Contrefaçon de vaccins et d'antiviraux contre la covid 19

Par GEROME PATRICK - Date de publication : 11 septembre 2021
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L'épidémie de covid 19 a permis l'émergence d'un nouveau marché noir de la contrefaçon médicale et administrative : fausses attestations, résultats de tests PCR trafiqués, certificats de vaccination et passeport vaccinaux frauduleux... contrefaçons de masques, de gels hydro-alcooliques et de kits pour effectuer des tests. Ce "marché de la contrefaçon" n’épargne pas les vaccins et les médicaments antiviraux.

1. Contrefaçon de vaccins

1.1. Alertes émises par l’Organisation mondiale de la santé (OMS)

Depuis le début de l’année 2021, l’OMS a émis deux alertes à ce sujet.

a. Vaccin COVID-19 BNT162b2 (commercialisé en Europe et aux Etats-Unis sous le nom "Comirnaty" par les laboratoire BioNTech et Pfizer)

La première alerte en date du 26 mars 2021 fait référence à un vaccin contre la covid 19 falsifié, identifié comme "BNT162b2", détecté au Mexique en février 2021. Le produit falsifié a été fourni et administré à des patients en dehors des programmes de vaccination autorisés. A la date de cette alerte, l’OMS estimait que ce vaccin anti-covid 19 falsifié pouvait encore être en circulation dans la région et être proposé aux patients en dehors des programmes de vaccination autorisés.

Les produits identifiés dans cette alerte sont confirmés falsifiés car leur identité, composition ou source sont délibérément et frauduleusement représentées de façon trompeuse. Le véritable fabricant du vaccin COVID-19 BNT162b2 (laboratoire Pfizer aux Etats-Unis) a confirmé ne pas avoir fabriqué le produit : le numéro de lot et les dates de péremption étaient falsifiés, les flacons en verre et l'étiquette étaient différents des véritables flacons de vaccin COVID-19 BNT162b2.

D’après les informations recueillies dans les médias, environ 80 personnes ont reçu ce faux vaccin dans une clinique mexicaine à un prix d’environ 1 000 dollars la dose, mais elles ne semblent pas avoir souffert de préjudice physique.

b. Vaccin COVISHIELD (vaccin ChAdOx1 nCoV-19 (recombinant) (Serum Institute of India Pvt. Ltd.)

Le vaccin COVISHIELD est l'équivalent du vaccin VAXZEVRIA ; il est produit sous licence du laboratoire AstraZeneca par le Serum Institute of India. En août 2021, l’OMS a émis une alerte concernant la détection d'un vaccin COVISHIELD (vaccin anti-covid à adénovirus recombinant ChAdOx1 nCoV-19) falsifié dans la région africaine (Ouganda) et dans la Région de l’Asie du Sud-Est (Inde et Myanmar) de l’OMS. Ces produits falsifiés ont été signalés à l’OMS en juillet et en août 2021.

Le fabricant de COVISHIELD (Serum Institute of India Pvt. Ltd.) a confirmé que les produits qui font l’objet de cette alerte sont falsifiés car les indications relatives à leur identité, à leur composition ou à leur source sont fausses, délibérément ou à des fins de fraude : le fabricant ne produit pas COVISHIELD en flacon de 2 mL (4 doses) et sur le Lot 4126, le numéro de lot de ce produit est falsifié et l'orthographe de son nom, "COVISHELD", n'est pas correcte.

1.2. D’autres vaccins contrefaits mis en évidence

Les informations issues d’autres sources montrent que le trafic de faux vaccins ne se limite pas aux deux événements signalés par l’OMS. En voici quelques exemples, cette liste n’étant probablement pas exhaustive.

D’après la presse, en février 2021, le laboratoire Pfizer affirme avoir identifié également en Pologne des contrefaçons de son vaccin contre la covid 19 développé avec BioNTech. Les flacons saisis en Pologne contenaient probablement une crème antirides, selon Pfizer. Les autorités polonaises ont précisé que personne dans le pays n’aurait reçu d’injection des contrefaçons de vaccins, qui ont été saisies dans l’appartement d’un particulier.

Selon Interpol, début 2021, les autorités sud-africaines ont saisi des centaines de faux vaccins contre la covid 19 à la suite de la publication, par Interpol, d’une alerte mondiale indiquant que les vaccins seraient une cible privilégiée des réseaux criminels. Quelque 400 flacons – l’équivalent d’environ 2 400 doses – contenant le faux vaccin ont été découverts en Afrique du Sud dans un entrepôt de Germiston (Gauteng), où les policiers ont également saisi une importante quantité de faux masques 3M et arrêté trois ressortissants chinois et un ressortissant zambien.

