Dépistage de l’infection du col de l'utérus par HPV : les tests urinaires sont-ils efficaces ?

- Date de publication : 18 septembre 2014
1
2
3
4
5
(aucun avis, cliquez pour noter)
vu par 35 lecteurs
Les infections du col de l'utérus par certains papilloma virus humains (HPV) touchent la plupart des femmes au cours de leur vie. Chez une partie de ces femmes, ces infections deviennent chroniques et peuvent, dans certains cas, évoluer vers un cancer du col de l’utérus. 

Les frottis cervico-vaginaux réguliers permettent la détection des éventuelles lésions pré-cancéreuses liées à ces infections chroniques, mais ils ne sont pas toujours aisés à mettre en œuvre.

Les tests urinaires de détection de l'ADN viral des HPV, même s'ils ne dépistent qu'une infection chronique et non une lésion pré-cancéreuse, pourraient représenter une alternative intéressante pour les femmes n'ayant pas accès aux frottis.  Mais ces tests urinaires actuellement disponibles sont-ils suffisamment fiables ? Oui, selon une méta-analyse parue le 16 septembre 2014 dans le BMJ.  
Cancer du col de l'utérus (illustration).

Cancer du col de l'utérus (illustration).


Analyse comparée de l'efficacité d'un test de détection d'ADN de l'HPV dans les urines et au niveau du col de l'utérus
Neha Pathak et ses collaborateurs, chercheurs à la Women's Health Research unit de l'Institut Blizard (Londres), ont étudié les résultats de 14 études effectuées auprès de 1 443 femmes. Ces femmes avaient effectué des tests urinaires de détection de l'ADN des HPV (par amplification en chaîne par polymérase, ou PCR), et avaient eu un frottis qui a permis aux chercheurs de réaliser, en parallèle du test urinaire, un test de recherche d'ADN d'HPV sur les cellules du col de l'utérus.

Parmi ces 14 études, 11 ont également porté sur la détection des HPV "à haut risques" (HPV les plus souvent impliqués dans la survenue de cancers), dont font partie les HPV 16 et 18.

Des résultats relativement fiables
L'analyse montre une "importante hétérogénéité entre les études", en particulier sur leur méthodologie de détection de l'ADN des HPV dans les urines.

Malgré cette hétérogénéité qui limite l'interprétation statistique, les auteurs ont pu cerner la pertinence des résultats des tests urinaires :
- Détection de n'importe quel HPV : la sensibilité du test urinaire (test urinaire positif chez les femmes infectées par HPV au niveau du col) est élevée, à  87 % (IC : 78-92 %). La spécificité (test urinaire négatif chez les femmes non infectées par HPV au niveau du col) est encore plus élevée, à 94 % (IC : 82-98 %).
- Détection des HPV "à hauts risques" : la sensibilité est plus faible, à 77 % (IC : 68-84 %), de même que la spécificité, qui reste néanmoins élevée (88 % ; IC = 58-97 %).
- Détection des HPV 16 et 18 (HPV "à haut risques" les plus fréquents) : la sensibilité est encore un peu plus faible (73 %, IC = 56-86 %), par contre la spécificité est très forte (98 %, IC = 91-100 %).

Les résultats montrent donc que ces tests urinaires sont relativement fiables. Lorsqu'ils donnent un résultat positif (détection d'ADN d'un HPV), la sensibilité est certes un peu faible, mais les auteurs soulignent qu'une femme ayant un test urinaire positif a tout de même 15 fois plus de risques d'être infectée qu'une femme ayant un test négatif. Il y a donc peu de risques de mettre en œuvre une surveillance et des examens inutiles si le test urinaire est positif.

Par ailleurs, les résultats positifs étaient plus précis lorsque le test était effectué sur les premières urines du matin (sensibilité améliorée de 20 %, p=0,004).

Quel impact pratique sur la prévention du cancer du col ?
Les auteurs estiment qu'au vu de ces bons résultats (grande précision du test s'il est négatif, relativement bonne précision s'il est positif), les tests urinaires de détection d'ADN d'HPV constituent une alternative "non invasive, facilement accessible et acceptable" à la réalisation régulière de frottis cervico-vaginaux. Néanmoins, il faudrait confirmer ces données avec d'autres études bénéficiant d'une standardisation des méthodes de recueil et d'analyse. 

En attendant cette éventuelle confirmation, les auteurs estiment qu'il faudrait d'ores et déjà envisager l'utilisation de ces tests pour élargir la couverture préventive auprès des femmes qui ne font pas de frottis (ce dernier restant la référence, d'autant qu'il détecte les lésions précancéreuses constituées et non l'infection chronique à HPV, qui ne se dégradera pas systématiquement en pré-cancer).

Cet auto-dépistage pourrait donc s'avérer particulièrement utile dans les pays en difficulté socio-économique, sans possibilité donnée à toutes les femmes d'accéder à un dépistage par frottis.

Dans les pays mieux lotis, cet auto-dépistage par test urinaire pourrait également être utile en étant proposé aux femmes qui sont réticentes à se faire faire régulièrement des frottis par un professionnel de santé.

En savoir plus :
Accuracy of urinary human papillomavirus testing for presence of cervical HPV: systematic review and meta-analysis, Pathak N et coll., BMJ, 16 septembre 2014

Sources : BMJ

* En cliquant sur "Ajouter un commentaire", vous confirmez être âgé(e) d'au moins 16 ans et avoir lu et accepté les règles et conditions d'utilisation de l'espace participatif "Commentaires" . Nous vous invitons à signaler tout effet indésirable susceptible d'être dû à un médicament en le déclarant en ligne.
Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne !
Presse - CGU - Données personnelles - Configuration des cookies - Mentions légales - Donnez votre avis sur vidal.fr - Contact webmaster