Le diagnostic de la maladie de Lyme

Mis à jour : Lundi 16 juillet 2018

La maladie de Lyme est parfois difficile à diagnostiquer : les piqûres de tiques ne sont pas toujours visibles et les symptômes s’apparentent à ceux d’autres maladies telles que la grippe.

Comment diagnostique-t-on la maladie de Lyme ?

La plupart des experts s’accordent pour reconnaître que la controverse qui, depuis quelques années, agite la France autour de la maladie de Lyme trouve sa source principale dans la difficulté à mettre en évidence une infection par Borrelia.

Aujourd’hui, le diagnostic est soit clinique (au début de la maladie, avec présence de rougeurs de la peau), soit sérologique (examen du sérum sanguin) : en l’absence de rougeurs, un test sanguin dit « ELISA » est demandé, pour rechercher des anticorps dirigés contre Borrelia. Si ce test sérologique est positif, il est confirmé par un autre test sanguin qui détecte les anticorps de manière plus spécifique, dit « Western blot ». Les techniques de mise en évidence directe de Borrelia sont insuffisamment sensibles (elles sont positives dans 10 % des cas dans le sang, et dans 20 % des cas dans les urines).

Le test ELISA n’est pas adapté au diagnostic de la maladie de Lyme au cours des huit premières semaines de l’infection (temps nécessaire à la sécrétion d’anticorps spécifiques par le système immunitaire) ou après un traitement antibiotique précoce (qui élimine la bactérie avant la réponse immunitaire).

Dans certains pays, dont l’Allemagne, d’autres tests diagnostiques existent, par exemple, les tests d’activation lymphocytaire ou le dosage des lymphocytes NK CD57. Ces tests ne sont pas considérés comme valides dans les recommandations françaises de prise en charge de la maladie de Lyme.

La controverse autour du diagnostic de la maladie de Lyme
Dans les débats qui opposent, d’un côté, les associations de patients et la Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques (FFMVT, sous la houlette du Pr Christian Perronne, chef de service en infectiologie à l’hôpital de Garches), et de l’autre la Société de pathologie infectieuse en langue française (SPILF), la question de la fiabilité du test ELISA est centrale. Les premiers s’appuient sur des études montrant une sensibilité du test ELISA de l’ordre de 30 à 50 %, les seconds sur un travail mené par l’European Center for Disease Control qui l’établit à 90 % pour les formes secondaires et tertiaires.
Pour cette raison, les associations de patients et la FFMVT demandent la possibilité de prescrire un Western blot sans passer par le test ELISA, comme c’est actuellement le cas dans certains pays étrangers (en France, prescrire directement un Western blot est interdit par un arrêté ministériel).
Parce qu’ils estiment que les méthodes de diagnostic validées en France sont inadaptées, de nombreux patients qui craignent de souffrir d’une maladie de Lyme dans sa forme secondaire ou tertiaire vont en Allemagne pour bénéficier des tests disponibles dans ce pays.
Déjà, en 2014, le Haut conseil de la santé publique (HCSP), dans son rapport sur la maladie de Lyme, mettait en avant les insuffisances des tests diagnostiques et demandait un plan visant à la standardisation des techniques de diagnostic et un contrôle de la qualité des prestations des laboratoires d’analyses en la matière. Le HCSP demandait également que soit mis en place un programme de recherches spécifiquement destiné à identifier de meilleurs outils diagnostiques pour la borréliose de Lyme.
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