Toujours selon Interpol, la police chinoise a identifié en février 2021 un réseau de vente de faux vaccins contre la covid 19 ; elle a effectué une perquisition dans les locaux où ils étaient fabriqués, ce qui a permis l’arrestation d'environ 80 suspects, et saisi sur place plus de 3 000 vaccins contrefaits. D’après les médias, les flacons contenaient de l'eau salée. Selon le quotidien de langue anglaise Global Times, les faussaires "envisageaient de vendre leurs vaccins à l'étranger". Le trafic sévissait depuis septembre à Pékin et dans deux provinces de l'est du pays, le Shandong et le Jiangsu, a précisé l'agence Chine nouvelle. Chine nouvelle n'a pas précisé combien de faux vaccins ont étaient vendus mais a indiqué que leur prix était élevé.

En juin 2021, le Times of India a révélé l'existence en Inde d'un faux centre de vaccination, qui utilisait de faux vaccins russes du laboratoire Gamaleya (Sputnik V).

En juillet 2021, en Iran, le ministère iranien du Renseignement (VAJA) a arrêté plusieurs personnes lors d'une opération de saisie d'une importante cargaison de vaccins anti-covid contrefaits et passés en contrebande. L'agence de presse officielle IRNA a déclaré, en citant un communiqué du VAJA, que les réseaux étaient actifs dans le trafic et la contrefaçon de vaccins très demandés en Iran. Le communiqué précise que les forces de la VAJA ont été informées par le public et ont utilisé des renseignements détaillés pour démanteler ces réseaux. Selon le rapport, les vaccins confisqués comprenaient de grandes marques étrangères comme le chinois Sinopharm ou le suédo-britannique AstraZeneca, ainsi que le produit américain de BioNTech-Pfizer, qui est interdit en Iran. Le rapport ne précise toutefois pas la proportion de vaccins contrefaits.

1.3. Vaccins et Darknet 

Interpol a émis plusieurs alertes sur la proposition  de faux vaccins sur le darknet, aussi appelé darkweb.

En décembre 2020, l’entreprise de cybersécurité israélienne Check Point a publié sur son site une enquête consacrée au sujet. Ses chercheurs en sécurité informatique ont trouvé sur le Darkweb "un flot de messages postés par des personnes assurant qu’elles disposaient" de vaccins contre la covid 19 pour un prix médian de 250 dollars américains, soit un peu plus de 207 €. À chaque fois, les transactions se font en bitcoins, ce qui "minimise les chances de pouvoir remonter jusqu’au vendeur".

La société a mis à jour son enquête en janvier 2021, notant une explosion récente des offres de "vaccins" contre la covid 19 sur le Darkweb. Les prix ont fortement grimpé, atteignant parfois les 1 000 dollars américains, soit plus de 830 €. Les chercheurs en cybersécurité de Check Point ont commandé un de ces « sérums ». Ils ont pris d’abord contact avec une personne se présentant comme un vendeur sur « un forum du Darknet », et échangé avec elle via la messagerie sécurisée Telegram. Leur interlocuteur leur propose un "vaccin chinois" non-identifié, moyennant 750 dollars américains (623 €). Ils ont envoyé un paiement en bitcoins et donné une adresse de livraison. Après quelques jours de silence, le vendeur leur indique que le produit a été expédié. Peu de temps après, les comptes avec lesquels les chercheurs communiquaient ont été désactivés et le vaccin n’arrivera jamais. Il s’agissait donc d’une arnaque, comme il en existe tant sur internet, et pas uniquement sur le darkweb…

Une publication récente a fait un bilan de l’activité liée à la covid sur le Darknet jusqu’en juillet 2021. Concernant les vaccins, les auteurs montrent qu’à côté des vaccins "approuvés" (vaccins des laboratoires BioNTech-Pfizer, Moderna, AstraZeneca, Gamaleya, Sinopharm, Johnson and Johnson...), on peut trouver également en vente des vaccins "non caractérisés". Les vaccins approuvés sont en général proposés à la vente quelques jours avant leur date d’approbation. Les prix proposés pour les vaccins approuvés variaient entre 40 et 2 400 dollars et fluctuaient en fonction de la disponibilité des vaccins. Depuis mars-avril 2021, les prix proposés paraissent stables pour les six vaccins cités, de l’ordre de 250 dollars. Dans le contexte actuel, c’est le marché des faux passes sanitaires qui a explosé.

2. Contrefaçon d’antiviraux

Par ailleurs, bien que l’OMS ait émis un avis considérant qu’il n’existe pas assez d'éléments factuels pour appuyer l’utilisation du remdesivir dans le traitement de la covid 19, l’Organisation a émis en juillet 2021 une alerte concernant du remdesivir falsifié détecté dans la Région OMS des Amériques.

Cette alerte concernait deux lots de remdesivir falsifié injectable à 100 mg/20 mL (5 mg/mL). Ces produits sont présentés comme étant fabriqués par GILEAD, le laboratoire ayant confirmé que les numéros de lot qui font l'objet de cette alerte (Lot EN2005A2-B et Lot EN2009D7-Q) sont falsifiés et qu'il ne les a pas fabriqués. Ces produits falsifiés ont été signalés par des patients (y compris dans un hôpital) au Mexique et sont vendus illégalement sur internet. On ignore actuellement quel est le contenu des flacons et des analyses de laboratoire doivent être effectuées.

Source : Organisation mondiale de la santé.

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