L'obésité est une maladie chronique dont la prise en charge s'inscrit dans la durée. Olga Yastremska / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images Plus
En s'appuyant sur les résultats de 37 études sur quelque 9 200 analysées, des chercheurs de l’université et du National Institute for Health research d’Oxford pointent les limites de la prise charge de l’obésité par les seuls médicaments de l’obésité, tels que les agonistes du GLP-1 (aGLP-1).
Certes, la perte de poids est nette et rapide, bien plus qu’avec les stratégies classiques associant régime alimentaire et activité physique. Mais à l’arrêt du traitement, qui est rapporté chez environ une personne sur deux après un an, la reprise du poids est plus rapide qu’après un régime. Et les projections faites par les auteurs de ce travail publié dans le BMJ indiquent que l’amélioration des marqueurs cardiométaboliques observée au cours du traitement disparaît complètement en 1,4 an en moyenne.
Plusieurs travaux antérieurs avaient déjà souligné la perte des bénéfices pondéral et cardiométaboliques des traitements médicamenteux de l’obésité, tels que les aGLP-1, après leur arrêt.
Une revue de la littérature portant sur 37 études correspondant à 63 bras d’intervention (dont 28 randomisées contrôlées à la fois pour la période de traitement et celle de suivi post-traitement) ayant inclus 9 341 participants, publiée dans le BMJ, confirme la réalité de cet état de fait.
La durée moyenne des traitements était de 39 semaines et le suivi moyen de 32 semaines. Les médicaments évalués correspondaient à différentes classes pharmacologiques (incrétinomimétiques [dont les plus récents tels que le sémaglutide et le tirzépatide] et molécules plus anciennes).
Un retour au poids initial en 1,4 an
Après arrêt des traitements contre l’obésité (considérés dans leur ensemble), le taux mensuel moyen de reprise de poids était de 0,4 kg (IC95% [0,3-0,5]) par mois, soit environ quatre fois plus rapide que dans le groupe contrôle, et ce, indépendamment de la perte de poids initiale. Le retour au poids initial était observé après 1,7 an en moyenne. Selon les estimations, la reprise serait encore plus rapide après l’arrêt des incrétinomimétiques.
De plus, les auteurs « n’ont trouvé aucune preuve qu’un soutien entraîne un ralentissement de la prise de poids, ou que des niveaux plus élevés de soutien comportemental proposés pendant le traitement actif de perte de poids, réduisent les taux de reprise de poids ».
Grâce à leurs projections, ils estiment que tous les marqueurs cardiométaboliques (HbA1c, glycémie à jeun, cholestérol, triglycérides, pression artérielle systolique et diastolique) reviennent à leur valeur initiale en 1,4 an suivant l’arrêt du programme de gestion du poids.
Un outil, pas une solution miracle
Dans un éditorial accompagnant la publication, Qi Sun, de l’université de Boston, souligne que « les médicaments de l’obésité tels que les agonistes des récepteurs du GLP-1 ne doivent pas être considérés comme une solution miracle contre cette maladie chronique ». Nul doute qu’une perte de poids importante, même temporaire, puisse apporter certains bénéfices pour la santé chez les personnes obèses. « Mais il faut avoir conscience que les taux d’abandon des traitements sont élevés et des conséquences de l’interruption de ces médicaments. Une alimentation saine et un mode de vie équilibré doivent rester le fondement du traitement et de la prise en charge de l'obésité, les médicaments tels que les agonistes des récepteurs du GLP-1 étant utilisés en complément ».
West S et al. Weight regain after cessation of medication for weight management: systematic review and meta-analysis. BMJ, 2026;392:e085304
Sun Q. Weight regain after cessation of GLP-1 drugs. BMJ, 2026;392:r2586
3 minutes
Ajouter un commentaire




Commentaires
Cliquez ici pour revenir à l'accueil.