Procrastination

Mise à jour : 17 Février 2016

La maladie

Physiopathologie
Le « biais du présent » caractérise le fait, pour le patient, d'être bien souvent incapable de comprendre que ce qu'il veut à long terme et ce qu'il veut maintenant, tout de suite, est différent. Bien que rationnel et responsable en ce qui concerne ses intentions et engagements à l'égard d'autrui, il ne l'est pas à son propre égard : c'est le fossé intention-action (Intention-Action Gap). La procrastine, neuromédiateur ubiquitaire libéré de manière pulsatile ou compulsive par le PRF hypothalamique, en est un marqueur.
Génétique
Ce trouble de l'exécution (Goal Management Failure) est en partie génétiquement défini.
Épidémiologie
Les sondages organisés à l'occasion de la journée annuelle du 25 mars consacrée à la procrastination sont concordants : environ 20 % de la population adulte et 50 % de la population jeune en cours de scolarité s'autodiagnostiquent procrastinateurs sévères et chroniques. Les pourcentages incluant les patients en état de déni sont certainement beaucoup plus élevés.AE
Complications
La procrastination sévère (stade IV) est facteur d'anxiété, de mauvaise performance scolaire ou professionnelle, de mauvaise qualité de vie, voire de dépression majeure.Grade A L'entourage peut également souffrir de troubles de l'humeur, allant d'une tension à une bouffée d'ire avec agressivité pouvant conduire à l'hospitalisation (du sujet atteint de procrastination, généralement).

Diagnostic

La procrastination est une tendance à remettre systématiquement à plus tard une ou des action(s) qui s'impose(nt) au patient.
Ne figurant pas au DSM-5, elle n'est pas considérée comme une pathologie aux Étas-Unis, mais est référencée, en France, parmi les troubles du comportement.
La procrastination peut être douloureusement ressentie par le patient, créant anxiété, dépression. Comme un comportement addictif, elle peut avoir des conséquences sociétales graves.Grade A À ce titre, elle mérite de figurer dans VIDAL Recos.
Le dosage de la procrastine ou du PRF (Procrastin Releasing Factor) permet de confirmer le diagnostic en cas de doute (valeur seuil > 5 ng/ml).
La classification, basée sur le temps de résistance à l'exécution de la tâche, évalue la sévérité de la procrastination (voir plus loin Évaluation) :
Un stade I de procrastination apporte une protection humorale, tenant le patient à l'abri des pressions sociales ou familiales excessives.
Un stade II de procrastination doit alerter sur un risque de passage à la chronicité.
Un stade III à IV correspond à une procrastination effective, voire sévère.

Quels patients traiter ?

Tout patient se déclarant (ou étant déclaré) souffrir de procrastination doit bénéficier d'une prise en charge adaptée.
L'entourage d'un patient en procrastination stade IV doit bénéficier d'une aide et d'un soutien.Grade A

Objectifs de la prise en charge

Amélioration des symptômes.
Prévention des complications familiales et psychosociales.

