Choc anaphylactique : une campagne et des outils pour optimiser l'usage des stylos autoinjecteurs d’adrénaline

Par Stéphane KORSIA-MEFFRE -
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L’Association française pour la prévention de l’allergie (AFPRAL) souligne que le risque de choc anaphylactique, complication potentiellement gravissime de l'allergie, est encore sous-estimé en France. De même, l'association estime que les stylos autoinjecteurs d’adrénaline ne sont pas assez systématiquement utilisés en cas de choc (ou de suspicion). 

Afin d'améliorer la prise en charge de cette affection rare mais grave, l'AFPRAL lance une campagne de sensibilisation sur la conduite à tenir en cas de suspicion de choc et sur le bon usage des stylos autoinjecteurs d’adrénaline.

Cette campagne vise tous les publics éventuellement amenés à pratiquer cette injection, professionnels de santé ou non. Elle durera jusqu’à la rentrée scolaire.
Une campagne pour promouvoir le traitement d'urgence de l'anaphylaxie

Une campagne pour promouvoir le traitement d'urgence de l'anaphylaxie


Le choc anaphylactique, une complication potentiellement gravissime de l'allergie
Le choc anaphylactique est une complication aiguë de l'allergie, pouvant se manifester notamment par une urticaire géante, des œdèmes, destroubles du rythme cardiaque et une hypotension sévère, ce qui  peut mettre la vie de la personne allergique en danger immédiat.

Face à cette situation d'urgence absolue, l'injection intramusculaire d'adrénaline est le traitement symptomatique de référence, en attendant une prise en charge médicale plus complète.

250 à 300 chocs anaphylactiques par an en France, chiffre en augmentation
En France, en 2012, le Réseau d'Allergovigilance a identifié environ 250 cas de chocs anaphylactiques, dont 150 liés à une allergie alimentaire et une trentaine aux piqûres de guêpe ou d'abeille.

Avec plus de 2 millions de Français souffrant d'allergie alimentaire, le nombre de chocs anaphylactiques annuels est en augmentation en France : +19 % entre 2011 et 2013.

Chaque année, plusieurs décès sont liés à une prise en charge médicale trop tardive de cette complication allergique, souligne l'AFPRAL, pour qui le risque de choc anaphylactique est encore trop sous-estimé dans le monde médical.
 
L'injection d'adrénaline peut être effectuée par un proche, un aidant scolaire, etc.
L'association rappelle que l'utilisation par un tiers d'un stylo autoinjecteur d'adrénaline n'est plus considérée comme un acte médical depuis un avis donné par le Conseil national de l'Ordre des médecins le 30 août 2000, avis permettant l'injection par les proches ou le personnel scolaire : "Il nous apparaît évident, qu'à ces proches évoqués dans le protocole doivent être assimilés, dans le cadre d'une bonne compréhension et d'une bonne mise en pratique de la solidarité nationale, les personnels de la communauté éducative" (source : Integrascol, 2009).

Le Conseil d'Etat, en date du 22 janvier 2001, a également admis cette possibilité d'administration d'un produit actif en urgence en l'absence de médecin : "Le Code de la Santé publique interdit à toute personne de pratiquer des actes médicaux si elle n'est pas médecin ou si elle n'y a pas été spécialement habilitée par un règlement (article L 4111-1). Ne relève pas de cette interdiction la distribution des médicaments si elle correspond à l'aide à la prise d'un médicament prescrit apportée à une personne malade empêchée d'accomplir ce geste".

Ainsi, tout un chacun peut utiliser une stylo autoinjecteur d'adrénaline sans encourir le risque de se voir accusé de pratique illégale de la médecine.

Une campagne de promotion de l'injection d'adrénaline
Afin d'optimiser la prise en charge d'urgence du choc anaphylactique, l'AFPRAL lance une vaste campagne de sensibilisation à l'attention de toutes les personnes potentiellement amenées à devoir gérer cette complication en urgence : personnes allergiques, parents d'enfants allergiques, enseignants, infirmières et médecins scolaires, directeurs et personnels encadrants des établissements scolaires, responsables de cantine scolaire, pompiers, urgentistes, pharmaciens, etc.

