Actualités COVID-19 : livraison des vaccins, rémunération, anticorps monoclonaux et nouveau variant

- Date de publication : 16 mars 2021
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Des informations très variées relatives à la COVID-19 en France ont fait l'objet de diverses communications par les autorités de santé, qu'il s'agisse de l'État (Journal officiel), de la DGS* ou de l'ANSM **, parmi lesquelles :
  • l'extension de l'autorisation d'injecter les vaccins anti-COVID-19 aux pompiers, 
  • les tarifs de rémunération pour l'acte vaccinal applicable aux pharmaciens d'officine et sages-femmes,
  • les consignes pour la commande de vaccin destiné à la vaccination en ville (semaine du 15 mars), ce avant la suspension préventive du vaccin AstraZeneca, 
  • la mise à disposition des bithérapies d'anticorps monoclonaux via le dispositif d'ATU de cohorte, 
  • la conduite à tenir vis-à-vis d'un nouveau variant du SARS-CoV-2 détecté en Bretagne

La surveillance des effets secondaires des vaccins contre la COVID-19, l'actualité relative au profil de sécurité du VACCIN ASTRAZENECA et les informations relatives au VACCIN JANSSEN font l'objet d'articles séparés. 

*Direction générale de la Santé
**Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé
COVID-19, une actualité toujours aussi foisonnante... (illustration).

COVID-19, une actualité toujours aussi foisonnante... (illustration).


Les pompiers peuvent administrer le vaccin contre la COVID-19
Selon un décret du 11 mars 2021, les pompiers sont désormais autorisés à injecter les vaccins contre la COVID-19 (cf. Encadré 1) :
  • sapeurs-pompiers professionnels et volontaires titulaires de la formation d'équipier dans le domaine d'activité du secours d'urgence aux personnes ; 
  • sapeurs-pompiers de Paris titulaires de leur formation élémentaire en filière "sapeur-pompier de Paris" (SPP) ou filière "secours à victimes" (SAV) ou titulaires de leur formation élémentaire en filière "spécialiste" (SPE) ; 
  • marins-pompiers de Marseille détenant le brevet élémentaire de matelot pompier (BE MOPOMPI) ou le brevet élémentaire de pompier volontaire (BE MAPOV) ou le brevet élémentaire de sécurité et logistique (BE SELOG) ; 
  • sapeurs-sauveteurs des formations militaires de la sécurité civile de la DGSCGC titulaire de la formation élémentaire de la filière "force protection secours".

Seuls les pompiers ayant suivi une formation spécifique à la réalisation de l'injection vaccinale, dispensée et attestée par un professionnel de santé formé à l'administration des vaccins, sont autorisés à vacciner.
L'injection du vaccin par un pompier est réalisée sous la responsabilité d'un médecin pouvant intervenir à tout moment.

L'autorisation de vacciner accordée aux pompiers ne couvre pas la population des personnes ayant des antécédents de réaction anaphylactique à un des composants de ces vaccins ou ayant présenté une réaction anaphylactique lors de la première injection. 
 
Encadré 1 - Vaccins contre la COVID-19 autorisés en France à la date du 16 mars 2021 (décret du 16 octobre 2020 - annexe 6)
Vaccins à acide ribonucléique (ARN) messager : Vaccin à vecteur viral :

La rémunération des pharmaciens et des sages-femmes pour la vaccination anti COVID-19
En complément du décret du 4 mars 2021 autorisant les sages-femmes et les pharmaciens d'officine à prescrire et injecter les vaccins contre la COVID-19, un arrêté publié au Journal officiel du 13 mars 2021 précise les montants de rémunération de ces professionnels de santé pour la réalisation de cet acte. 

Rémunération de l'intervention dans un centre de vaccination 
Le montant de la rémunération applicable aux sages-femmes et aux pharmaciens libéraux, pour une intervention en centre de vaccination, est fixé à : 
  • 280 euros par demi-journée d'activité d'une durée minimale de 4 heures (300 euros par demi-journée d'activité effectuée le samedi après-midi, le dimanche et les jours fériés). 
  • en cas d'intervention inférieure à 4 heures, rémunération forfaitaire de 70 euros par heure (75 euros le samedi après-midi, le dimanche et les jours fériés).

Pour rappel, la rémunération des médecins pour une vacation en centre de vaccination est fixée à (source AMELI - 21 février 2021) : 
  • 420 euros la demi-journée, et 460 euros les samedis après-midi, dimanches et jours fériés
  • 105 euros de l'heure si présence de moins de 4 heures (chaque heure entamée étant due, par exemple 1h30 de présence peut être facturée 2h), ou 115 euros de l'heure les samedis après-midi, dimanches et jours fériés.

