Benzodiazépines hypnotiques et apparentés : vers une baisse du taux de remboursement ?

Par DAVID PAITRAUD -
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La Commission de la transparence de la Haute Autorité de Santé (HAS) préconise d'abaisser le taux de remboursement des benzodiazépines hypnotiques et produits apparentés à 15 %, ayant conclu à "un intérêt thérapeutique limité de ces médicaments" dans l'indication "troubles sévères du sommeil à court terme".

Le recours à ces médicaments reste recommandé en seconde intention, après échec des thérapies non médicamenteuses, et pour une durée courte. Cet avis s'inscrit dans la continuité des actions menées depuis 2012 pour contrer la surconsommation et le mésusage des médicaments hypnotiques.


Une consommation d'hypnotiques souvent trop prolongée
La HAS (Haute Autorité de santé), rejoignant de constat récent de l'ANSM, souligne qu'en France, la consommation des benzodiazépines hypnotiques s'étend trop souvent sur plusieurs mois, alors que la durée de prescription de ces médicaments est limitée à 4 semaines :"or, au-delà de 28 jours, l'efficacité est incertaine, les risques d'effets délétères augmentent (somnolence diurne, troubles de la mémoire, chutes, accidents,…) ainsi que celui de dépendance". La baisse du taux de remboursement associée aux autres mesures, notamment aux mesures d'information à l'attention des professionnels de santé et des usagers, apparaît comme un levier supplémentaire pour lutter contre la consommation chronique de ces médicaments. 

Abaissement du SMR, conseils de prescription et préconisation d'une baisse du remboursement
La Commission de la Transparence a  donc revu à la baisse le SMR (service médical rendu) des benzodiazépines hypnotiques et produits apparentés (estazolam, loprazolam, lormétazépam, nitrazépam, témazépam, zolpidem, zopiclone) indiqués dans les troubles sévères du sommeil avec insomnie. Elle recommande une prescription à la plus faible dose et pour la plus courte période possible, en seconde intention après échec des thérapies cognitivo-comportementales.

cette recommandation aux prescripteurs couplée à la préconisation d'une baisse du remboursement (actuellement à 65 %), devrait limiter les risques de mésusage.

Priviliégier l'utilisation des thérapies non médicamenteuses
Pour la HAS, les alternatives thérapeutiques non médicamenteuses doivent être privilégiées dans la prise en charge de l'insomnie. Devant toute insomnie autre qu'occasionnelle, la HAS recommande de promouvoir les règles d'hygiène du sommeil et, en cas de nécessité, de recourir aux thérapies cognitivo-comportementales en première intention. La prescription d'hypnotiques devrait être envisagée seulement en cas d'échec et pour une courte période.
 
Et vous qui devez gérer au quotidien le contexte, les demandes, interrogations et prescriptions de ces médicaments, qu'en pensez-vous ? 
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Hypnotiques et apparentés : "Pour" ou "Contre" la baisse du remboursement ?


Pour aller plus loin :
Benzodiazépines hypnotiques au long cours : un intérêt thérapeutique limité (HAS, 24 juillet 2014)
Troubles du sommeil : stop à la prescription systèmatique de somnifères chez les personnes âgées (HAS, septembre 2012)
Modalités d'arrêt des benzodiazépines et médicaments apparentés chez le patient âgé (HAS, octobre 2007)

Sur www.vidal.fr
Benzodiazépines et substances apparentées : hausse de la consommation en 2012 (8 janvier 2014)

Sources : HAS (Haute Autorité de Santé)

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Vidal News du 2017-07-20

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