L'AFPRAL a choisi de mener cette campagne durant l'été car c'est au cours de cette période que de nouveaux enseignants et personnels encadrants arrivent dans les établissements scolaires et que les enfants allergiques changent éventuellement d'établissement.

Un message simple : "en cas de doute, ne pas hésiter à injecter l'adrénaline"
Puisque tout le monde peut être amené à effectuer cette injection (l'auto-injection est à privilégier, mais en cas de perte de connaissance du patient, c'est l'entourage immédiat qui doit réagir), le message de l'AFPRAL est simple : chacun doit savoir manipuler un stylo autoinjecteur d'adrénaline et ne pas hésiter de s'en servir face à des signes évoquant un choc anaphylactique.

Voici 3 vidéos montrant comment utiliser les 3 stylos autoinjecteurs préremplis disponibles en France, ANAPEN, EPIPEN et JEXT (professionnels de santé, si vous voulez les montrer à vos patients allergiques à risques, 2 de ces 3 vidéos sont disponibles sur VIDAL.fr au téléchargement, cette fois-ci doublées en français, à partir des monographies de JEXT 150, JEXT 300, EPIPEN 0,15 et EPIPEN 0,30, en cliquant sur "Vidéo Mode de manipulation" dans la colonne de droite) :
 
  








1 200 trousses d'urgence pour 1 200 médecins scolaires
Pour améliorer la prise en charge d'urgence du choc anaphylactique, l'AFPRAL va distribuer une trousse d'urgence à chaque médecin scolaire. Dans cette trousse, des stylos autoinjecteurs d'entraînement (un pour chacun des 3 modèles disponibles), une notice d'utilisation, un guide sur la prise en charge de l'anaphylaxie et un plan d'action d'urgence type à intégrer dans les Programmes d'accueil personnalisé (PAI) des enfants concernés par l'allergie.
 
Un guide et un site d'information sur l'anaphylaxie
Pas ailleurs, l'AFPRAL édite un ouvrage de 28 pages ("Anaphylaxie, l'état d'urgence de l'allergique – Guide du bien-être avant et après un choc anaphylactique"), rédigé par Véronique Olivier de l'AFPRAL et le Dr Nhân Pham Thi, pneumopédiatre allergologue à l'hôpital Necker, Paris (cet ouvrage est disponible sur la boutique en ligne de l'AFPRAL).

Par ailleurs, un site de sensibilisation (urgence-anaphylaxie.com) a été mis en ligne pour répondre aux questions et aux idées reçues que se posent les personnes amenées à devoir gérer un choc anaphylactique en urgence : "Et si je pique pour rien ?", "Quand traiter l'urgence ?", "Où sont les risques ?", "Quel stylo pour quel patient ?", etc.

Ce site propose également des conseils qui pourront surprendre mais qui reflètent la situation actuelle en terme de prise en charge d'urgence de l'anaphylaxie. Un exemple : "Il se peut qu'un soignant vous demande d'attendre l'arrivée de l'équipe de secours. NE L'ÉCOUTEZ PAS. (…) Si vous sentez qu'il faut le faire, faites-le".
 
Par ailleurs, l'AFPRAL milite pour que, à la manière des défibrillateurs automatiques, des stylos autoinjecteurs d'adrénaline soient disponibles dans l'ensemble des lieux publics et, en particulier dans l'ensemble des lieux qui proposent des activités de restauration.
 
En savoir plus : 
Le communiqué de presse de l'AFPRAL
Le site de la campagne sur la prise en charge d'urgence de l'anaphylaxie
Le site du Réseau d'Allergovigilance

Sources : Association française de prévention des allergies

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Vidal News du 2017-11-16

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