COVID-19 : qui peut se faire vacciner aujourd'hui ?

Par DAVID PAITRAUD - Date de publication : 04 mai 2021
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Au fil de l'évolution des connaissances sur l'efficacité et la sécurité des vaccins contre la COVID-19 et de l'augmentation des doses disponibles, le profil des personnes autorisées à se faire vacciner évolue : quelles populations sont désormais concernées en France ?
 
Les adultes ayant des comorbidités, les personnes immunodéprimés ou fragiles et leurs aidants, peuvent désormais être vaccinés contre la COVID-19 (illustration).

Les adultes ayant des comorbidités, les personnes immunodéprimés ou fragiles et leurs aidants, peuvent désormais être vaccinés contre la COVID-19 (illustration).


Résumé : 
Comme prévu fin décembre 2020 lors du lancement de la campagne vaccinale contre la COVID-19, la cible vaccinale s'élargit au fil des mois.
L'ouverture de la vaccination à un public plus large tient compte du volume de doses de vaccins disponibles, mais aussi des données propres à chaque vaccin, d'efficacité et de sécurité. 
Au 1er mai 2021, la vaccination a été ouverte à tous les adultes souffrant d'une comorbidité (hypertension, diabète, obésité, etc.). En parallèle, la HAS* a récemment recommandé de vacciner les sujets immunodéprimés et les personnes fragiles, ainsi qu'une stratégie de cocooning, c'est-à-dire la vaccination de leur entourage. 

*Haute Autorité de Santé

Depuis le 1er mai, tous les adultes (18 ans et plus) souffrant d'une ou plusieurs comorbidité(s) [cf. Encadré 1] sont éligibles à la vaccination contre la COVID-19. La limite de 55 ans est levée, conformément à l'avis du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale (6 avril 2021)
Cette population représente 3,9 millions de patients environ. 

Pour ces patients de 18 à 54 ans présentant une comorbidité, seuls les vaccins à ARNm sont recommandés (COMIRNATY, MODERNA). La vaccination doit donc être réalisée en centre de vaccination (sauf dans les départements où la vaccination par le vaccin MODERNA en ville est en cours d'expérimentation - Moselle, et prochainement Doubs et Haute-Saône). 

Encadré 1 - Liste des comorbidités considérées comme critère d'éligibilité à la vaccination, dès 18 ans
  • Pathologies cardiovasculaires :
    • Hypertension artérielle compliquée (notamment complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales),
    • antécédent d'accident vasculaire cérébral,
    • antécédent de chirurgie cardiaque,
    • insuffisance cardiaque ;
    • antécédents de coronaropathie ;
  • diabètes de type 1 et 2 ;
  • pathologies respiratoires chroniques susceptibles de décompenser lors d'une infection virale, notamment :
    • bronchopneumopathie obstructive,
    • insuffisance respiratoire,
    • asthme sévère,
    • fibrose pulmonaire,
    • syndrome d'apnées du sommeil ;
  • insuffisance rénale chronique ;
  • obésité avec indice de masse corporelle >  30 ;
  • cancer ou hémopathie maligne ;
  • maladies hépatiques chroniques, en particulier la cirrhose ;
  • immunodépression congénitale ou acquise ;
  • syndrome drépanocytaire majeur ou antécédent de splénectomie ;
  • pathologies neurologiques :
    • maladies du motoneurone,
    • myasthénie grave,
    • sclérose en plaques,
    • maladie de Parkinson,
    • paralysie cérébrale,
    • quadriplégie ou hémiplégie,
    • tumeur maligne primitive cérébrale,
    • maladie cérébelleuse progressive ;
  • troubles psychiatriques ;
  • démence.

NB. Retrouvez en annexe de cet article la liste des personnes (patients et professionnels de santé) éligibles à la vaccination anti-COVID-19 depuis le 1er mai 2021 ainsi que les modalités de vaccination (Annexes 1, 2 et 3). 

