Le vaccin contre la poliomyélite

Mis à jour : Mercredi 03 juin 2020

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La poliomyélite est une infection virale d’une partie de la moelle épinière. Véritable fléau responsable de très nombreux handicaps moteurs, cette maladie a presque été éradiquée des pays industrialisés par la vaccination. Pour maintenir ce succès, le vaccin reste nécessaire chez l’enfant comme chez l’adulte.

Pourquoi vacciner contre la poliomyélite ?

La poliomyélite est due à un virus qui se multiplie dans les selles des personnes infectées. La contamination se fait par la bouche à partir d’eau ou d’aliments contaminés. De l’intestin, le virus passe dans le sang puis dans la moelle épinière où il va provoquer une inflammation plus ou moins sévère et de durée variable. Au bout de quelques jours, la personne contaminée développe des symptômes semblables à ceux de la grippe (fièvre et courbatures) associés à des vomissements et à de violentes douleurs dans les reins et le dos. Lorsque les paralysies apparaissent (dans environ quatre cas sur mille), elles touchent le plus souvent les jambes et tendent à remonter progressivement le long du corps jusqu’à, parfois, empêcher la respiration. La guérison est soit rapide, soit très lente avec d’importantes séquelles pouvant aller jusqu’à la paralysie permanente.

La vaccination contre la poliomyélite permet de prévenir efficacement la maladie et entraîne peu d’effets indésirables (douleur au point d’injection, par exemple). Si la poliomyélite a disparu en France, elle reste présente dans de nombreuses régions du monde. Pour cette raison, et considérant la gravité de la maladie, la vaccination systématique est donc toujours aussi indispensable : il est important de respecter le calendrier de vaccination, chez l’enfant comme chez l’adulte.

Qui vaccine-t-on contre la poliomyélite ?

La vaccination DTP (diphtérietétanos - poliomyélite) est obligatoire pour les nourrissons et pour les professionnels de santé en France.

Les rappels chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte avec un vaccin combinant la poliomyélite avec la diphtérie et le tétanos sont indispensables pour obtenir une protection à long terme.

Les vaccins contre la poliomyélite

Le vaccin contre la poliomyélite est constitué de vaccins tués. Il est administré par voie injectable. Il est habituellement associé aux vaccins contre la diphtérie et le tétanos dans un vaccin combiné, le vaccin DTP. Pour les nouveau-nés, le vaccin DTP est combiné aux vaccins contre la coqueluche, le Hib et l’hépatite B. Ces formes combinées de vaccins permettent de limiter le nombre d’injections.

La vaccination contre la poliomyélite en pratique

Depuis 2013, la vaccination DTP est simplifiée chez le nourrissons. Elle ne comporte plus que deux doses, injectées à l'âge de 2 mois et de 4 mois, suivies d'un rappel à 11 mois.

Des rappels sont recommandés, en association le vaccin contre la coqueluche chez l'enfant à 6 ans, et chez l'adolescent entre 11 et 13 ans.

Chez l’adulte, les rappels de dTP (avec un vaccin à doses réduites en anatoxines diphtériques) sont prévus à 25 ans (avec le vaccin contre la coqueluche si le vaccin date de plus de 5 ans), à 45 ans, à 65 ans, puis tous les 10 ans chez les adultes de plus de 65 ans. En l’absence de primovaccination, le rattrapage se fait avec 2 doses injectées à 2 mois d’intervalle suivies d’une troisième dose 8 à 12 mois, puis les rappels prévus à âges fixes.

Les recommandations pour les voyageurs

En 2021, la poliomyélite dite "sauvage" n'est plus présente que dans deux pays : l'Afghanistan et le Pakistan. Dans certains pays où la couverture vaccinale est faible, il arrive qu'il y ait des cas de poliomyélite dite "vaccinale". Dans ce cas, le virus atténué utilisé dans certains types de vaccins circule parmi les personnes non vaccinées (via les eaux usées contaminées par le virus atténué) et, après au moins 12 mois de circulation, retrouve une partie de son pouvoir infectieux. Ces cas sont rares et rapidement contrôlés. L'abandon progressif des vaccins atténués devrait permettre, enfin, l'éradication de la poliomyélite.

En 2021, les pays où circulent des poliovirus dérivés d’une souche vaccinale sont l'Angola, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, l'Ethiopie, le Ghana, la Guinée, la Malaisie, la Mali, le Niger, le Nigeria, les Philippines, la Somalie, le Sud Soudan, le Soudan, le Togo, le Yémen et la Zambie. De plus, cette forme de poliomyélite est toujours possible en Chine, en Indonésie, au Mozambique, au Myanmar et en Papouasie Nouvelle-Guinée.

Des recommandations vaccinales particulières ont été émises par le Haut conseil de la santé publique (HCSP) en 2015 pour les voyageurs à destination des pays où le virus circule, prenant en compte la durée du voyage et le statut vaccinal de la personne :

  • si la durée du voyage est inférieure à 4 semaines et que le rappel de vaccin polio date de plus de 1 an, il faut faire un rappel avec une dose de vaccin poliomyélite seul (Imovax Polio) si la vaccination contre diphtérie-tétanos est à jour ou avec une dose de vaccin combiné avec la diphtérie et le tétanos, si ceux-ci ne sont pas à jour. Si le rappel DTP date de moins de 1 an, il n’y a rien à faire.
  • si la durée du voyage est supérieure à 4 semaines et que le retour est prévu dans moins d’un an, il faut faire un rappel avec une dose de vaccin poliomyélite seul ou combiné avec la vaccination diphtérie-tétanos n’est pas à jour.
  • si la durée du voyage est supérieure à 4 semaines et que le retour est prévu dans plus d’un an, un rappel peut être exigé par le pays.
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