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La France a adapté sa stratégie de lutte contre la COVID-19 pour freiner la cinquième vague et limiter la propagation du variant Omicron sur le territoire national (illustration).

La France a adapté sa stratégie de lutte contre la COVID-19 pour freiner la cinquième vague et limiter la propagation du variant Omicron sur le territoire national (illustration).

#Santé Publique #COVID-19
Par David Paitraud - Date de publication : 05 janvier 2022

Mesures pour lutter contre la COVID-19 : rétrospective des 10 derniers jours

Entre Noël et le début de l'année 2022, de nouvelles mesures ont été mises en place pour lutter contre l'épidémie de COVID-19, en particulier contre la progression du variant Omicron. Rétrospective des dix derniers jours. 
 
Résumé :
Pour freiner la cinquième vague et limiter la propagation du variant Omicron sur le territoire national, la France a adapté sa stratégie de lutte contre la COVID-19 : 
  • tester : le Gouvernement a autorisé, jusqu'au 31 janvier 2022, la vente des autotests en dehors du circuit officinal. En outre, les autotests s'inscrivent désormais dans la surveillance des cas contacts vaccinés, avec prise en charge par l'Assurance maladie ;
  • alerter : une stratégie de contact warning est mise en place, selon laquelle les personnes positives à la COVID-19 doivent elles-mêmes alerter les personnes susceptibles d'avoir été contaminées ;
  • protéger : les règles d'isolement et de quarantaine ont été assouplies exceptionnellement. Elles tiennent compte du statut vaccinal et de l'âge. Concernant la vaccination, le délai pour effectuer le rappel est réduit à 3 mois après la dernière injection de primo-vaccination. 

Face à la vague épidémique déferlante associée au variant Omicron (cf. Encadré 1), la France a adapté sa stratégie de lutte contre la COVID-19 et a mis en œuvre un ensemble de mesures entre le 24 décembre 2021 et le 3 janvier 2022. L'article ci-dessous résume les éléments clés de cette stratégie actualisée. 

Encadré 1 - Données relatives à la progression du variant Omicron
(Santé publique France - 31 décembre 2021)
Le taux de tests criblés montrant un profil compatible avec
le variant Omicron s'élevait à 62,4 % en début de semaine 52
(27 décembre 2021 - 2 janvier 2022).

Rappel vaccinal : un délai réduit à 3 mois
Depuis le 28 décembre 2021, le délai entre la dose de rappel et la primo-vaccination complète (dernière injection) est réduit à 3 mois dans la population éligible (plus de 18 ans et adolescents fragiles de 12 à 17 ans).
En quelques semaines, cet intervalle, initialement fixé à 6 mois, a été raccourci pour permettre à une majorité de la population française de réaliser son rappel vaccinal.
« Une vaccination complète permet de se prémunir contre le risque des formes graves et d'hospitalisations : le rappel est un bouclier supplémentaire sûr et efficace contre le virus, y compris le variant Omicron », détaille la Direction générale de la Santé (DGS) dans un message du 28 décembre 2021

Un délai de 3 mois est également applicable pour injecter la dose de rappel après une infection COVID-19. 

En appliquant ce délai de 3 mois, la Direction générale de la santé (DGS) a décidé de suivre les recommandations de la Haute Autorité de santé émises le 24 décembre 2021, et un avis de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) du 24 décembre 2021 portant sur l'efficacité et la sécurité d'un rappel vaccinal (avec les vaccins ARNm) à 4 mois ou moins après la primo-vaccination. 

Selon la HAS, les travaux de modélisation fournis par l'Institut Pasteur montrent que
« l'accélération de l'administration des doses de rappel (1,2 million par jour contre 800 000) pourrait réduire la taille du pic d'hospitalisations de 9 à 17 % »

Rappel vaccinal : feu vert pour les 12-17 ans à risque

La DGS (DGS-Urgent du 28 décembre 2021) a également décidé de suivre les avis de la HAS et de l'ANSM en faveur de l'ouverture de la campagne de rappel vaccinal aux adolescents de 12 à 17 ans immunodéprimés et porteurs de comorbidités (cf. Liste des comorbidités et maladies associées à un risque de forme grave de COVID-19 - Ministère de la Santé, 4 décembre 2020). Comme pour l'adulte, l'intervalle à respecter est de 3 mois. 
Au cas par cas, d'autres adolescents vulnérables ou à risque de formes graves peuvent bénéficier de cette dose de rappel. 
Pour rappel, chez les sujets de moins de 30 ans, il est recommandé de privilégier le vaccin COMIRNATY 30 µg/dose (DGS-Urgent du 9 novembre 2021). 

