NutriNet : "nous appelons les professionnels de santé et le grand public à s'inscrire" Serge Hercberg

Par Jean-philippe RIVIERE -
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L'étude NutriNet Santé a pour objectif de mettre en évidence de nouveaux déterminants de l'état nutritionnel et sanitaire des Français. Mais pour cela, il faut parvenir à réunir plusieurs centaines de milliers de citoyens, professionnels ou non.

Les explications de 
Serge Hercberg, Président du Programme National Nutrition Santé (PNNS) et Professeur de nutrition à la faculté de médecine de Paris 13. 

Retrouvez sur cette page de Vidal.fr les 6 vidéos issues de notre entretien avec Serge Hercberg.


VIDAL : Qu'est-ce que l'étude NutriNet Santé ?
Serge Hercberg : L'étude NutriNet Santé est une étude de cohorte : nous suivons une population avec pour objectif de mieux comprendre les relations entre l'alimentation, l'activité physique et la santé. Nous cherchons également à comprendre ce qui détermine les comportements alimentaires et l'état nutritionnel des populations. L'originalité de NutriNet Santé, c'est qu'elle est effectuée via Internet. Cela permettra d'avoir une cohorte avec à terme, comme nous l'espérons, 500 000 personnes et de pouvoir les suivre de façon extrêmement détaillée en prenant en considération, grâce à des questionnaires simples très faciles à remplir, énormément d'éléments qui nous permettront vraiment d'atteindre nos objectifs.
 

 
VIDAL : Quelle est la population visée par cette étude ?
Serge Hercberg : NutriNet a été lancé maintenant, il y a un peu plus de 5 ans, en 2009. Nous avons à ce jour plus de 267 000 inscrits, nous cherchons donc à en avoir 500 000. Nous souhaitons toucher toute la population adulte : pour des raisons médico-légales, la CNIL nous oblige à nous intéresser uniquement aux adultes. L'idée, avec l'utilisation d'Internet, est de trouver un vivier très large de population.
 
Mais est-ce que cela signifie que NutriNet est un outil digital destiné uniquement aux populations jeunes et branchés ? Pas du tout. Lorsque nous regardons les données chiffrées de Médiamétrie, nous nous rendons compte que plus de 80 % de la population a désormais accès à Internet. Environ un tiers des internautes appartiennent à des catégories socioprofessionnelles plutôt basses et plus de 25 % des internautes ont plus de 65 ans. Donc au total, Internet permet vraiment de toucher une très, très large population et d'ailleurs, nous nous en rendons bien compte dans notre étude puisque déjà, nous voyons que nous avons accès à des populations qui nous échappent traditionnellement quand nous utilisons les méthodes conventionnelles. Dans NutriNet aujourd'hui, nous avons plus de 7 % de chômeurs, d'allocataires d'aides sociales, c'est moins que la population générale mais c'est beaucoup plus que ce que l'on a d'habitude par la méthode conventionnelle.
 
VIDAL : Quelles sont les questions que vous posez aux personnes inscrites ?
Serge Hercberg : Nous leur proposons des séries de questionnaires simples, sur l'alimentation avec des enquêtes alimentaires répétées. Il y en a trois par an, donc trois journées qui sont tirées au sort. C'est extrêmement simple et convivial, avec des photos pour évaluer les tailles des portions, donc nous ne demandons pas aux gens de peser leurs aliments. Il y a aussi d'autres questionnaires sur l'activité physique, l'état de santé, les antécédents personnels et familiaux, l'histoire pondérale et beaucoup d'autres éléments. Nous avons un questionnaire de base à remplir, ce qui prend un peu plus de temps, puis, chaque mois, en quelques clics, pendant 15-20 minutes, l'internaute répond à différents questionnaires qui nous permettent à la fois de suivre la nutrition, de comprendre les facteurs qui déterminent les comportements alimentaires, l'état nutritionnel, et de suivre la santé.
 
L'objectif final est de pouvoir identifier des facteurs de risque ou de protection liés à la nutrition qui pourront jouer un rôle sur la santé, notamment sur la prévention des maladies chroniques. Cela permet aussi, et surtout, de réunir des éléments pour aider les politiques publiques à mieux orienter les actions et mesures qui seront mises en place.
 
VIDAL : En pratique, comment les internautes peuvent-ils s'inscrire à ‘NutriNet ?
Serge Hercberg : La réussite d'une étude comme NutriNet Santé repose sur la capacité de mobiliser des citoyens qui deviennent des acteurs de la recherche et dans le domaine de la nutrition. Nous ne pouvons pas travailler seulement sur des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes : il faut que l'on travaille sur des centaines de milliers de personnes. C'est pour cela qu'aujourd'hui dans le monde entier, les grandes équipes de nutrition visent à développer de grandes cohortes. Donc en France, avec NutriNet, nous espérons avoir 500 000 personnes, pour être à terme la plus grande cohorte nutritionnelle. Nous avons besoin de données françaises adaptées à la situation française.
 
Nous avons déjà 267 000 personnes inscrites, nous avons donc encore besoin à la fois de citoyens qui réalisent cet acte de solidarité en s'inscrivant (c'est très facile, c'est simple, ce sont quelques clics de chez soi ou de son travail), et puis nous avons besoin que les professionnels de santé, qui sont d'ailleurs très nombreux déjà à s'être inscrits dans NutriNet, s'inscrivent, diffusent l'information autour d'eux, de leurs proches et auprès de leurs patients. Ce que nous recherchons pours NutriNet, ce sont les sujets bien portants, mais aussi les patients, car ce qui nous intéresse, c'est la prévention primaire, secondaire et tertiaire.
 
Donc nous demandons à tous nos collègues de nous aider à recruter des volontaires pour pouvoir atteindre les objectifs de santé publique que nous nous sommes fixés, et nous demandons au grand public d'adhérer massivement à cette étude qui est entièrement publique, sans lien commercial, très facile à faire. Cela fera progresser les connaissances, débouchera sur les recommandations de demain et influera sur le contenu de nos assiettes.
 
Propos recueillis le 21 octobre 2014 à l'Unité de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (UREN) de l'Université Paris 13 (Hôpital Avicenne, Bobigny).

En savoir plus : 
Le site de NutriNet Santé

Sur VIDAL.fr : 
Etude (Inserm) : le suivi étroit des recommandations nutritionnelles du PNNS diminuerait le risque cardiovasculaire (novembre 2013)

Sources : VIDAL

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