Le chikungunya est une infection due à un alphavirus transmis par la piqûre d'un moustique du genre Aedes, qui piquent habituellement le jour. Ces moustiques vivent en milieu urbain et se reproduisent dans les points d'eau stagnante autour des habitations (décharges, flaques permanentes, coupelles d'eau sous les plantes, sanitaires inutilisés, etc.).
Où attrape-t-on le chikungunya ?

Le chikungunya sévit dans les pays tropicaux : en Afrique, dans les îles de l’océan Indien et d’Océanie, en Inde et en Asie du Sud-Est.
En 2005, la Réunion, l'île Maurice et les Comores ont connu une importante épidémie de chikungunya.
Depuis 2013, le virus circule dans les Caraïbes et en Guyane et s’est propagé en Amérique centrale et en Amérique du Sud. En 2016, les pays d’Amérique ayant notifié le plus de cas ont été le Brésil, la Bolivie et la Colombie. La transmission du chikungunya a également été signalée en Argentine en 2016.
Après une épidémie de très grande ampleur en 2005-2006 (244 000 cas responsables de 203 décès), La Réunion est, depuis début 2025, de nouveau concernée par une épidémie : au 21 mai 2025, près de 51 000 cas de chikungunya autochtones ont été biologiquement confirmés, 12 décès ont été rapportés et 38 autres décès sont en cours d’investigation.
Le chikungunya a également fait son apparition en Europe en raison de la présence du moustique tigre (du genre Aedes) dans la zone. Plusieurs centaines de personnes ont été touchées par la maladie en Italie en 2007. Durant l'été 2025, la France a connu environ 750 cas de chikungunya autochtone, essentiellement dans le sud. Les foyers les plus importants ont été identifiés à Antibes, Fréjus, Vitrolles et Bergerac.
Quand attrape-t-on le chikungunya ?
Le chikungunya sévit toute l'année dans les pays tropicaux, seulement l'été dans les régions tempérées.
Quels sont les symptômes du chikungunya ?
On observe habituellement de la fièvre, d’apparition brutale, et des douleurs articulaires, parfois très invalidantes, touchant principalement les poignets, chevilles et phalanges. Les autres symptômes sont des maux de tête, une éruption cutanée, des douleurs musculaires, de la fatigue.
Le chikungunya peut aussi passer inaperçu.
L’importante épidémie de chikungunya dans l’océan Indien en 2005 a montré que la maladie peut se compliquer de méningo-encéphalites et entraîner le décès de personnes fragiles (nourrissons, personnes âgées, sujets immunodéprimés).
Chez la femme enceinte, le risque de transmission du chikungunya au fœtus est rare avant la 22e semaine de grossesse, mais peut entraîner un décès du fœtus. La transmission au fœtus est plus fréquente lorsque la maladie survient à l'approche du terme, avec des formes sévères chez le nouveau-né.
Comment soigne-t-on le chikungunya ?
Il n’existe pas de traitement spécifique. Le traitement du chikungunya est celui des symptômes (antalgiques, anti-inflammatoires).
La convalescence peut durer plusieurs semaines et les douleurs articulaires peuvent devenir chroniques.
Comment prévenir le chikungunya ?
La prévention du chikungunya repose sur l’application rigoureuse des mesures de protection contre les piqûres de moustiques.
Une première infection offre une immunité protectrice et durable.
Deux vaccins contre le chikungunya ont obtenu une autorisation de mise sur le marché européenne :
- le premier (IXCHIQ) est un vaccin vivant atténué, utilisé en réponse à l’épidémie qui a sévi à La Réunion au printemps 2025 (plus de 51 000 cas biologiquement confirmés). Des effets indésirables graves ont été observés chez des personnes âgées de plus de 65 ans présentant des facteurs de risque liés à d’autres maladies chroniques, il est donc contre-indiqué dans cette classe d’âge. Il reste un outil de prévention à envisager pour les personnes de moins de 65 ans avec d’autres maladies voyageant à destination d’une zone épidémique ou s’expatriant dans une zone de circulation récente du virus du chikungunya.
- le second vaccin (VIMKUNYA), qui devrait rapidement être disponible France, est un vaccin non vivant ayant montré un bon profil de tolérance dans les études cliniques. L’absence de données complémentaires d’efficacité et de sécurité, notamment chez les personnes les plus vulnérables face au virus (adultes de 65 ans et plus, femmes enceintes, nouveau-nés) a amené la Haute Autorité de santé (HAS) à ne pas se prononcer sur son usage. Néanmoins, le Haut Conseil de la santé publique le recommande pour les voyageurs de moins de 65 ans avec d’autres maladies se rendant dans les zones de circulation du virus, et il est à envisager chez les personnes de moins de 65 ans sans maladie chronique et chez les personnes de plus de 65 ans voyageant dans ces zones.
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