Solutés glucosés en perfusion : mise en garde sur les risques d'hyponatrémie grave

Par DAVID PAITRAUD -
1
2
3
4
5
5.0
(1 note)
vu par 4641 lecteurs


Une hyponatrémie grave peut survenir chez les patients recevant une perfusion de soluté glucosé, quelle que soit la concentration, en cas de perfusion prolongée et/ou abondante, sans apport approprié en électrolytes

Certaines populations comme les enfants sont plus exposées au risque d'hyponatrémie grave dont les complications, d'ordre neurologique, peuvent être irréversibles voire fatales.

L'ANSM demande aux prescripteurs d'être vigilants et de respecter les mises en gardes relatives à l'utilisation de solutés glucosés, en particulier les solutés de G5, et notamment de ne pas les utiliser à des fins de substitution liquidienne sans apport approprié en électrolytes.
Les solutés glucosés ne doivent pas être utilisés à des fins de substitution liquidienne sans apport approprié en électrolytes (illustration).

Les solutés glucosés ne doivent pas être utilisés à des fins de substitution liquidienne sans apport approprié en électrolytes (illustration).


Risque d'hyponatrémie sous perfusion prolongée et/ou abondante de soluté glucosé
L'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) a diffusé un point d'information pour alerter les professionnels de santé sur le risque d'hyponatrémie potentiellement grave voire fatale, en particulier chez l'enfant, lié aux perfusions de solutés glucosés

Ce risque d'hyponatrémie peut survenir à la suite d'une perfusion de sérum glucosé prolongée et/ou abondantesans apport approprié en électrolytes, dans un contexte de substitution liquidienne.

Dans cette situation, l'apport liquidien (qui correspond à un apport en eau pure en raison de la métabolisation rapide du glucose dans l'organisme) expose au risque de dilution des électrolytes sanguins, notamment du sodium.

Une hyponatrémie aiguë peut être à l'origine d'une encéphalopathie et entraîner des complications neurologiques irréversibles voire fatales.


Quels solutés glucosés sont concernés ?
Ce risque s'observe avec les solutés glucosés quelle que soit leur concentration, et principalement le G5 (Glucose 5 %), du fait de son utilisation fréquente (Cf. Encadré 1) et parfois en quantité excessive.

Il est mentionné dans le RCP des solutés de glucose (Rubrique surdosage).

 
Encadré 1 - Les indications des solutés glucosés
Les solutions injectables de glucose à 5 % et à 10 % sont indiquées :
  • pour la réhydratation, lorsqu'il existe une perte d'eau supérieure à la perte en chlorure de sodium et autres osmoles ;
  • en prévention des déshydratations intra et extracellulaires ;
  • comme véhicule pour apport thérapeutique en période préopératoire, peropératoire et postopératoire immédiate.
La solution injectable à 5 % est administrée en perfusion intraveineuse ; la solution à 10 % est administrée en perfusion ou injection intraveineuse.

Selon l'état clinique du malade, le volume administré est de 500 à 3000 mL par 24 heures en fonction du poids, de l'alimentation et des thérapeutiques complémentaires éventuelles.

Quelles précautions prendre ?
L'ANSM recommande aux prescripteurs de ne pas utiliser les solutés glucosés, notamment les solutés de G5, à des fins de substitution liquidienne sans apport approprié en électrolytes.

Elle invite à respecter les mises en garde suivantes avant d'envisager le recours à une perfusion de soluté glucosé :
  • tenir compte des risques d'hyponatrémie potentiellement fatale, d'hyperglycémie ou d'hypokaliémie : surveiller l'état clinique et biologique du patient, notamment l'équilibre hydrosodé, la glycosurie et l'acétonémie, la kaliémie, la phosphorémie et la glycémie ;
  • renforcer la surveillance chez l'enfant et chez le sujet âgé susceptible de présenter des atteintes cardiaque, rénale ou hépatique. Ces patients constituent des populations à risque ;
  • respecter les modalités d'administration précisées dans le RCP (résumé des caractéristiques du produit) : vitesse de perfusion intraveineuse (ou d'injection  intraveineuse pour le Glucose à 10 %) lente, du fait du risque de voir apparaître une diurèse osmotique indésirable ;
  • tenir compte du risque d'extravasation (contrôle du cathéter) ;
  • tenir compte du risque de syndrome de renutrition chez les patients sévèrement dénutris.

Pour aller plus loin
Solutés à base de glucose : risque d'hyponatrémie - Point d'Information (ANSM, 21 juin 2017)

Sources : ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail
Je m'abonne !
Voir toutes les actualités

Vidal News du 2017-11-23

Archives des Vidal News