exemple, augmenter le nombre de pas quotidiens) et des séances d'entraînement fractionné de haute intensité de sept minutes étaient proposées.
L'intervention d'hygiène du sommeil visait à modifier les habitudes comportementales quotidiennes afin d'améliorer la qualité du sommeil et l'attention en journée.
Enfin, l'intervention du groupe contrôle consistait à remplir des questionnaires deux fois par jour sur l'humeur et les réponses comportementales associées.
Pleine conscience et activité physique efficaces sur la détresse sévère
Après les quatre semaines d'utilisation, l'analyse à l'aveugle des données montre que parmi les étudiants souffrant d'une détresse psychologique sévère, l'activité physique et la pleine conscience étaient plus efficaces pour réduire le degré de sévérité auto-évalué sur l'échelle DASS-21 que le groupe contrôle, avec une baisse de respectivement 16,6 et 14,5 points par rapport au score initial, vs -4,4 points (-7,6 points avec les conseils d'hygiène).
En tenant compte des biais, l'analyse confirme que seules la pleine conscience et l'activité physique ont un effet statistiquement significatif sur la détresse sévère par rapport au contrôle, avec une différence moyenne standardisée (SMD) de respectivement 0,53 et 0,62 du score DASS-21 logarithmique. L'activité physique apparaît également supérieure sur l'hygiène du sommeil (0,50 SMD) mais équivalente à la pleine conscience.
Dans la détresse modérée, la pleine conscience, l'activité physique et l'hygiène du sommeil apparaissent avoir un effet plus important par rapport au groupe contrôle et équivalent entre elles, avec une SMD de respectivement 0,47, 0,45 et 0,39.
Enfin, l'activité physique et l'hygiène du sommeil ont un effet significatif sur la détresse légère par rapport au groupe contrôle, avec un SMD de 0,58 et 0,47 respectivement.
Ces résultats montrent, d'une part, que les essais cliniques améliorés par IA sont faisables et apportent certains avantages dans le domaine de la santé mentale et que d'autre part, trois types d'interventions brèves sur appli mobile utilisées pour la détresse psychologique ont des effets différents pour des détresses légères et sévères, mais équivalents pour la détresse modérée, concluent les chercheurs.
D'après une dépêche publiée dans APMnews le 12 novembre 2025.
JAMA Network Open, publication en ligne du 31 octobre
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