Prise en charge

Prise en charge
Procrastination
Procrastination
1
Diagnostic
Éliminer les diagnostics différentiels :
Paresse : le procrastinateur est en effet capable d'une frénésie d'activités (courses, grand ménage de printemps, travaux de peinture, prise en charge de grands-parents, maintenance informatique, etc.), tant que ces actions n'ont aucun rapport avec la tâche problématique.
Oblomovisme (in Gontcharov) : le syndrome d'horreur de la prise de décision est alors associé à une apathie globale (léthargie, inertie, rêverie inactive).
Le questionnaire PASS (Procrastination Assessment Test) est parfois utilisé, ou l'un des tests OO7 ou Game Over décrits dans la rubrique Évaluation (voir plus loin).
Le dosage de la procrastine est utile : un seuil > 5 ng/ml confirme le diagnostic en cas de doute.
2
Stades de procrastination
Un stade I définit la présence d'une protection humorale contre les pressions familiales ou sociales.
Une procrastination stade II à III peut être assumée, voire revendiquée. Des cas sont décrits dans la littérature : cas Proust (« Cette habitude, vieille de tant d'années, de l'ajournement perpétuel », in À la recherche du temps perdu, tome 6, La Prisonnière), ou cas Colette (« Je remercie à présent chacun des contretemps qui m'empêchèrent d'approfondir ma connaissance de la forêt rambolitaine : la paresse, l'âge, le penchant à procrastiner », in Pays connu).
3
Comorbidités psychiatriques
Ces comorbidités doivent être dépistées car elles imposent le recours à un avis médical, voire psychiatriqueGrade B :
phobie, en particulier administrative ou « syndrome de Tévenou » (vraisemblablement la conséquence sociale grave d'une procrastination) ;
dépression ;
TDAH (trouble déficit de l'attention/hyperactivité) : facteur de risque du fait d'une faible capacité à filtrer les stimuli distrayants.
4
Facteurs aggravants
Une automédication par des CE Drugs (Cognitive Enhancement Drugs) : psychostimulants (enflétamines, nifénidate, saranmobil, etc.), antidémentiels (mémépatine, papiram, volézépil), antidépresseurs (cédlabonecam, tépacrétine, éclertamine) peut compliquer une procrastination et justifier un avis spécialisé.
La recherche de prise d'alcool ou de substances récréatives est impérative.
1
Diagnostic
Éliminer les diagnostics différentiels :
Paresse : le procrastinateur est en effet capable d'une frénésie d'activités (courses, grand ménage de printemps, travaux de peinture, prise en charge de grands-parents, maintenance informatique, etc.), tant que ces actions n'ont aucun rapport avec la tâche problématique.
Oblomovisme (in Gontcharov) : le syndrome d'horreur de la prise de décision est alors associé à une apathie globale (léthargie, inertie, rêverie inactive).
Le questionnaire PASS (Procrastination Assessment Test) est parfois utilisé, ou l'un des tests OO7 ou Game Over décrits dans la rubrique Évaluation (voir plus loin).
Le dosage de la procrastine est utile : un seuil > 5 ng/ml confirme le diagnostic en cas de doute.
2
Stades de procrastination
Un stade I définit la présence d'une protection humorale contre les pressions familiales ou sociales.
Une procrastination stade II à III peut être assumée, voire revendiquée. Des cas sont décrits dans la littérature : cas Proust (« Cette habitude, vieille de tant d'années, de l'ajournement perpétuel », in À la recherche du temps perdu, tome 6, La Prisonnière), ou cas Colette (« Je remercie à présent chacun des contretemps qui m'empêchèrent d'approfondir ma connaissance de la forêt rambolitaine : la paresse, l'âge, le penchant à procrastiner », in Pays connu).
3
Comorbidités psychiatriques
Ces comorbidités doivent être dépistées car elles imposent le recours à un avis médical, voire psychiatriqueGrade B :
phobie, en particulier administrative ou « syndrome de Tévenou » (vraisemblablement la conséquence sociale grave d'une procrastination) ;
dépression ;
TDAH (trouble déficit de l'attention/hyperactivité) : facteur de risque du fait d'une faible capacité à filtrer les stimuli distrayants.
4
Facteurs aggravants
Une automédication par des CE Drugs (Cognitive Enhancement Drugs) : psychostimulants (enflétamines, nifénidate, saranmobil, etc.), antidémentiels (mémépatine, papiram, volézépil), antidépresseurs (cédlabonecam, tépacrétine, éclertamine) peut compliquer une procrastination et justifier un avis spécialisé.
La recherche de prise d'alcool ou de substances récréatives est impérative.
Cas particuliers
Procrastination du coucher (Bedtime Procrastination)
C'est une anomalie du comportement aussi fréquente chez l'adulte que chez l'enfant. Comme beaucoup d'autres formes de procrastination, elle serait liée à un mauvais contrôle de son comportement propre.
Elle consiste à retarder l'heure du coucher sans raison. Elle s'associe à une insuffisance de sommeil.
Elle doit être distinguée, chez les vieux couples, de la phobie de l'acte sexuel en cas de coucher trop précoce.
Procrastination scolaire et universitaire (Academic Procrastination)
La procrastination scolaire se prolonge souvent en procrastination de l'universitaire, ou phobie de la page blanche.
La procrastination au cours des cursus scolaires et universitaires gêne les performances d'apprentissage et nuit à la santé. Elle est cause d'anxiété également chez les parents, qu'elle peut conduire à des troubles du comportement à type d'agressivité et/ou de dépression.
Procrastination chez la femme en âge de procréer/grossesse
Chez la femme en âge de procréer, un retard de règles > 7 jours (avec une procrastination diagnostiquée stade IV) nécessite tout de même la réalisation d'un test de grossesse.
Chez la femme enceinte, une procrastination stade IV peut se manifester par un dépassement du terme nécessitant un déclenchement du travail ou une césarienne.
Procrastination et exonération
La procrastination peut être à l'origine d'une constipation opiniâtre, voire d'une impaction.
Procrastination chez le sujet âgé
Certaines études relieraient l'allongement de la durée de vie à l'augmentation de la prévalence des procrastinateurs stades III et IV. Le décès serait en effet toujours remis au lendemain. La procrastination serait un facteur d'immortalité.AE
Une recherche de troubles du comportement chez les signataires de ventes en viager est à envisager.
Procrastination médicale
Elle consiste en la remise au lendemain de la lecture de VIDAL Recos, qui serait pourtant bien utile le jour même (au mieux durant la consultation).Grade A
Évaluation
Le test 007 est proposé : le DVD du dernier James Bond ou Star Wars est posé sur la table du salon, à côté de celui de L'île nue de Kaneto Shindô (ou tout autre chef-d'œuvre que le patient aura annoncé vouloir voir à tout prix depuis des années). Si le patient choisit l'un des deux premiers, il est à risque de procrastination.
Le test Game Over consiste à laisser seul le patient avec une déclaration de revenus à remplir et un ordinateur équipé d'une connexion wifi et de jeux. Ce test peut être effectué avec un sujet pédiatrique en remplaçant la déclaration par un devoir scolaire (de mathématiques, de préférence). Le test est à interpréter de la façon suivante :
Test négatif : exécution de la tâche imposée (déclaration de revenus ou devoir scolaire) avant la fin de la 1re heure. Réponse excessive à une stimulation proche de l'hypersensibilité : orienter le patient vers un allergologue.
Stade I : exécution de la tâche après une période comprise entre 1 et 3 heures. protection humorale efficace probable contre le stress environnemental.
Stade II : exécution de la tâche après une période comprise entre 3 et 8 heures. Patient à risque de procrastination.
Stade III : exécution de la tâche après une période comprise entre 8 heures et 7 jours. Procrastination effective du sujet : une prise en charge est conseillée pour le patient.
Stade IV : exécution de la tâche après une période comprise entre 7 jours et le dépassement de la date limite de retour du document. Procrastination sévère : prise en charge recommandée pour le patient et son entourage.

Les Auteurs