eSanté
Nouveau design, nouvelle navigation, contenus enrichis
Désormais disponible sur vidal.fr

Vaccination contre la COVID-19 : la HAS détaille la stratégie de priorisation pour la population française

- Date de publication : 01 Décembre 2020
1
2
3
4
5
3.6
(5 notes)
vu par 1 lecteur
La HAS (Haute Autorité de Santé) a dévoilé le 30 novembre 2020 la stratégie de priorisation recommandée pour la vaccination contre la COVID-19.

La priorisation au sein de la population est envisagée compte tenu des incertitudes sur le nombre de doses de vaccins disponibles et sur le calendrier d'approvisionnement du marché français. 

Pour élaborer ces recommandations préliminaires, la HAS a tenu compte des données disponibles sur les vaccins (qui ne disposent pas d'AMM à ce jour) mais également des éléments en suspens, dont la capacité des vaccins à prévenir la transmission virale. À ce jour, le seul bénéfice démontré des vaccins en développement concerne la réduction de la survenue des formes sévères en cas d'infection par le SARS-CoV-2.

Sur la base de ces données, la HAS a retenu deux critères de priorisation pour recevoir le vaccin :
  • l'existence d'un risque de faire une forme grave,
  • et le risque d'exposition au virus.

Plus concrètement, la HAS recommande une vaccination progressive de la population française en 5 étapes, décrites dans l'article ci-dessous, en fonction de la mise à disposition des doses de vaccins
La HAS ne s'est pas prononcée sur la mise en œuvre de cette stratégie, qui dépendra principalement de l'approvisionnement en doses de vaccins. Il revient au ministère de la Santé (notamment la DGS et la DGOS) de définir les modalités pratiques de la campagne de vaccination contre la COVID-19. 
Personnes âgées institutionnalisées et professionnels exerçant dans ces établissements et présentant un ou plusieurs facteurs de risque seront les populations prioritaires pour la vaccination contre le SARS-CoV-2 (illustration).

Personnes âgées institutionnalisées et professionnels exerçant dans ces établissements et présentant un ou plusieurs facteurs de risque seront les populations prioritaires pour la vaccination contre le SARS-CoV-2 (illustration).


Cinq mois après l'élaboration d'une note de cadrage définissant les enjeux de la vaccination contre le SARS-CoV-2 et tandis que l'arrivée des vaccins contre la COVID-19 sur le marché est imminente (les premières AMM ont été déposées aux États-Unis et en Europe le 30 novembre 2020), la HAS (Haute Autorité de Santé) a dévoilé le 30 novembre ses recommandations préliminaires sur la stratégie de priorisation des populations à vacciner dans le cadre de la stratégie de vaccination contre le SARS-CoV-2.

Cette stratégie repose en effet sur une priorisation des personnes, compte tenu des incertitudes sur le nombre de doses disponibles et sur le calendrier d'approvisionnement du marché français. 

Les critères de priorisation retenus sont l'existence : 
  • d'un risque de développer une forme grave de l'infection, 
  • d'un risque d'exposition au virus du fait notamment de l'activité professionnelle. 

Les critères de priorisation
Pour définir les critères de priorisation à la vaccination, la HAS s'est appuyée sur les données scientifiques disponibles, notamment les données d'efficacité des vaccins en cours de développement
 pour prévenir les formes graves (protection pulmonaire).

Elle a également pris en compte un certain nombre d'éléments pour lesquels les données sont insuffisantes, notamment : 
  • l'efficacité du vaccin pour prévenir la transmission virale : les données relatives à la protection des voies aériennes supérieures sont hétérogènes ;
  • la durée de protection des vaccins : les premières données sont en faveur d'une persistance des anticorps neutralisants sur une durée d'au moins 6 mois.

Ces données sont détaillées dans un rapport complet de la HAS intitulé "Aspects immunologiques et virologiques de l'infection par le SARS-CoV-2" et mis en ligne le 1er décembre 2020.

Sur la base de ces données, la HAS a défini les objectifs initiaux de la vaccination contre le SARS-CoV-2 : 
  • réduire la morbi-mortalité (hospitalisation, admission en réanimation et décès) ;
  • maintenir les activités essentielles du pays, particulièrement le maintien du système de santé. 

Quels sont les critères de vulnérabilité pris en compte dans la stratégie de priorisation ?
La HAS a précisé les facteurs de risque d'infections ou de formes graves, conditionnant l'éligibilité à une vaccination prioritaire :
  • l'âge : les données épidémiologiques montrent que le risque augmente à partir de 50 ans ; 
  • les comorbidités suivantes (individuelles ou cumulées) : 
    • l'obésité (IMC > 30), particulièrement chez les plus jeunes,
    • la BPCO et l'insuffisance respiratoire,
    • l'hypertension artérielle compliquée,
    • l'insuffisance cardiaque,
    • le diabète (de type 1 et de type 2),
    • l'insuffisance rénale chronique,
    • les cancers et maladies hématologiques malignes actifs et de moins de 3 ans,
    • le fait d'avoir une transplantation d'organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques,
    • la trisomie 21.

Une stratégie en 5 étapes, correspondant à des groupes de population précis
La stratégie vaccinale définie par la HAS se répartit en 5 phases, visant à respecter l'équilibre entre les intérêts de santé publique (limitation des hospitalisations et des décès) et les moyens effectifs (approvisionnement en doses de vaccin au fil de l'année 2021). 


L'approvisionnement du marché français en doses de vaccin sera progressif (cf. Encadré 1). En outre, le schéma vaccinal recommandé comprend 2 injections. 

