La prévention du paludisme selon les pays

Mis à jour : Mardi 04 Octobre 2022

Le risque de transmission du paludisme selon les pays

Chaque année, des experts se réunissent pour évaluer le risque paludéen et donner des consignes en termes de chimioprophylaxie. Ces conseils sont présentés dans un tableau détaillé dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire destiné aux professionnels de santé et accessible sur le site www.invs.sante.fr/beh.

    On distingue :
  • les pays sans risque de paludisme : les pays situés en dehors des zones tropicales et subtropicales sont habituellement exempts de risque de paludisme. Une chimioprophylaxie n’est pas nécessaire pour ces pays. Néanmoins, dans les pays considérés comme exempts de paludisme depuis moins de 3 mois, une protection personnelle contre les piqûres de moustiques est recommandée.
  • Les pays à risque de transmission du paludisme. Les notions de forte ou faible transmission, ainsi que les notions de risque faible ou élevé pour le voyageur sont basées sur les rapports de l’OMS. Elles sont toujours susceptibles d’évoluer dans le temps.
    Le risque de transmission par pays prend en compte :
  • une transmission localisée (à certaines zones d’un pays),
  • une transmission saisonnière (durant certaines périodes de l’année),
  • une transmission irrégulière.

Le pourcentage d’infection à Plasmodium falciparum ou à Plasmodium vivax dans le pays est également précisé.

Les médicaments antipaludiques recommandés

Pour un voyage dans une zone à risque de paludisme, le médecin dispose pour la chimioprophylaxie des substances suivantes : : l’association atovaquone-proguanil, la doxycycline ou la méfloquine. Ce sont désormais les principaux antipaludiques. Ils ont une efficacité comparable. Le choix dépend essentiellement l’âge des voyageurs, de leur état de santé (grossesse, maladie chronique…), des traitements associés, des modalités de prise et de la tolérance (parfois mauvaise avec la méfloquine).

  • Le traitement à base de doxycycline est à prendre au cours du dîner au moins une heure avant le coucher. Il doit commencer la veille du départ et se poursuivre quatre semaines après le retour. Il est contre-indiqué chez les femmes enceintes et les enfants de moins de huit ans.
  • L’association d’atovaquone-proguanil est à prendre au cours des repas. Il est à commencer 24 à 48 h avant le départ et à poursuivre une semaine après le retour de la zone à risque.
  • Le traitement à base de méfloquine doit commencer huit à dix jours avant le départ et se poursuivre trois semaines après le retour. Néanmoins, certaines personnes supportent mal cette substance qui peut provoquer des troubles digestifs, des vertiges et surtout, bien que cela soit rare, des troubles psychiques. Avoir ou avoir eu des problèmes psychiatriques ou de dépression sévère ou des convulsions représente d’ailleurs une contre-indication à l’emploi de la méfloquine.

Après des années d’utilisation, les souches de Plasmodium ont acquis une résistance à la chloroquine dans la majorité des pays où sévit le paludisme. De plus, son usage est contre-indiqué chez les femmes enceintes et chez celles qui allaitent. Pour ces raisons, la chloroquine n'est plus recommandée dans la prévention du paludisme et sera retirée des pharmacies à la fin de 2022. De même, l'association chloroquine-proguanil n'est plus recommandée.

Aux États-Unis et en Australie, il existe un autre médicament, la tafénoquine, qui est prescrit dans la prévention du paludisme en prise hebdomadaire (une fois par semaine). Ce médicament n'est pas encore disponible en Europe.

Attention ! Depuis quelques années, des compléments alimentaires ou des produits de phytothérapie à base d'extraits d'Artemisia annua sont vantés sur internet pour leur supposée capacité à prévenir, voire soigner, le paludisme. Ces produits profitent d'une confusion : Artemisia annua contient de l'artémisine, une substance qui sert de base à la synthèse de composés prévenant effectivement le paludisme, mais qui sont systématiquement utilisés en association avec une autre substance contre le paludisme. Mais ni l'efficacité, ni l'innocuité des compléments alimentaires à base d'Artemisia n'ont été démontrées dans des essais cliniques. Seuls certains dérivés synthétiques de l'artémisine sont efficaces. Prendre des compléments alimentaires à base d'Artemisia annua revient à ne PAS se protéger contre le paludisme. Des cas de paludisme ont été signalés chez des personnes qui avaient fait confiance à Artemisia annua pour se protéger.

L'OMS a clairement signifié que l'utilisation d'artémisine non transformée doit être évitée et les produits en contenant sont, de fait, interdits à la vente en France.

Liste des médicaments mise à jour : Jeudi 15 Décembre 2022
Antipaludiques : cyclines
Antipaludiques : méfloquine
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