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Le vaccin contre le papillomavirus

Mis à jour : Jeudi 07 mai 2020

Chaque année, en France, le cancer du col de l'utérus touche environ 3000 femmes et entraîne un millier de décès. L'existence de vaccins et de nouvelles méthodes de dépistage pourrait aboutir à son éradication.

Pourquoi vacciner contre les infections à papillomavirus ?

Les papillomavirus humains (HPV) sont transmis au cours des relations sexuelles. La majorité des hommes et des femmes sont infectés par des papillomavirus au cours de leur vie et l’infection passe le plus souvent inaperçue. Les femmes qui ont débuté leur vie sexuelle très jeunes et celles qui ont eu de nombreux partenaires sexuels présentent un risque plus élevé de contamination par ces virus. Ces infections sont impliquées dans la survenue différents cancers génitaux (cancer du col de l'utérus, de la vulve, du vagin, du pénis) et de cancers de l’anus.

La vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) a pour objectif de réduire la survenue de lésions précancéreuses génitales de la femme (mais aussi indirectement de l'homme), et à terme des cancers du col de l’utérus, de la vulve et du vagin chez la femme et des cancers du pénis et de l’anus chez l’homme.

Qui vaccine-t-on contre les infections à papillomavirus ?

La vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) est recommandée pour toutes les jeunes filles entre 11 et 14 ans, afin de leur assurer une protection avant le début de leur vie sexuelle. En effet, la vaccination est d'autant plus efficace que les jeunes filles n'ont pas encore eu de rapports sexuels ayant pu les exposer au virus.

Dans le cadre du rattrapage, cette vaccination peut être également proposée aux jeunes filles jusqu'à 19 ans révolus.

Plus de 10 ans après les premières recommandations de vaccination contre les HPV, seulement 24 % des jeunes Françaises âgées de 16 ans se sont faites vacciner selon un schéma complet, un pourcentage bien en dessous de l'objectif de 60 % fixé à l'horizon 2019 dans le cadre du Plan Cancer.

Selon la Haute autorité de santé, les professionnels de santé ont du mal à faire accepter ce vaccin, tant du fait de la méfiance antivaccinale qui sévit actuellement, que de la difficulté à expliquer cette vaccination à des adolescents qui n'ont pas encore commencé leur vie sexuelle.

Une recommandation de vaccination pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes a été ajoutée dans le calendrier vaccinal 2017. Elle repose sur la volonté de faire baisser la circulation des virus HPV impliqués dans les lésions anales précancéreuses et cancéreuses. Elle doit également permettre de prévenir les verrues génitales. Dans ce cas, la vaccination est recommandée jusqu’à l’âge de 26 ans révolus. Elle peut être proposée dans des structures où la vaccination est gratuite (Cegidd ainsi que dans les centres publics de vaccination).

Le calendrier vaccinal 2020 recommande désormais la vaccination contre les HPV pour tous les garçons de 11 à 14 ans. Il prévoit aussi un rattrapage possible pour tous les adolescents de 15 à 19 ans. En effet, une vaccination contre les HPV de tous les hommes bénéficierait non seulement à leur santé, en les protégeant directement, mais améliorerait aussi la protection des jeunes filles et femmes non vaccinées.

Comme les vaccins contre les infections à papillomavirus ne protègent que contre 70 % des HPV impliqués dans les cancers du col, la vaccination ne remplace pas le dépistage par frottis cervico-utérin. Celui-ci, reste absolument indispensable. A partir de 25 ans, toutes les femmes vaccinées ou non doivent bénéficier du dépistage régulier par frottis.

Les différents vaccins contre les HPV

Trois vaccins ont une indication pour la prévention des lésions précancéreuses du col de l’utérus, de la vulve, du vagin et de l’anus et des cancers du col de l’utérus et de l’anus dus à certains papillomavirus humains : CERVARIX, GARDASIL et GARDASIL 9. Ils différent par le nombre de papillomavirus contre lesquels ils protègent : 2 à 9 selon les vaccins.

Ces trois vaccins ne sont pas interchangeables et toute vaccination commencée avec l'un d'eux doit être menée à son terme avec le même vaccin. Désormais, tous les adolescents qui reçoivent leur première injection de vaccin contre les papillomavirus doivent être vaccinés avec GARDASIL 9, actif contre 9 souches de papillomavirus.

Les effets indésirables les plus fréquents de ces vaccins sont de la fièvre, des réactions au point d’injection (rougeur, douleur, démangeaisons) et des maux de tête. D'autres effets, tels que de malaises (évanouissement) peu après l’injection, sont parfois observés. Des cas de sclérose en plaques (SEP) ont été rapportés en France chez des jeunes femmes vaccinées par le GARDASIL (17 cas sur 5,5 millions de doses administrées en France). L'Agence du médicament (ANSM) a rappelé que les données de la littérature internationale ne montrent pas d'augmentation de l'incidence des maladies auto-immunes, ni plus particulièrement de sclérose en plaques, après une vaccination par ce vaccin.

    Jusqu’à présent, le remboursement du vaccin contre le papillomavirus est limité aux populations suivantes:
  • filles âgées de 11 ans à 14 ans et en rattrapage jusqu'à l'âge de 19 ans révolus comme un moyen de prévention du cancer du col de l'utérus en complément au dépistage par frottis ;
  • hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes jusqu'à l'âge de 26 ans pour réduire leur risque de condylomes et de lésions précancéreuses et cancers anaux ;
  • chez les personnes immunodéprimées jusqu'à l'âge de 19 ans.

Suite aux nouvelles recommandations vaccinales intégrant les garçons dès l'âge de 11 ans, une modification de ce périmètre de remboursement devrait intervenir prochainement.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 20 Octobre 2020
Vaccins : papillomavirus

La vaccination contre les infections à papillomavirus en pratique

Toute nouvelle vaccination contre les infections à papillomavirus humain (HPV) doit être débutée par le vaccin GARDASIL 9. Elle repose sur 2 doses de GARDASIL 9 pour les filles et les garçons âgés de 11 à 14 ans révolus. L'une des doses peut être injectée en même temps que le rappel diphtérie - tétanos - polio - coqueluche prévu entre 11 et 13 ans. Les 2 doses doivent être espacées de 6 à 13 mois.

La vaccination proposée en rattrapage aux jeunes filles et aux jeunes hommes jusqu'à 19 ans révolus repose sur l’injection de 3 doses (2 premières doses espacées de 2 mois et 3ème dose 6 mois après la première dose).

La vaccination des hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes repose sur l’injection de 3 doses de GARDASIL ou GARDASIL 9 jusqu'à l'âge de 26 ans révolus (2 premières doses espacées de 2 mois et 3ème dose 6 mois après la première dose).

Les vaccins GARDASIL et CERVARIX sont uniquement destinés à terminer les vaccinations commencées avec ces vaccins. Pour mémoire, GARDASIL (vaccin avec 4 souches de papillomavirus) ne sera plus commercialisé à partir de décembre 2020 (voir Actualités). Le schéma vaccinal de GARDASIL est de 2 doses espacées de 6 mois pour les filles de 11 à 13 ans ou 3 doses pour les filles de 14 à 19 ans et pour les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes jusqu’à 26 ans. Le schéma vaccinal de CERVARIX est de 2 doses espacées de 6 mois pour les filles de 11 à 14 ans ou 3 doses pour les filles de 15 à 19 ans.

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