Encadré 1 - Disponibilité prévisionnelle des doses de vaccin, phase par phase (selon les recommandations de l'OMS)
  Niveau de disponibilité Volume de doses disponibles
phase I très limitée 1 à 10 % de la totalité des doses commandées
phase II limitée 11 à 20 % de la totalité des doses commandées
phase III modérée 21 à 50 % de la totalité des doses commandées

En synthèse, les trois premières phases ont pour objectif de vacciner l'ensemble des personnes à risque de forme grave de COVID-19 en population générale, ainsi que les professionnels exposés au virus. Les deux dernières phases viseront une vaccination élargie aux plus de 18 ans sans comorbidités, à condition de disposer de doses en quantité suffisante et que les objectifs fixés lors des phases précédentes soient atteints. 

Première phase à l'arrivée des premières doses : priorité aux EHPAD et autres établissements d'accueil long séjour
La première phase de la stratégie recommandée par la HAS prévoit donc de vacciner une population réduite mais à fort risque de maladie grave ou d'exposition :
  • résidents d'établissements accueillant des personnes âgées et résidents en services de long séjour (EHPAD, USLD, etc.) : cette population est estimée à environ 1 million de personnes (soit 2 millions de doses nécessaires). Elle représente un tiers des décès depuis le début de l'épidémie ;
  • professionnels exerçant dans les établissements accueillant des personnes âgées, avec un ou plusieurs facteurs de risque (âge de plus de 65 ans et/ou comorbidité).

Seconde phase : vaccination des plus de 65 ans, quel que soit le lieu de résidence
La seconde phase cible une population générale élargie, d'environ 15 millions de personnes (soit un besoin de 30 millions de doses). Elle ne tient plus compte du lieu de résidence, mais uniquement de l'âge et des facteurs de comorbidité. 
Cette seconde phase est elle-même répartie en 3 sous-phases, correspondant à 3 sous-populations :  
  • vaccination en priorité des personnes ayant plus de 75 ans,
  • puis les personnes de 65 à 74 ans ayant une comorbidité,
  • puis les autres personnes de 65-74 ans.

En milieu professionnel, cette seconde phase cible une population élargie de professionnels du secteur de la santé, du médico-social et du transport sanitaire (brancardiers, etc.), quel que soit le mode d'exercice :
  • professionnels âgés de plus de 50 ans ou présentant une comorbidité. 

Troisième phase : un âge seuil abaissé à 50 ans 
Cette troisième phase cible la vaccination de :
  • l'ensemble des personnes de plus de 50 ans ou de moins de 50 ans mais à risque de forme grave ;
  • l'ensemble des professionnels du secteur de la santé et du médico-social,
  • ainsi que des professionnels issus des secteurs indispensables au fonctionnement du pays (sécurité, éducation, etc.). Il revient au gouvernement de préciser ces catégories professionnelles.  

Quatrième phase : prise en compte de la précarité
Les phases précédentes auront déjà permis de cibler les personnes (professionnels ou individus) les plus à risque.
La quatrième phase cible plus précisément les personnes fortement exposées au virus SARS-CoV-2 et qui n'auraient pas été vaccinées antérieurement (car moins de 50 ans et sans comorbidité) :
  • professionnels dont l'environnement de travail favorise une infection (contacts réguliers du public, milieu clos, etc.),
  • professionnels prenant en charge les personnes vulnérables, dont les travailleurs sociaux,
  • personnes vulnérables ou précaires ayant un pronostic moins favorable en cas d'infection par la COVID-19 (résident en hôpital psychiatrique, sans domicile fixe, détenus, etc.). 

Cinquième phase : toutes les personnes adultes non encore vaccinées
Cette ultime phase doit permettre de vacciner toutes les personnes de plus de 18 ans et sans comorbidité, n'ayant pas été vaccinées au cours des phases précédentes. 
Cette dernière phase pourra être adaptée sous réserve :
  • de la réalisation des phases précédentes (vaccination des populations prioritaires), 
  • et des quantités de doses allouées au marché français.

La HAS n'a pas intégré les enfants (moins de 18 ans) dans cette stratégie vaccinale ; en effet, selon les informations relatives aux AMM en cours d'évaluation, la population pédiatrique n'est pas incluses dans les indications. 

Éléments susceptibles de conduire à une adaptation de la stratégie de priorisation, et modalités de mise en œuvre
Ces recommandations relatives à la priorisation des populations à vacciner contre la COVID-19 sont préliminaires et sont amenées à subir des ajustements ou des modifications en fonction des éléments suivants :
  • éléments logistiques concernant la distribution des doses vaccinales,
  • éléments scientifiques et thérapeutiques, notamment l'efficacité des vaccins sur la prévention de la transmission virale, ou l'immunogénicité en fonction de l'âge,
  • éléments de sécurité, établis à partir des données de surveillance en vie réelle (pharmacovigilance). 
Il revient désormais au ministère de la Santé (notamment la DGS et la DGOS) d'organiser les modalités pratiques pour l'application de cette stratégie. 

Pour aller plus loin
Vaccins Covid-19 : quelle stratégie de priorisation à l'initiation de la campagne ? (HAS, 30 novembre 2020)
Stratégie de vaccination contre le Sars-Cov-2 - Recommandations préliminaires sur la stratégie de priorisation des populations à vacciner (HAS, 30 novembre 2020)
Argumentaire - Stratégie de vaccination contre le SARS-Cov-2 : recommandations préliminaires sur la stratégie de priorisation des populations à vacciner (HAS, 27 novembre 2020)

 

Sources : HAS (Haute Autorité de Santé)

Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne !
Presse - CGU - Données personnelles - Configuration des cookies - Mentions légales - Contact webmaster