Évolution toujours en hausse de l’âge moyen à l’accouchement : 31,2 ans en 2025 vs 29,6 ans en 2005.Basilico Studio Stock / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images Plus
La baisse des naissances en France s'est poursuivie en 2025, moins prononcée qu'en 2024 mais entraînant, avec l'augmentation des décès, un solde naturel négatif pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, selon le dernier bilan démographique annuel publié par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) le 13 janvier 2026.
Au nombre de 645.000 en 2025, les naissances sont en baisse de 2,1% par rapport à 2024. Cette baisse est quelque peu atténuée par rapport à la précédente (-2,8% en 2024 par rapport à 2023) et surtout par rapport à la chute marquante observée en 2023 (-6,6%).
Cependant, la baisse reste "plus forte que celle observée en moyenne chaque année entre 2010 et 2022 (‑1,3%), 2010 étant le dernier point haut des naissances", souligne l'institut. Le nombre de naissances en 2025 est inférieur de 23,6% à celui de 2010, soit environ 190.000 naissances de moins en 15 ans.

Parallèlement, le nombre de décès en 2025 s'élève à 651.000, en progression de 1,5% par rapport à 2024. Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le solde naturel est négatif, à -6.000.
Cette baisse des naissances est liée à une diminution de la fécondité (nombre d'enfants par femme), alors que le nombre de femmes en âge d'avoir des enfants ne diminue pas depuis 2016, en particulier aux âges les plus féconds, entre 20 et 40 ans.

L'indice conjoncturel de fécondité (ICF) s'établit à 1,56 enfant par femme en 2025, contre 1,61 en 2024. Le dernier point le plus élevé de cet indice a été enregistré en 2010, avec 2,02 enfants par femme.
"Il faut remonter à la fin de la Première Guerre mondiale pour retrouver un ICF aussi bas qu'en 2025: en 1918, en France métropolitaine, l'ICF était de 1,56 enfant par femme, et il était descendu à 1,23 en 1916", souligne l'Insee.
L'analyse du taux de fécondité par tranches d'âge montre que le taux de fécondité des femmes de 25 à 29 ans a diminué depuis 2010, s'établissant à 8,2 enfants pour 100 femmes en 2025 contre 12,8 en 2005. Pour les femmes de 30 à 34 ans, la baisse est plus tardive et remonte à la fin des années 2010: le taux de fécondité était de 12,9 pour 100 femmes en 2015, contre 10,8 en 2025.
Chez les femmes de 35 ans ou plus, le taux de fécondité, en hausse depuis la fin des années 1970, a quant à lui cessé d'augmenter ces dernières années: il se stabilise en 2025 à 6,6 enfants pour 100 femmes de 35 à 39 ans, et 0,9 enfant pour 100 femmes de 40 à 50 ans.
L'institut met aussi en avant, cette année, l'ICF des hommes, qui suit les mêmes tendances et s'établit à 1,56 enfant par homme en 2025. Il s'agit là aussi du plus bas niveau observé depuis la Première Guerre mondiale.
L'âge moyen à l'accouchement évolue toujours à la hausse, atteignant 31,2 ans pour les femmes (34,1 ans pour l'âge moyen à la naissance des enfants pour les hommes), tous rangs confondus, contre 29,6 ans (32,6 ans pour les hommes) en 2005.
Les 65 ans et plus aussi nombreux que les moins de 20 ans
Les décès ont augmenté de 1,5% en 2025, au nombre de 651.000, après une hausse de 0,3% en 2024. Cette hausse s'explique par l'épidémie de grippe hivernale, particulièrement virulente en janvier 2025, ainsi que par des épisodes locaux de fortes chaleurs durant l'été, analyse l'Insee.
Depuis 2011, en outre, "le nombre de décès a tendance à augmenter du fait de l'arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom, nées entre 1946 et 1974. La période 2020-2022 a été particulière, marquée par une forte mortalité due essentiellement à l'épidémie de Covid-19".
La mortalité infantile stagne depuis 2022, atteignant 4 décès pour 1.000 naissances en 2025, soit 2.550 enfants décédés avant leur premier anniversaire.
Cette stabilisation fait suite à plusieurs années d'augmentation légère depuis 2011 (3,5 pour 1.000), après un fort recul au cours du XXᵉ siècle et une première phase de stabilisation entre 2005 et 2021.
L'espérance de vie à la naissance atteint 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes, un niveau historiquement élevé.
Par ailleurs, les personnes de 65 ans et plus sont désormais aussi nombreuses que celles de moins de 20 ans, représentant respectivement 22,2% et 22,5% de la population. En 2006, ces taux étaient respectivement de 16,4% et de 25,1%. Les personnes âgées d'au moins 75 ans représentent 11,1% de la population, contre 8,2% en 2006.
"Le nombre de personnes âgées d'au moins 65 ans augmente depuis plus de trente ans et ce phénomène s'accélère depuis le milieu des années 2010, avec l'arrivée à ces âges des générations nombreuses du baby-boom, dont les plus anciennes auront 80 ans en 2026", souligne l'Insee.
La population est estimée à 69,1 millions d'habitants au 1ᵉʳ janvier 2026 en France, en hausse de 0,25% par rapport à l'année précédente.
D'après une dépêche publiée dans APMnews le 13 janvier 2026.
Insee, bilan démographique 2025
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