Camizestrant en première ligne pour le cancer du sein avancé avec mutation ESR1

Source :Revue de la littérature en Oncologie, rédigée par l’AERIO, l’Association pour l’Enseignement et la Recherche des Internes en Oncologie
Date de publication :25 novembre 2025
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Crédits : DragonImages - n° : 2240300271 - iStock / Getty Images Plus

Les mutations du gène ESR1 constituent le mécanisme le plus fréquent de résistance acquise au traitement par un inhibiteur de l'aromatase associé à un inhibiteur des kinases cycline dépendantes 4 et 6 (CDK4/6) dans le cancer du sein avancé (40 % des patients au moment de la progression).

Le camizestrant est un "Selective Estrogen Receptor Degrader" (SERD) de nouvelle génération gardant une efficacité sur les cellules tumorales présentant une mutation du gène ESR1. Détecter des mutations ESR1 avant la progression de la maladie pourrait permettre un traitement adaptatif qui retarderait la progression clinique et prolongerait la durée du bénéfice du traitement de première intention.

SERENA-6 est un essai de phase III, multicentrique, randomisé, en double aveugle incluant des patientes atteintes d'un cancer du sein avancé positif aux récepteurs hormonaux (RH+) et HER2 négatif (HER2-) traitées en première ligne par un inhibiteur de l'aromatase associé à un inhibiteur de CDK4/6 depuis au moins 6 mois.

Les patientes étaient testées tous les 2 à 3 mois pour déceler les mutations du gène ESR1 dans l'ADN tumoral circulant (ADNtc). Lorsqu’une mutation était détectée alors qu’aucune progression clinique n’était identifiée, les patientes étaient randomisées entre la poursuite de leur traitement à l’identique et le remplacement de l'inhibiteur de l'aromatase par du camizestrant tout en maintenant leur traitement par inhibiteur de CDK4/6.

Au total, 3 256 patientes ont été surveillées par ADNtc, 548 patientes ont présenté une mutation de ESR1 et 315 patientes ont finalement été randomisées en 1 : 1.

La survie médiane sans progression était de 16,0 mois dans le groupe camizestrant vs 9,2 mois dans le groupe inhibiteur de l'aromatase (HR 0,44 (IC à 95 % : 0,31 à 0,60) ; P < 0,0001).

Les courbes de survie sans progression ont montré une séparation précoce entre les deux groupes, qui s'est maintenue à 24 mois. Le délai avant détérioration de l'état de santé général et de la qualité de vie était également plus long avec le camizestrant (23,0 vs 6,4 mois ; HR 0,53 (IC à 95 %, 0,33  à 0,82)).

Le camizestrant avait un profil de sécurité cohérent avec les résultats des études précédentes et les événements indésirables de grade 3 ou plus étaient en majorité des événements hématologiques généralement associés aux inhibiteurs de CDK4/6.

Au total, cet essai suggère que chez les patientes présentant une mutation ESR1 après traitement par un inhibiteur de l'aromatase, le relais de l’inhibiteur de l’aromatase par le camizestrant associé à l'administration continue d'un inhibiteur de CDK4/6 a significativement retardé la progression de la maladie.

Enfin cet essai démontre l'utilité clinique du suivi de l'ADNct pour détecter et traiter l'émergence d'une résistance avant la progression de la maladie.

- Par Martin Duval -

Source | Bidard FC, Mayer EL, Park YH, et al. First-Line Camizestrant for Emerging ESR1-Mutated Advanced Breast Cancer. N Engl J Med. 2025;393(6):569-580. doi:10.1056/NEJMoa2502929

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