Rémunération de l'acte d'injection du vaccin
L'acte d'injection du vaccin contre la COVID-19 est facturé selon les tarifs suivants : 
  • pour les sages-femmes : 25 euros si l'injection est réalisée au cours d'une consultation, et 9,60 euros si l'injection est réalisée en dehors d'une consultation ; 
  • pour les pharmaciens libéraux : 7,90 euros pour la prestation d'injection du vaccin contre la COVID-19 réalisée en officine, et 6,30 euros pour une prestation effectuée dans un cadre collectif et en dehors des conditions habituelles d'exercice. L'honoraire de la prestation réalisée en officine couvre la vérification de l'éligibilité du patient à la vaccination selon les priorités définies par la HAS, des contre-indications à la vaccination et l'injection du vaccin. 

Pour les sages-femmes retraitées, la rémunération pour chaque heure d'activité est fixée à :
  • 32 euros entre 8 heures et 20 heures, 
  • 48 euros entre 20 heures et 23 heures et entre 6 heures et 8 heures,
  • 64 euros entre 23 heures et 6 heures ainsi que le dimanche et les jours fériés.

Pour rappel, le tarif de l'acte vaccinal applicable aux médecins est fixé à (source AMELI - Tableau de facturation des actes de vaccination COVID-19 : médecins et infirmiers, 23 février 2021) :
  • 25 euros en métropole (29,60 euros dans les DROM) en cas de consultation ou de visite médicale préalable à la vaccination (tarif comportant la première injection si elle est réalisée dans le même temps) [facturation avec le code VAC] ;
  • 9,60 euros (en métropole et dans les DROM) lorsque seule l'injection vaccinale est réalisée (facturation avec le code INJ).

Avant sa suspension, des vaccins Astra-Zeneca livrés au compte-goutte en ville
Dimanche 14 mars 2021, avant la suspension de l'utilisation du vaccin ASTRAZENECA intervenue le 15 mars 2021, la DGS avait précisé les consignes relatives à la commande des doses de ce vaccin destinées à la ville.
Les prochaines commandes devront tenir compte d'un volume livré en France particulièrement faible : 
  • 146 000 doses la semaine du 15 mars, 
  • 158 033 doses la semaine du 22 mars. 

Dans ce contexte, la DGS avait fixé un quota de 1 flacon par médecin pour toute commande réalisée entre le 15 et le 17 mars (23 heures). Au maximum, 30 000 médecins pourraient commander 1 flacon.

En outre, la DGS avait prévenu les pharmaciens et les médecins que le portail de commande des doses de vaccin ASTRAZENECA ne serait pas ouvert de nouveau la semaine du 22 mars si le niveau de commandes effectuées entre le 15 et le 17 mars est déjà supérieur au nombre de doses disponibles.

La livraison en pharmacie des doses commandées entre le 15 et 17 mars 2021 était prévue en 2 temps : 
  • livraison des médecins ayant commandé en premier entre le mercredi 24 et le vendredi 26 mars ;
  • livraison des autres médecins entre le mercredi 31 mars au vendredi 2 avril.

La DGS recommandait cependant d'attendre le mail de confirmation de leur commande (qui leur sera envoyé le 19 mars) avant de planifier leurs rendez-vous de vaccination.

Sous réserve de confirmation par le laboratoire et en fonction des décisions qui seront prises d'ici à jeudi 18 mars 2021 concernant la sécurité du vaccin ASTRAZENECA, 1 462 000 doses pourraient être livrées en France la semaine du 29 mars. 

Mise à disposition en France de 2 
bithérapies d'anticorps monoclonaux pour certains patients à risque de forme grave de COVID-19
Après la mise à disposition fin février de l'anticorps monoclonal à base de bamlanivimab en monothérapie (DGS-Urgent du 27 février 2021), l'ANSM a octroyé une autorisation temporaire d'utilisation (ATU) de cohorte à deux bithérapies d'anticorps monoclonaux :
  • casirivimab et imdévimab 120 mg/mL solution à diluer pour perfusion (laboratoire ROCHE) ;
  • bamlanivimab et étésévimab 700 mg/20 mL solutions à diluer pour perfusion (laboratoire LILLY).

Ces anticorps monoclonaux sont conçus pour cibler spécifiquement la protéine S située à la surface du SARS-CoV-2, neutralisant ainsi la capacité du virus à se fixer et à pénétrer dans les cellules humaines.

Ces bithérapies sont indiquées dans le traitement des formes symptomatiques légères à modérées de la COVID-19 chez les adultes :
  • ayant un test virologique de détection du SARS-CoV- 2 positif,
  • et étant à risque élevé d'évolution vers une forme grave de la COVID -19 (cf. Encadré 2).
Les patients ne doivent pas nécessiter une oxygénothérapie du fait de la COVID-19.
 
