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Le carcinome urothélial infiltrant le muscle est à haut risque de récidive après opération même avec une chimiothérapie néoadjuvante.
L’essai CheckMate 274 (phase III, randomisé, double-aveugle, multicentrique) publié en 2021 a permis d’obtenir une AMM pour le nivolumab adjuvant pendant 1 an pour les cancers à haut risque de rechute (maladie résiduelle et/ou attente ganglionnaire avec TPS>1 %).
Cet article présente les résultats à 5 ans de l’étude princeps ainsi qu’une analyse post-hoc avec l’ADN tumoral circulant.
Cette étude a inclus au total 709 patients atteints de carcinome urothélial opérés par cystectomie ou néphro-urétérectomie et ayant reçu ou non une chimiothérapie néoadjuvante à base de cisplatine. La population a été randomisée en 1:1 entre nivolumab 240mg/2 semaine jusqu’à 1 an ou placebo. Une stratification a été réalisée en fonction de statut PDL1, atteinte ganglionnaire et d’une chimiothérapie néoadjuvante à base de cisplatine. L’objectif principal était la DFS (survie sans récidive) avec comme objectif secondaire la survie globale.
Le résultat à 5 ans retrouve un bénéfice du nivolumab en adjuvant pour la population globale avec une DFS médiane à 21,9mois vs 11mois avec placebo (HR : 0.74, IC95 % 0.61-0.90).
Le bénéfice était encore plus significatif dans la population PDL1 >1 % avec une DFS à 55,5 mois pour le nivolumab vs 8,4 mois avec placebo (HR :0.58, IC95 % 0.42-0.79)
Ces résultats se confirmaient également dans la population opérée d’emblée.
De plus une analyse exploratoire étudiant l’impact de l’ADN tumoral circulant (ctDNA) prélevé à baseline en postopératoire a été analysée pour 40,6 % des patients de l’étude.
Les résultats retrouvant des pronostics de risque de rechute différents en fonction de la présence d’ADN tumoral circulant en postopératoire avec une DFS médiane à 52,1 mois chez ADNtc négatif vs 5 mois chez ADNtc positif (HR 0.30, IC95% 0.18-0.48).
De plus, en fonction du bras de traitement, la DFS était significativement supérieure chez les ADNtc détectable avec nivolumab à 7,4 mois vs 2,8 mois avec placebo (HR 0.35, IC95% 0.18-0.66). En revanche, ces résultats étaient non significatifs chez les patients avec ADNtc indétectable avec DFS médiane à 91,9 mois avec nivolumab vs 52,2 mois avec placebo (HR 0.99 : IC95% 0.51-1.93)
En conclusion, cet essai confirme après 5ans de recul le bénéfice du nivolumab adjuvant plus marqué chez les patients avec PDL1>1 %. L’analyse post-hoc suggère que l’ADNtc pourrait être un bon marqueur pronostic de rechute et un moyen de guider la nécessité de traitement adjuvant. Ces résultats seront à rediscuter dans le contexte des récents essais évaluant l’immunothérapie néoadjuvante associée à l’enfortumab-vedotin chez les patients non éligibles aux sels de platine.
Par Laure Blondet
2 minutes
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