Le vaccin contre le papillomavirus

Mis à jour : Jeudi 25 février 2021

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Chaque année, en France, le cancer du col de l'utérus touche environ 3000 femmes et entraîne un millier de décès. L'existence de vaccins et de nouvelles méthodes de dépistage pourrait aboutir à son éradication.

Pourquoi vacciner contre les infections à papillomavirus ?

Les papillomavirus humains (HPV) sont transmis au cours des relations sexuelles. La majorité des hommes et des femmes sont infectés par des papillomavirus au cours de leur vie et l’infection passe le plus souvent inaperçue. Les femmes qui ont débuté leur vie sexuelle très jeunes et celles qui ont eu de nombreux partenaires sexuels présentent un risque plus élevé de contamination par ces virus. Ces infections sont impliquées dans la survenue de différents cancers génitaux (cancer du col de l'utérus, de la vulve, du vagin, du pénis) et de cancers de l’anus.

La vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) a pour objectif de réduire la survenue de lésions précancéreuses génitales de la femme (mais aussi indirectement de l'homme), et à terme des cancers du col de l’utérus, de la vulve et du vagin chez la femme et des cancers du pénis et de l’anus chez l’homme.

Parce que les vaccins contre les infections à papillomavirus ne protègent pas contre la totalité des souches de HPV impliqués dans les cancers du col, la vaccination ne remplace pas le dépistage par frottis cervico-utérin. Celui-ci reste absolument indispensable. A partir de 25 ans, toutes les femmes vaccinées ou non doivent bénéficier du dépistage régulier par frottis.

A-t-on démontré que la vaccination prévient les cancers ?

En raison du long délai entre l'infection par les HPV et la survenue d'un cancer (le plus souvent entre 10 et 30 ans), le rôle de la vaccination sur la prévention des cancers du col de l'utérus n’a pu être formellement confirmé qu’au moins 10 ans après l'introduction des vaccins.

Une enquête suédoise, parue en octobre 2020, vient d'apporter la preuve que la vaccination contre les HPV est associée à un risque considérablement réduit de cancer du col de l’utérus. L'étude a porté sur des filles et des femmes âgées 10 et 30 ans, entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2017. Au terme du suivi, l'analyse des résultats a montré que le nombre de cas de cancers du col de l’utérus est beaucoup moins important chez les femmes vaccinées contre le papillomavirus que chez les femmes non vaccinées, notamment lorsque la vaccination a eu lieu avant l’âge de 17 ans.

La vaccination contre les papillomavirus n’a aucun effet pour soigner une infection par HPV existante. Il s’agit uniquement d’un vaccin préventif.

Qui vaccine-t-on contre les infections à papillomavirus ?

La vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) est recommandée pour toutes les jeunes filles entre 11 et 14 ans, afin de leur assurer une protection avant le début de leur vie sexuelle. En effet, la vaccination est d'autant plus efficace que les jeunes filles n'ont pas encore eu de rapports sexuels ayant pu les exposer au virus.

Dans le cadre du rattrapage, cette vaccination peut être également proposée aux jeunes filles jusqu'à 19 ans révolus.

En 2018, plus de 10 ans après les premières recommandations de vaccination contre les HPV, seulement 25 % des jeunes Françaises âgées de 16 ans se sont faites vacciner selon un schéma complet, un pourcentage bien en dessous de l'objectif de 60 % fixé à l'horizon 2019 dans le cadre du Plan Cancer.

Selon la Haute autorité de santé, les professionnels de santé ont du mal à faire accepter ce vaccin, tant du fait de la méfiance antivaccinale qui sévit actuellement, que de la difficulté à expliquer cette vaccination à des adolescents qui n'ont pas encore commencé leur vie sexuelle.

Une recommandation de vaccination pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes a été ajoutée dans le calendrier vaccinal 2017. Elle repose sur la volonté de faire baisser la circulation des virus HPV impliqués dans les lésions anales précancéreuses et cancéreuses. Elle doit également permettre de prévenir les verrues génitales. Dans ce cas, la vaccination est recommandée jusqu’à l’âge de 26 ans révolus. Elle peut être proposée dans des structures où la vaccination est gratuite (Cegidd ainsi que dans les centres publics de vaccination).

Le calendrier vaccinal 2020 recommande désormais la vaccination contre les HPV pour tous les garçons de 11 à 14 ans. Il prévoit aussi un rattrapage possible pour tous les adolescents de 15 à 19 ans. En effet, une vaccination contre les HPV de tous les hommes bénéficierait non seulement à leur santé, en les protégeant directement, mais améliorerait aussi la protection des jeunes filles et femmes non vaccinées.

On estime que la population cible relevant ces nouvelles recommandations de vaccination serait, dans les prochaines années, de 2 800 000 jeunes femmes et de 3 600 000 jeunes hommes de 11 à 19 ans.

Quel vaccin est recommandé pour les nouvelles vaccinations ?

Désormais, toute nouvelle vaccination contre les papillomavirus doit se faire avec le vaccin GARDASIL 9, actif contre 9 souches de papillomavirus.

    Ce vaccin est utilisé dans la prévention :
  • des lésions précancéreuses du col de l’utérus, de la vulve, du vagin et de l’anus et des cancers du col de l’utérus et de l’anus dus à certains papillomavirus humains,
  • des verrues génitales dues à des papillomavirus spécifiques.

Il est pris en charge à 65 % par l’Assurance maladie pour toutes les filles et tous les garçons âgés de 11 ans à 14 ans et en rattrapage jusqu'à l'âge de 19 ans révolus, ainsi que jusqu'à l'âge de 26 ans pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

Les effets indésirables les plus fréquents sont communs à ceux des autres vaccins : réactions au point d’injection (rougeur, douleur, démangeaisons), fièvre, douleurs articulaires ou musculaires. Ces réactions sont temporaires. Des réactions allergiques graves, mais très rares, sont possibles. Elles apparaissent rapidement après l’injection, et justifient la nécessité de réaliser la vaccination en milieu médical.
L'Agence du médicament (ANSM) a rappelé que les données de la littérature internationale ne montrent pas d'augmentation de l'incidence des maladies auto-immunes, plus particulièrement de sclérose en plaques, après une vaccination par un vaccin contre les papillomavirus.

Comment se fait la vaccination en pratique ?

La vaccination repose sur 2 doses de GARDASIL 9 pour les filles et les garçons âgés de 11 à 14 ans révolus. L'une des doses peut être injectée en même temps que le rappel diphtérie - tétanos - polio - coqueluche prévu entre 11 et 13 ans. Les 2 doses doivent être espacées de 6 à 13 mois.

La vaccination proposée en rattrapage aux jeunes filles et aux jeunes hommes jusqu'à 19 ans révolus repose sur l’injection de 3 doses (2 premières doses espacées de 2 mois et la 3ème dose 6 mois après la première dose).

La vaccination des hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes repose sur l’injection de 3 doses de GARDASIL 9 jusqu'à l'âge de 26 ans révolus (2 premières doses espacées de 2 mois et la 3ème dose 6 mois après la première dose).

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