Opération PANGEA VIII : vaste attaque contre les réseaux illicites de vente en ligne de médicaments

Par DAVID PAITRAUD -
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PANGEA est une opération mondiale de lutte contre la criminalité pharmaceutique en ligne coordonnée par Interpol, les douanes, les services de sécurité intérieure et les autorités sanitaires des pays participants.

La huitième édition s'est déroulée en juin 2015, et a impliqué 115 pays dont la France et
a particulièrement visé la vente illicite de médicaments sur internet et le cybersquatting. D'importantes saisies ont été réalisées dans les grandes zones de fret. 

En France, plus d'une tonne de produits pharmaceutiques illicites ou contrefaits ont été saisis, dont une majorité à Roissy. Il s'agit essentiellement de médicaments pour le traitement de la dysfonction érectile, de produits de dopage et de produits de régime, destinés à la vente en ligne.

Par ailleurs, 49 sites internet illégaux répertoriés avec une adresse en .fr ont été identifiés et font l'objet de procédures d'interdiction. Six personnes ont été interpellées pour fabrication illégale de produits dopants sur le territoire.

Face à ce bilan impressionnant mais préoccupant, l'ANSM rappelle que l'achat de médicaments hors des circuits légaux expose l'utilisateur à des risques sanitaires graves. 
L'opération PANGEA VIII, conduite par Interpol avec la collaboration de 115 pays, a permis de saisir plus de 20 millions de comprimés illicites ou contrefaits destinés à la vente en ligne.

L'opération PANGEA VIII, conduite par Interpol avec la collaboration de 115 pays, a permis de saisir plus de 20 millions de comprimés illicites ou contrefaits destinés à la vente en ligne.


PANGEA est une opération internationale visant les réseaux de vente illicite de médicaments sur internet. Cette année, l'opération s'est déroulée du 9 au 16 juin 2015.

Cent quinze pays y ont participé, dont la France. L'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) a révélé les chiffres clés de cette opération.

Plus d'un million de comprimés illicites ou contrefaits saisis en France
L'ensemble des opérations menées en France a été réalisé en étroite collaboration entre l'ANSM, l'OCLAESP (office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique), les douanes, la police et la gendarmerie nationale. 

Au total, près de 1 070 000 comprimés ont été saisis (20,7 millions dans le monde). Au total, 1,1 tonne de produits pharmaceutiques illicites (sans autorisation de mise sur le marché) ou contrefaits ont été saisis en France.  

La majeure partie de ces saisies été réalisée à Roissy (88 %). Dans 77 % des cas, les produits provenaient d'Asie, principalement d'Inde.

Les produits les plus saisis concernent la dysfonction érectile, les régimes et le dopage
La dysfonction érectile, les régimes amincissants et le dopage sont les trois domaines les plus fréquemment investis par les criminels pharmaceutiques. La majorité des produits saisis concernent ces utilisations.

Cinquante mille doses de produits dopants ont par exemple été saisies lors de cette opération. Cinq enquêtes concernant des filières de substances dopantes en France sont en cours, menées par le Service National de Douane Judiciaire (SNDJ). Quinze autres enquêtes françaises concernent des produits de santé et des produits cosmétiques.

Des produits dopants ou contrefaits fabriqués en France
L'opération PANGEA a également permis d'interpeller 6 individus qui fabriquaient illégalement des produits dopants en France :  "les perquisitions effectuées à leurs domiciles ont permis la découverte et la saisie d'une importante quantité de stéroïdes anabolisants (472 flacons, 3240 comprimés), d'hormones (400 comprimés), d'insuline (270 cartouches et 20 seringues), de contrefaçons de médicaments érectiles (68 comprimés) et des produits pharmaceutiques non encore identifiés (92 flacons et 700 gélules)", indique l'ANSM.

La cybercriminalité plus que jamais au centre de l'opération PANGEA
La Cyberdouane, cellule d'investigations douanières sur internet, a participé activement à l'opération PANGEA VIII. Elle a identifié 81 sites illégaux de vente de faux médicaments en France, dont 49 répertoriés avec une adresse url en .FR. Des procédures judiciaires ont été engagées contre ces sites afin d'obtenir leur fermeture. 

La Cyberdouane s'est également attaquée au "cybersquatting" de sites légaux. Par ce procédé, les internautes sont orientés malgré eux d'un site légal vers un site de vente illicite.