Protéger les patients immunodéprimés : la HAS recommande la stratégie de cocooning 
En parallèle de l'ouverture de la vaccination à tous les patients adultes souffrant de comorbidités, la Haute Autorité de Santé (HAS) a actualisé les recommandations vaccinales afin de renforcer la protection des personnes immunodéprimées (cf. Encadrés 2 et 3) et les personnes fragiles (avis du 30 avril 2021).

Encadré 2 - Sujets immunodéprimés concernés par la stratégie de cocooning
  • Personnes transplantées d'organes solides ou de cellules souches hématopoïétiques,
  • personnes sous chimiothérapie lymphopéniante,
  • personnes recevant un traitement par anti-CD20,
  • personnes dialysées chroniques,
  • au cas par cas, personnes sous immunosuppresseurs ne relevant pas de ces catégories ou porteuses d'un déficit immunitaire primitif, après avis spécialisé.

Encadré 3 - Personnes fragiles concernées par la stratégie de cocooning
  • Personnes âgées en perte d'autonomie,
  • personnes en situation de handicap


Arguments en faveur de la stratégie de cocooning
La protection des sujets immunodéprimés par la vaccination de leur entourage correspond à la stratégie de cocooning, déjà utilisée pour les nourrissons, trop jeunes pour certaines vaccinations.

La stratégie de cocooning repose sur la capacité d'un vaccin à permettre une protection collective (c'est-à-dire une réduction de la transmission de l'agent pathogène), en plus d'une efficacité individuelle. 


Dans la maladie COVID-19, la mise en place de cette stratégie est justifiée par :
  • la réduction de la transmission du virus par les personnes vaccinées, selon les données récentes. Deux études (l'une israélienne, l'autre danoise) montrent une efficacité de la vaccination contre toute infection à SARS-CoV-2 entre 65 et 90 % selon l'âge. Outre une protection individuelle contre la maladie, ces données suggèrent une protection collective ;
  • une efficacité incertaine de la vaccination chez les sujets immunodéprimés. Des données montrent une réponse immunitaire insuffisante après 2 doses chez des personnes sévèrement immunodéprimées (par défaut de production d'anticorps). 
La vaccination de l'entourage n'affranchit pas des mesures barrières et de distanciation physique, qui doivent être maintenues. 

Protection contre la transmission virale : 3 vaccins sur 4 recommandés
Dans son avis du 30 avril 2021, la HAS indique que "les vaccins à ARNm (COMIRNATY et MODERNA) et le vaccin Janssen semblent avoir un plus fort impact sur la transmission du virus". Elle recommande par conséquent l'utilisation préférentielle de ces vaccins pour vacciner l'entourage des personnes immunodéprimées.


Entourage des patients vulnérables : de qui parle-t-on ? 
Pour les personnes immunodéprimées, l'entourage tel que défini par la HAS correspond :
  • à l'ensemble des personnes de 16 ans et plus vivant sous le même toit,
  • aux personnes contribuant à leur prise en charge (personnels de santé, aides à domicile, auxiliaires de vie, etc.),
  • aux personnes susceptibles d'en assurer la garde (assistante maternelle, famille, garde-malade, etc.).

À ce jour, seul le vaccin COMIRNATY (Pfizer BioNTech) dispose d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) chez le sujet de 16 ans et plus.
La HAS recommande la vaccination des personnes de moins de 16 ans vivant dans l'entourage des personnes immunodéprimées dès que les AMM le permettront.


Modalités de vaccination pour l'entourage des personnes immunodéprimées : certificat médical demandé
Pour l'entourage des personnes immunodéprimées, la vaccination est possible sur présentation d'un certificat médical établi par le médecin traitant du sujet immunodéprimé (cf. Annexe 2). 
La vaccination est réalisée : 
  • en centre de vaccination avec un vaccin à ARNm, pour les personnes de moins de 55 ans, 
  • en centre de vaccination ou en ville, avec un vaccin à ARNm ou un vaccin à adénovirus (vaccin Janssen en priorité), pour les personnes de plus de 55 ans. 