Autres mesures pour faciliter la vaccination : préparation de doses individuelles et révision des critères de validité du passe sanitaire
Préparation des doses de vaccin pour les enfants et les adolescents
Comme c'était déjà le cas pour la vaccination des adultes, les pharmaciens d'officine sont autorisés à reconstituer et distribuer sous forme de seringues individuelles préremplies : 
Ces doses sont destinées à la délivrance en médecine ambulatoire auprès des professionnels de santé habilités à vacciner contre la COVID-19. Pour les enfants de 5 à 11 ans, la délivrance des seringues de vaccin préparées s'adresse aux médecins et aux infirmiers. 

Validité du passe sanitaire : des critères plus restreints au 15 janvier, puis au 15 février 2022
Pour tous les Français éligibles à la dose de rappel, la validité du passe sanitaire est conditionnée (cf. DGS-Urgent du 3 janvier 2022) : 
  • à compter du 15 janvier 2022, à une dose de rappel vaccinal administrée  dans les 7 mois après la dernière injection de primo-vaccination, 
  • à compter du 15 février 2022, à une dose de rappel vaccinal injectée dans les 4 mois après la dernière injection de primo-vaccination (soit un mois supplémentaire toléré par rapport au délai de 3 mois recommandé pour réaliser la dose de rappel). 

Réévaluation de la place des autotests : surveillance des cas contacts vaccinés
Utilisation possible de l'autotest chez les personnes contacts, si le schéma vaccinal est complet
Dans un avis du 2 janvier 2022, la HAS a recommandé d'étendre l'usage des autotests antigéniques sur prélèvement nasal aux personnes contacts dont le schéma vaccinal est complet
Jusqu'à présent, dans le cadre d'une utilisation à titre privé, l'usage des autotests était limité aux personnes asymptomatiques et non aux cas contacts. 


Évolution concomitante de la stratégie de surveillance des cas contacts
La recommandation de la HAS est en cohérence avec l'avis du 31 décembre 2021 du Haut Conseil de santé publique (HCSP) relatif aux règles d'isolement et de quarantaine applicables aux personnes vaccinées et cas contacts. Le HCSP a défini 3 phases d'évolution possible de la situation épidémiologique, avec des recommandation en matière d'isolement et de quarantaine différentes : 
  • phase 1 : situation précédant l'apparition du variant Omicron ;
  • phase 2 : situation sanitaire caractérisée par un nombre de contaminations en forte croissance et des conséquences sociales et économiques encore limitées ;
  • phase 3 : situation sociale, économique et sanitaire fortement dégradée avec un risque majeur de perturbations du maintien des activités socio-économiques et sanitaires du fait de l'exclusion d'un nombre important de personnes.

Depuis le 3 janvier 2022, une nouvelle doctrine basée sur les conduites à tenir correspondant à la phase 3 de l'avis du HCSP est mise en œuvre (cf. Encadré 2 - cas particulier des personnes ayant une activité essentielle). 
EDIT du 7 janvier 2022 : ces nouvelles modalités de surveillance pour les cas contacts vaccinées et la prise en charge des autotests dans ce cadre sont entérinées  par l'arrêté du 5 janvier 2022, publié au Journal officiel du 6 janvier 2022. Le texte précise notamment les tarifs de facturation des autotests à l'Assurance maladie. /FIN EDIT.
 
Encadré 2 - Mesures dérogatoires pour les professionnels de santé et professionnels COVID-19 positifs, ayant une activité essentielle -
Phase 3 de circulation du variant Omicron
(HCSP, avis du 31 décembre 2021 - pages 6 et 7)
Personnes infectées par le SARS-CoV-2 :
  • schéma vaccinal complet : dérogation exceptionnelle et transitoire à l'isolement social et professionnel pour les activités essentielles uniquement, pour les personnes asymptomatiques ou paucisymptomatiques sans signes cliniques respiratoires d'excrétion virale (toux, éternuements) ;
  • personnes non ou incomplètement vaccinées : isolement 7 jours pleins sans réalisation d'un test en l'absence de signes cliniques d'infection à SARS-CoV-2 depuis 48 heures (réalisation impérative d'un test RT-PCR à J7 pour les personnes non vaccinées sans signes cliniques depuis 48 heures).
 
Cette nouvelle doctrine (décrite dans le DGS-urgent du 2 janvier 2021) tient compte du statut vaccinal, de la présence de symptômes et de l'âge :
  • isolement de 7 jours pour les personnes testées positives et complètement vaccinées (7 jours pleins après la date de début des signes ou date de prélèvement du test positif). Cette durée s'applique également aux enfants de moins de 12 ans, indépendamment du schéma vaccinal. La durée d'isolement est réduite à 5 jours si un test antigénique ou RT-PCR réalisé à J5 est négatif. À noter qu'il n'est plus nécessaire de confirmer le résultat d'un test antigénique positif par un RT-PCR ;
  • isolement de 10 jours pour les personnes positives, non ou incomplètement vaccinées. Cette durée peut être réduite à 7 jours si un test antigénique ou RT-PCR réalisé à J7 est négatif. 

