La vaccination en pratique

Mis à jour : Jeudi 21 avril 2022

SOMMAIRE Patient

Tous les pays ont un programme national de vaccination contre les principales maladies infectieuses. Ces programmes ont permis de faire baisser considérablement le taux de mortalité infantile à travers le monde.

Le principe de la vaccination

Depuis la première vaccination (contre la variole, au XVIIIe siècle), tous les vaccins fonctionnent sur le même principe. On introduit dans l’organisme des micro-organismes (virus ou bactéries) tués ou affaiblis (ou des fragments de ces micro-organismes). Ceux-ci vont conduire le système immunitaire à fabriquer des anticorps et à garder la mémoire de ce premier contact. Par la suite, en cas d'infection par ces micro-organismes, le système immunitaire réagira plus rapidement contre l’infection et neutralisera les agents infectieux avant l’apparition de symptômes. Pour la majorité des vaccins, la première vaccination doit être suivie de rappels pour que le corps maintienne des taux d'anticorps suffisants. Les vaccins subissent des tests rigoureux avant leur commercialisation pour s’assurer de leur efficacité et de leur innocuité. Certains vaccins peuvent provoquer des effets indésirables, mais ils sont généralement bénins : essentiellement fièvre modérée et rougeurs, inflammation et douleur au point d’injection. Il est essentiel de garder à l’esprit que les risques associés aux vaccins sont très inférieurs aux risques liés aux maladies qu’ils préviennent.

L’importance de la vaccination

vaccination

L'intérêt de la vaccination est majeur pour trois maladies : diphtérie, tétanos et poliomyélite. D'autres vaccins sont indispensables pour faire régresser, voire disparaître, certaines maladies contagieuses : vaccins contre la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l’hépatite B, les infections à Hæmophilus influenzae type b (Hib) et les infections invasives à pneumocoques. Grâce aux campagnes de vaccination, certaines de ces maladies ont presque disparu dans les pays industrialisés, au point que certains remettent en cause l’utilité de la vaccination contre celles-ci. Pourtant, ces maladies restent encore répandues dans d’autres pays. Avec l’essor du tourisme international, l’arrêt des vaccinations pourrait entraîner une recrudescence de ces maladies dans notre pays. Il est donc important de continuer à vacciner les enfants pour préserver leur santé et pour contribuer à l’éradication de ces maladies dans le monde. Les adultes doivent avoir un programme de vaccination adapté à leur situation (âge, voyages, maladies chroniques, etc.), sans négliger les rappels.

Les vaccins obligatoires pour les enfants depuis 2018

Un élargissement de l’obligation vaccinale à 11 vaccins a été voté par l’Assemblée nationale en octobre 2017 pour les enfants. Les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’Haemophilus influenzae b, l’hépatite B, le méningocoque C, le pneumocoque, la rougeole, les oreillons et la rubéole sont désormais obligatoires avant l’âge de 2 ans pour les nourrissons nés après le 1er janvier 2018. Avec les vaccins actuellement commercialisés, cela représente 10 injections réparties sur 2 ans.

Pour les enfants nés avant le 1er janvier 2018, il y a 3 vaccins obligatoires (vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite) et 8 vaccins recommandés (vaccins contre la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, les infections invasives à haemophilus influenzae b, l'hépatite B, le pneumocoque et le méningocoque C).

Un certificat de vaccination est demandé lors de l'inscription dans une collectivité (crèche, école par exemple) : les pages « Vaccinations » du carnet de santé ont valeur de certificat.

Pour les enfants de plus de 12 mois résidant en Guyane française, la vaccination contre la fièvre jaune est également obligatoire.

Les contre-indications des vaccins

Les personnes souffrant d'un déficit de l'immunité (présent dès la naissance ou induit par un traitement médicamenteux, une infection par le VIH-sida, une transplantation d'organe, etc.) sont plus exposées aux maladies infectieuses et font l'objet de recommandations particulières. Les vaccins vivants qui contiennent des agents infectieux atténués (tels que les vaccins contre les oreillons, la rougeole, la rubéole, la varicelle, le zona, la fièvre jaune ou la tuberculose) ne doivent pas être utilisés d’une façon générale chez ces personnes. Cependant, dans certaines situations, ils peuvent être envisagés au cas par cas. Les enfants ayant fait une forte réaction (convulsions) à une première injection du vaccin contre la coqueluche ne doivent pas recevoir d'autre injection de ce vaccin. En cas de grossesse ou d'allergie à la néomycine, la kanamycine, la streptomycine ou les protéines d'œuf, certains vaccins peuvent être contre-indiqués. Parfois, les contre-indications sont temporaires, dans le cas de fièvre, d’infections, de traitement par la cortisone, etc. Signalez tout problème de santé avant une vaccination.