Ouverture prochaine de la vaccination aux proches aidants des personnes fragiles
Pour les personnes fragiles, la HAS recommande d'appliquer la stratégie de cocooning selon le schéma suivant : 
  • dans un premier temps à tous les proches aidants familiaux de personnes âgées en perte d'autonomie,
  • dans un second temps, aux proches aidants familiaux des personnes en situation de handicap dès lors que l'ensemble des personnes en situation de handicap aura pu être vacciné.
La vaccination de l'entourage des personnes fragiles doit être complémentaire des gestes barrières. 

Interchangeabilité des vaccins à ARNm : tolérée en cas de force majeure
Sur demande du ministère de la Santé, la HAS s'est également exprimée sur l'interchangeabilité entre les vaccins à ARNm au cours du schéma vaccinal. En pratique, cette démarche, non recommandée dans les AMM de ces vaccins, doit être mise en perspective avec la capacité à réaliser la seconde dose dans les délais préconisés (42 jours maximum).

D'une manière générale, en l'absence d'intérêt spécifique pour le patient, un schéma initié avec un vaccin à ARNm doit être terminé avec le même vaccin, à condition que l'intervalle entre les 2 doses puisse être respecté. 
Dans le cas où l'administration d'une seconde dose avec le vaccin initial n'est pas possible, suite à des tensions d'approvisionnement par exemple, il est dans l'intérêt du patient de ne pas reporter la seconde dose au-delà des 42 jours recommandés et donc de recourir à un vaccin à ARNm de spécialité différente.

Pour aller plus loin

OUVERTURE DE LA VACCINATION À TOUTES LES PERSONNES SOUFFRANT DE COMORBIDITÉS DE 18 A 49 ANS (DGS-Urgent n° 2021-49, 30 avril 2021)

Communiqué - Vaccins contre la COVID-19 : protéger les plus fragiles via leur entourage (HAS, 30 avril 2021)
Recommandations vaccinales COVID : Stratégie de vaccination contre le SARS-CoV-2 - Vaccination prioritaire de l'entourage des personnes immunodéprimées contre le SARS-CoV-2 (HAS, 30 avril 2021)

Élargissement des priorités d'accès à la vaccination anti-COVID-19 (Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, avis du 6 avril 2021)

 
 
Annexe 1 - Synthèse des populations éligibles à la vaccination à la date du 1er mai 2021
  • Personnes de 55 ans et plus quel que soit leur lieu de vie et leur état de santé (avec ou sans comorbidités) ;
  • Femmes enceintes à partir du deuxième trimestre de la grossesse ;
  • Résidents en établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes et unités de soins de longue durée ou hébergées en résidences autonomie et résidences services ;
  • Personnes de plus de 18 ans souffrant d'une pathologie à très haut risque de forme grave de COVID-19 :
    • atteintes de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie,
    • atteintes de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés,
    • transplantées d'organes solides,
    • transplantées par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques,
    • atteintes de poly-pathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d'organes,
    • atteintes de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d'infection,
    • atteintes de trisomie 21,
    • atteintes de mucoviscidose.
  • Personnes de 18 à 54 ans inclus souffrant d'une ou plusieurs des comorbidités (cfEncadré 1) ;
  • Personnes en situation de handicap, quel que soit leur âge, hébergées en maisons d'accueil spécialisées (MAS) et foyers d'accueil médicalisés (FAM) ;
  • Résidents de 60 ans et plus dans les foyers de travailleurs migrants (FTM) ;
  • Proches (de plus de 16 ans) d'une personne immunodéprimée (avec certificat médical du médecin traitant de la personne immunodéprimée) ; 
  • Professionnels du secteur de la santé et du secteur médico-social ;
  • Certains professionnels de 55 ans et plus, bénéficiant de créneaux de vaccination dédiés (dont les enseignants).

La liste exhaustive des personnes (patients et professionnels) éligibles à la vaccination à partir du 1er mai est disponible sur le site du ministère de la Santé. 
 
Annexe 2 - Modalités de vaccination en vigueur au 1er mai pour le grand public (HAS, 30 avril 2021)


Annexe 3 - Modalités de vaccination en vigueur au 1er mai pour les professionnels de santé (HAS, 30 avril 2021)

Sources : Ministère des Solidarités et de la Santé , DGS , HAS (Haute Autorité de Santé)

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