Pour les personnes contacts, le statut vaccinal doit également être pris en compte pour définir les modalités de quarantaine : 
  • personnes complètement vaccinées, ou enfants de moins de 12 ans quel que soit le statut vaccinal : pas de quarantaine, sous réserve de bien respecter les gestes barrières. Un test antigénique ou RT-PCR doit être réalisé dès l'identification d'une situation de contact. La surveillance repose ensuite sur la réalisation d'un autotest, à J2 et J4 après la date du dernier contact avec un cas positif. Si l'autotest se révèle positif, le résultat doit être confirmé par test antigénique ou RT-PCR ; 
  • personnes non ou incomplètement vaccinées : quarantaine de 7 jours, levée avec un résultat de test antigénique ou RT-PCR négatif. 

Face à l'augmentation massive du nombre de personnes contacts induite par la circulation d'Omicron, la stratégie de contact tracing (les personnes contacts sont contactées par l'Assurance maladie) évolue vers une stratégie de contact warning, dans laquelle les patients contaminés contactent eux-mêmes leurs personnes contacts. 

Prise en charge des autotests pour les personnes contacts avec schéma vaccinal complet 
Pour accompagner ces nouvelles modalités de surveillance, les personnes contacts ayant un schéma vaccinal complet bénéficient d'une prise en charge des 2 autotests réalisés à J2 et J4 après la date du dernier contact avec un cas positif : 
  • délivrance en pharmacie, immédiatement après le test antigénique si ce dernier est réalisé à l'officine, ou sur présentation d'un justificatif de dépistage si le test antigénique ou RT-PCR a été réalisé dans un autre lieu ;
  • présentation d'une attestation sur l'honneur justifiant être cas contact. 
Dans ces conditions, les autotests sont facturés 3,50 euros l'unité (7 euros les 2), plus 2 euros d'honoraire de dispensation (TVA 0 %).

Élargissement des lieux de vente des autotests pour l'usage privé
Jusqu'au 31 janvier 2022, les autotests de détection du SARS-CoV-2 sur prélèvement nasal peuvent être vendus dans d'autres circuits de distribution que la pharmacie d'officine (arrêté du 27 décembre 2021, Journal officiel du 28 décembre 2021). Cette vente doit être associée à un document explicatif pour la manipulation de l'autotest. 

La vente des autotests de détection du SARS-CoV-2 est limitée aux personnes asymptomatiques, pour leur seul usage personnel (rassemblement familial, etc.). 
La vente sur internet des autotests est interdite (arrêté du 31 décembre 2021, Journal officiel du 1er janvier 2021). 
 

Pour aller plus loin
Avis de la HAS

COVID -19 : Deux recommandations pour contrer Omicron et ses conséquences (HAS, 24 décembre 2021)
COVID -19 : la HAS recommande d'étendre l'usage des autotests pour les personnes contacts vaccinées (HAS, 2 janvier 2021)

Avis de l'ANSM
Avis relatif à l'espacement à 4 mois voire moins de la dose de rappel (24 décembre 2021)

Avis relatif à la vaccination en rappel des 12-17 ans (24 décembre 2021)

Messages de la DGS (DGS-Urgent)
Raccourcissement à 4 mois du délai de rappel de vaccination contre la COVID-19 (DGS-URGENT N°2021-135, 24 décembre 2021)
Mise à disposition de seringues individuelles préremplies pour la vaccination des personnes de 12 ans et plus (DGS-Urgent N° 2021-138, 31 décembre 2021)
Ouverture du portail pour la commande de vaccins entre les 3 et 4 janvier (DGS-Urgent N°2021-137, 31 décembre 2021)
Nouvelles doctrines pour l'isolement des cas de COVID-19 et la quarantaine des personnes contacts (DGS-Urgent N° 2021-139, 2 janvier 2021)
Dynamisation des commandes en cours pour l'ouverture du portail des 3 et 4 janvier 2022 (DGS-Urgent N°2022-02, 3 janvier 2022)


Avis du HCSP 
Mise à jour de l'adaptation des recommandations d'éviction pour les professionnels en établissements de santé ou en EMS (actualisation du 24 décembre 2021)
Variant Omicron du SARS-CoV-2 : propositions de contact tracing (HCSP, 31 décembre 2021)

Journal officiel
Arrêté du 27 décembre 2021 modifiant l'arrêté du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire (Journal officiel du 28 décembre 2021 - texte 65)

Arrêté du 31 décembre 2021 modifiant l'arrêté du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire (Journal officiel du 1er janvier 2022 - texte 46)
EDIT du 7 janvier 2022 Arrêté du 5 janvier 2022 modifiant l'arrêté du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire et l'arrêté du 12 décembre 2020 portant modification des conditions de remboursement de l'acte de détection du génome du SARS-CoV-2 par amplification génique (Journal officiel du 6 janvier 2022 - texte 28) /FIN EDIT
 
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