Encadré 2 - Critères d'éligibilité à la bithérapie par anticorps monoclonal (15 mars 2021)
Patients ayant un déficit de l'immunité lié à une pathologie ou à des traitements :
  • Chimiothérapie en cours
  • Transplantation d'organe solide
  • Allogreffe de cellules souches hématopoïétiques
  • Maladie rénale avec DFG < 30 mL/min ou dialyse
  • Lupus systémique ou vascularite avec traitement immunodépresseur
  • Traitement par corticoïde > 10 mg/jour d'équivalent prednisone pendant plus de 2 semaines
  • Traitement immunodépresseur incluant rituximab

Les patients à risque de complications :
  • Les patients parmi la liste suivante quel que soit l'âge :
    • Fibrose pulmonaire idiopathique
    • Sclérose latérale amyotrophique
    • Pathologies rares du foie y compris hépatites auto-immunes
    • Myopathies avec capacité vitale forcée < 70 %
    • Autres pathologies rares définies par les filières de santé maladies rares (FSMR)
    • Trisomie 21
  • Les patients entre 70 et 80 ans avec au moins une des pathologies suivantes :
    • Obésité (IMC > 30)
    • BPCO et insuffisance respiratoire chronique
    • Hypertension artérielle compliquée
    • Insuffisance cardiaque
    • Diabète (de type 1 et de type 2)
    • Insuffisance rénale chronique
Les patients de plus de 80 ans

Utilisation encadrée par un PUT
Ces bithérapies d'anticorps monoclonaux bénéficient d'un accès précoce au niveau international. Aucune AMM n'a été octroyée à ce jour dans l'attente de données plus précises et nombreuses.

Pour encadrer l'utilisation de ces bithérapies, l'ANSM a donc élaboré des protocoles d'utilisation thérapeutique (PUT) : 

D'une façon générale, le traitement par bithérapie d'anticorps monoclonaux doit être administré dans un délai maximum de 5 jours après le début des symptômes de COVID-19. Les populations éligibles à ces bithérapies d'anticorps monoclonaux ont été définies par l'ANRS-maladies infectieuses émergentes (cf. Encadré 2).
 
La prescription est réservée aux médecins hospitaliers. 
L'administration est réalisée par voie intraveineuse (perfusion intraveineuse au moyen d'une ligne de perfusion intraveineuse munie d'un filtre stérile d'appoint ou en ligne de 0,2/0,22 µm), à l'hôpital.
Un suivi virologique doit être mis en place. 


La monothérapie de bamlanivimab ne doit être utilisée qu'en l'absence de disponibilité des bithérapies.
 
Mise au point suite à la détection d'un nouveau variant en Bretagne
Suite à la détection d'un nouveau variant en Bretagne (variant dérivé du clade 20C), la DGS a adressé un message DGS-Urgent à tous les professionnels de santé le 15 mars 2021, dans lequel elle précise la conduite à tenir en cas de test négatif sur prélèvement nasopharyngé chez un patient présentant des symptômes de COVID-19 : 
  • cas possibles, probables ou confirmés : isolement strict d'une durée de 10 jours à compter de la date de début des signes pour les patients symptomatiques ou à compter de la date de prélèvement pour les cas asymptomatiques. Pour les personnes contacts, réalisation d'un test immédiat et à J7, et isolement de 7 jours à compter de la dernière exposition à risque ;
  • déclaration sur CONTACT-COVID : des directives sont adressées en attendant l'évolution de l'outil, qu'il s'agisse de cas possibles, probables ou confirmés par RT-PCR.

Au 15 mars 2021, la zone de circulation avérée ou suspectée du variant détecté en Bretagne s'étend sur une partie des départements des Côtes d'Armor et du Finistère : 
  • la ville de Lannion,
  • et les 5 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) ou communauté d'agglomération (CA) voisins, prenant en compte les bassins de vie et de santé : CA Lannion Trégor Communauté, CA Morlaix Communauté, CA Guingamp-Paimpol Agglomération de l'Armor à l'Argoat, CC Leff Armor Communauté, CA Saint-Brieuc Armor Agglomération.

Plusieurs documents ont été élaborés pour guider les professionnels de santé dans la conduite à tenir vis-à-vis de ce variant du clade 20C : 
Pour aller plus loin
Décret n° 2021-272 du 11 mars 2021 modifiant les décrets n° 2020-1262 du 16 octobre 2020 et n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire (Journal officiel du 12 mars 2021 - texte 14)

Arrêté du 12 mars 2021 modifiant l'arrêté du 10 juillet 2020 prescrivant les mesures d'organisation et de fonctionnement du système de santé nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire (Journal officiel du 13 mars 2021 - texte 17)


CAMPAGNE DE VACCINATION EN VILLE VACCIN COVID-19 ASTRA ZENECA / NOUVELLE CAMPAGNE DE COMMANDE POUR LES MÉDECINS DE VILLE DU 15 AU 17 MARS 2021 (DGS-Urgent n° 2021_29, 14 mars 2021)

Bithérapies d'anticorps monoclonaux : Approvisionnement des établissements de santé et prise en charge des patients à risque élevé d'évolution vers les formes graves de la COVID-19 (DGS-Urgent n° 2021_30, 15 mars 2021)


Conduite à tenir vis-à-vis d'un variant à investiguer (dérivé du CLADE 20C) détecté pour la première fois en Bretagne (DGS-Urgent n°2021_32, 15 mars 2021)
 

Sources : J.O. (Journal Officiel) , DGS , ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

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