Selon une étude, les stéthoscopes des médecins regorgent de bactéries

- Date de publication : 04 mars 2014
1
2
3
4
5
(aucun avis, cliquez pour noter)
vu par 22 lecteurs
Une étude récente met en lumière le rôle potentiel des stéthoscopes dans la transmission entre patients de staphylocoques et autres micro-organismes infectieux. Pourtant la désinfection du stéthoscope entre deux consultations, par exemple avec du gel hydro-alcoolique, reste trop rare. 

Cette étude joueara-t-elle un rôle de sensibilisation des soignants, comme d'autres l'avaient fait sur l'importance du lavage régulier des mains ?
Les stéthoscopes, vecteurs de germes infectieux

Les stéthoscopes, vecteurs de germes infectieux

La lutte contre les infections nosocomiales (celles qui sont acquises lors d'une visite médicale ou d'un séjour à l'hôpital) est une préoccupation constante des professionnels de santé. Comment empêcher que des bactéries, des virus ou des parasites ne passent de patient en patient, dans une population de personnes rendues vulnérables par la maladie ?
 
De nombreuses études ont montré que les micro-organismes infectieux peuvent se transmettre par le biais des mains du personnel soignant. Pour cette raison, les médecins et les infirmières se lavent soigneusement les mains entre deux patients. Mais qu'en est-il du rôle du petit matériel médical (stéthoscopes, thermomètres, etc.) dans cette transmission ?
 
Une étude récente, menée à l'Hôpital Universitaire de Genève et publiée dans la revue Mayo Clinic proceedings, a essayé d'évaluer le possible rôle des stéthoscopes dans la transmission de diverses bactéries, dont le redoutable SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline) qui est parfois responsable de septicémies.

Cette étude a porté sur 83 patients qui ont été examinés et auscultés avec un stéthoscope stérile, par un médecin équipé de gants stériles ou dont les mains avaient été désinfectées au préalable. Après la visite, des prélèvements ont été effectués sur diverses zones de la main dominante du médecin, ainsi que sur la membrane et le tube du stéthoscope. Les prélèvements ont été ensuite mis en culture et le nombre de colonies de bactéries compté.

Auscultation
 
Les résultats de cette étude confirment le rôle des mains du médecin comme vecteur potentiel de transmission des micro-organismes, en particulier le bout des doigts et l'éminence thénar (le "mont de Vénus" à la base du pouce). De plus, cette étude montre clairement que la membrane du stéthoscope, mais également son tube, sont tout autant contaminés que la main du médecin après une visite, en particulier par les SARM. Des milliers de bactéries ont été récoltées après une seule consultation. Curieusement, le nombre de bactéries prélevées variait fortement selon le patient examiné, sans que l'on puisse expliquer cette variation.
 
Les résultats de cette étude sont à mettre en regard de ce que l'on sait des habitudes de désinfection des stéthoscopes : en moyenne, ceux-ci ne sont désinfectés qu'une fois par mois (70 à 90 % des médecins ne les désinfectent pas entre les patients). De plus, il n'existe aucun consensus sur la manière de correctement désinfecter un stéthoscope ! Les auteurs de l'étude suisse appellent à la vigilance et à la mise en place de protocoles de désinfection consensuels.
 
L'intérêt de cette étude est de montrer que le petit matériel médical peut être source de contamination par des micro-organismes potentiellement dangereux. D'autres études seront nécessaires pour évaluer le rôle des autres types de matériel, y compris les sondes des échographes portatifs qui viendront un jour compléter l'apport du stéthoscope, voire le remplaceront dans certains cas.
 
En savoir plus : Longtin Y et al. Contamination of stethoscopes and physicians' hands after a physical examination. Mayo Clin Proc. 2014 Mar ; 89(3) : 291-9.

Sources : Mayo Clinic

* En cliquant sur "Ajouter un commentaire", vous confirmez être âgé(e) d'au moins 16 ans et avoir lu et accepté les règles et conditions d'utilisation de l'espace participatif "Commentaires" . Nous vous invitons à signaler tout effet indésirable susceptible d'être dû à un médicament en le déclarant en ligne.
Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne !
Presse - CGU - Données personnelles - Configuration des cookies - Mentions légales - Donnez votre avis sur vidal.fr - Contact webmaster