L'Opération PANGEA VIII, à l'échelle mondiale, a entraîné la fermeture de plus de 2 000 sites internet illégaux de vente en ligne de médicaments. 

L'ANSM rappelle qu'acheter hors du circuit pharmaceutique est une pratique dangereuse
A l'issue de cette opération, l'ANSM rappelle les risques auxquels iles Français s'exposent en achetant des médicaments sur internet, en dehors des circuits légaux. Les médicaments illicites ou contrefaits (copie illégale d'un médicament) présentent les risques suivants :
  • absence de principe actif ou sous-dosage ;
  • présence de substances actives différentes et potentiellement dangereuses par rapport au médicament original ;
  • principe actif altéré.

"Seul le circuit des pharmacies d'officine et de leurs sites autorisés pour la vente en ligne de médicaments est régulièrement contrôlé par les autorités sanitaires et apporte des garanties sur la qualité et la sécurité des médicaments achetés", insiste l'Agence française.

Pour rappel, les sites de vente en ligne de médicaments doivent être rattachés à une pharmacie physique existante. Les médicaments sur prescription médicale obligatoire ne peuvent pas être vendus sur internet en France (voir notre article).

Indices pour distinguer un site illégal d'un site légal de vente en ligne de médicaments
Malgré les dispositions mises en place pour sécuriser l'achat de médicaments sur Internet, il reste difficile d'identifier pour l'internaute les "bons" et les "mauvais" sites, c'est-à-dire les sites légaux et les sites illégaux de vente de médicaments. Voici cependant quelques points de repère. 

Les sites légaux mentionnent la pharmacie à laquelle ils sont rattachés. son adresse physique, ses horaires, et présentent en général le logo de l'Ordre National des Pharmaciens, ainsi que celui de l'ANSM. Depuis quelques mois, un "logo confiance" européen permet également d'identifier les sites légaux (voir notre article sur ce logo). 

A  l'inverse, voici des anomalies fréquemment constatées en se rendant sur des sites illégaux :
  • une absence des caractéristiques des sites légaux mentionnées ci-dessus
  • une présentation soignée pour gagner la confiance de l'internaute : dans la majorité des cas, les termes "pharmacie" ou "santé" apparaissent dans le nom du site, ainsi qu'une image d'un médecin en blouse blanche avec un stéthoscope ;
  • un discours persuasif et rassurant : certains sites illégaux n'hésitent pas à rassurer l'internaute en l'invitant à "demander au médecin ou au pharmacien pour justifier l'efficacité du médicament", en évoquant les dangers de la contrefaçon ou en proposant un questionnaire de santé afin de recueillir les renseignements personnels (consommation de tabac, troubles cardiovasculaires, allergies, prise d'autres traitements, pression artérielle). Le nom du véritable laboratoire fabricant, titulaire de l'AMM, est également régulièrement cité. Cependant, ces discours véhiculent souvent des informations fausses. Un site indique par exemple que "Acheter viagra sans ordonnance est maintenant possible en France" ;
  • jeu sur la corde sensible, le prix : la majorité des sites illégaux proposent des prix attractifs, et surtout des pilules gratuites, offertes. Plus le nombre acheté est important, plus le prix baisse : "Si vous commandez sur notre Pharmacie en Ligne, nous vous offrons des pilules en suppléments !". Il est possible d'acheter jusqu'à 360 comprimés de VIAGRA sur certains sites. Certains sites proposent même de rembourser l'internaute si le produit n'est pas efficace : "dans notre pharmacie au cas où il y aurait un quelconque problème avec votre commande ou que l'effet escompté n'est pas atteint, nous nous engageons à vous rembourser totalement" ;
  • D'autres indices, tels que les fautes d'orthographe ou les erreurs de syntaxe, doivent aussi éveiller les doutes des internautes.

Pour aller plus loin
OPERATION PANGEA VIII - Lutte contre les réseaux de vente illicite de médicaments sur internet - Communiqué, ANSM, 18 juin 2015


Sur Vidal.fr
113 millions de produits pharmaceutiques illicites ou contrefaits saisis en 10 jours en Afrique (septembre 2014)
Vente en ligne de médicaments : un logo "confiance" de la Commission européenne (juin 2014)
Vente en ligne de médicaments : les conditions précisées par un arrêté ministériel (26 juin 2013)

Sources : ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

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Vidal News du 2018-08-02

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