Se procurer un vaccin

Les vaccins peuvent être prescrits par tous les médecins (généralistes, spécialistes ou médecins du travail). Les sages-femmes peuvent également prescrire certains vaccins pour les femmes, les nourrissons et l’entourage proche du nourrisson. Il arrive que les pharmacies ne stockent que quelques vaccins.
Pour éviter les soucis de disponibilité, commandez-les à votre pharmacien quelques jours avant la date de votre visite chez le médecin. Les vaccins sont fragiles et doivent être conservés au réfrigérateur. En cas de doute, demandez conseil à votre pharmacien.
Certains vaccins (fièvre jaune, rage par exemple) ne peuvent être réalisés que dans des centres habilités.

Le remboursement des vaccins

La liste des vaccinations prises en charge par l'Assurance maladie comprend :

  • les vaccins obligatoires en prévention des affections suivantes : diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, hépatite B, infections à Haemophilus influenzae b, infections à pneumocoque, méningites à méningocoque du groupe C, oreillons, rougeole, rubéole ;
  • les vaccins recommandés dans certaines situations en prévention des affections suivantes : grippe, hépatite A, infections à papillomavirus, tuberculose, varicelle et zona.

Ces vaccins sont pris en charge à 65 % par l’Assurance maladie lorsqu’ils sont prescrits, le reste étant remboursé par les assurances santé complémentaires comme les mutuelles. Pour les personnes qui n’ont pas de mutuelle, il existe des circuits adaptés en centres de vaccination. A noter que le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole) pour les enfants de 1 à 17 ans et celui contre la grippe pour les personnes de plus de 65 ans ou atteintes de certaines maladies chroniques sont remboursés à 100 % par l’Assurance maladie et que le vaccin contre le zona est remboursé à 30 % pour les adultes de 65 à 75 ans.

L’acte d’injection du vaccin est remboursé par l’Assurance maladie à 70 % si c'est le médecin ou la sage-femme qui réalise l'injection lors d'une consultation, à 70 % si c’est le pharmacien qui vaccine contre la grippe les personnes éligibles ou à 60 % si c'est une infirmière qui réalise l'injection, sur prescription d'un médecin. Pour les enfants de moins de 7 ans, les centres de la PMI (Protection maternelle et infantile) vaccinent gratuitement. L’injection des vaccins peut être prise en charge à 100 % pour les patients atteints de certaines maladies chroniques (ALD, affections de longue durée).

Des recommandations spécifiques pour la vaccination contre la Covid-19

En complément du calendrier vaccinal 2021, les autorités de santé ont publié en décembre 2021 un calendrier complémentaire pour la vaccination contre la Covid-19. En effet, les recommandations vaccinales ont évolué suite à l’arrivée des nouveaux vaccins pour prévenir les formes graves de cette infection. Ces recommandations changent régulièrement en fonction du contexte épidémiologique (variants) et des nouvelles informations sur les vaccins (données en vie réelle, efficacité dans les différents groupes d’âge, durée de la protection).

Afin de vacciner rapidement un grand nombre de personnes, l’organisation générale pour cette vaccination est spécifique :

  • en plus des médecins, les pharmaciens, les sages-femmes, les chirurgiens-dentistes, les infirmiers peuvent vacciner contre la Covid-19 ;
  • cette vaccination peut être réalisée dans différents lieux (en établissement de santé, en centre de vaccination dédié, en cabinet de ville, en pharmacie d’officine, etc.) ;
  • les vaccins et leur injection sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie, y compris pour les personnes sans droit à la sécurité sociale. En raison de leurs conditions de conservation particulière, ces vaccins sont fournis directement aux professionnels en charge de la vaccination.
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