EMLA 5 % crème

Mise à jour : 02 Janvier 2020
Classification pharmacothérapeutique VIDAL :
Anesthésie - Réanimation : Anesthésie de surface : peau ou muqueuse (Lidocaïne + prilocaïne)
Classification ATC :
SYSTEME NERVEUX : ANESTHESIQUES - ANESTHESIQUES LOCAUX : AMIDES (ASSOCIATIONS)
Statut
Commercialisé
Excipients : carbomère 974 P, sodium hydroxyde, eau purifiée
Excipients à effet notoire :
EEN sans dose seuil : ricin huile hydrogénée polyoxyéthylénée
AMM3329232
Présentation(s)EMLA 5 % Cr T/5g av 2pans adh
Conservation
Agréé aux Collectivités
Remboursement : 65%
AMM5591454
Présentation(s)EMLA 5 % Cr T/30g
Conservation
Agréé aux Collectivités
Modèle hospitalier
AMM5591454
Présentation(s)EMLA 5 % Cr T/30g
Conservation
Agréé aux Collectivités
Modèle hospitalier

Formes et présentations


FORMES et PRÉSENTATIONS 
Crème à 5 % (homogène, blanche) :  Tube* de 5 g + 2 pansements adhésifs, boîte unitaire.
Modèles hospitaliers :
Boîte de 5 tubes* de 5 g + 10 pansements adhésifs.
Boîte de 1 tube* de 30 g.
*  Tube en aluminium, recouvert sur la face interne d'une laque de protection en résine époxy, avec un bouchon à vis en polypropylène muni d'un dispositif de perçage.



Composition


COMPOSITION 
 p tube
 de 5 gde 30 g
Lidocaïne 
125 mg750 mg
Prilocaïne 
125 mg750 mg
Excipients : carbomère (carbopol 974P), hydroxystéarate de macrogolglycérol, hydroxyde de sodium, eau purifiée.

Excipient à effet notoire : hydroxystéarate de macrogolglycérol (19 mg/g).

1 g de crème contient 25 mg de lidocaïne et 25 mg de prilocaïne.

Indications


DCINDICATIONS 
Adultes et population pédiatrique :
Anesthésie topique de la peau lors de :
  • l'insertion d'aiguilles, par exemple insertion de cathéters intraveineux ou prélèvements sanguins ;
  • procédures chirurgicales superficielles.
Adultes et adolescents ≥ 12 ans :
Anesthésie topique des muqueuses génitales, par exemple avant des procédures chirurgicales superficielles ou une anesthésie par infiltration.
Adultes :
Anesthésie topique des ulcères de jambe afin de faciliter le nettoyage mécanique/débridement chez les adultes uniquement.

Fertilité / grossesse / allaitement


DCFERTILITÉ/GROSSESSE/ALLAITEMENT 
Grossesse :

Bien qu'une application topique soit uniquement associée à un faible taux d'absorption systémique, l'utilisation d'Emla chez les femmes enceintes doit être considérée avec précaution car les données disponibles concernant l'utilisation d'Emla chez les femmes enceintes sont insuffisantes. Cependant, des études chez l'animal n'ont pas montré d'effets nocifs directs ou indirects sur la grossesse, le développement embryonnaire/fœtal, l'accouchement ou le développement postnatal. Une toxicité de reproduction a été montrée lors d' une administration sous-cutanée/intramusculaire de fortes doses de lidocaïne ou de prilocaïne excédant considérablement l'exposition lors d'une application topique (cf Sécurité préclinique).

La lidocaïne et la prilocaïne traversent la barrière placentaire, et peuvent être absorbées par les tissus fœtaux. Il est raisonnable de penser que la lidocaïne et la prilocaïne ont été utilisées chez de nombreuses femmes enceintes ou en âge de procréer. Jusqu'à présent, aucun trouble spécifique de la fonction reproductrice n'a été rapporté, par exemple une incidence accrue de malformations ou autres effets directement ou indirectement nocifs pour le fœtus.


Allaitement :

La lidocaïne et, en toute probabilité, la prilocaïne sont excrétées dans le lait maternel mais en quantités si faibles qu'il n'y a généralement pas de risque que l'enfant soit affecté à des doses thérapeutiques. Emla peut être utilisé pendant l'allaitement en cas de nécessité clinique.

Fertilité :

Des études chez l'animal n'ont montré aucune altération de la fertilité des rats mâles ou femelles (cf Sécurité préclinique).


Conduite et utilisation de machines


DCCONDUITE et UTILISATION DE MACHINES 
Emla n'a pas d'effet ou un effet négligeable sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines quand elle est utilisée aux doses recommandées.

Surdosage


DCSURDOSAGE 

De rares cas de méthémoglobinémie cliniquement significative ont été rapportés.

La prilocaïne à fortes doses peut causer une augmentation des taux de méthémoglobine, en particulier chez les individus sensibles (cf Mises en garde et Précautions d'emploi), avec une administration trop fréquente chez les nouveau-nés et les nourrissons de moins de 12 mois (cf Posologie et Mode d'administration) et traités par des médicaments inducteurs de méthémoglobine (exemple : sulfamides, nitrofurantoïne, phénytoïne et phénobarbital). Il convient de tenir compte du fait que les valeurs de saturation à l'oxymètre de pouls peuvent surestimer la saturation réelle en oxygène dans le cas d'une augmentation de la fraction de méthémoglobine ; par conséquent, si une méthémoglobinémie est suspectée, il peut être plus utile de surveiller la saturation d'oxygène par co-oxymétrie.

Une méthémoglobinémie cliniquement significative devra être traitée par une injection intraveineuse lente de bleu de méthylène (voir également Mises en garde et Précautions d'emploi).

Si d'autres symptômes de toxicité systémique survenaient, les signes devraient être similaires à ceux qui se produiraient suite à l'administration d'anesthésiques locaux par d'autres voies d'administration. La toxicité d'un anesthésique local se manifeste par des symptômes d'excitation du système nerveux central et, dans les cas sévères, dépression du système nerveux central et dépression cardiovasculaire. Des symptômes neurologiques graves (convulsions, dépression du système nerveux central) doivent être traités symptomatiquement par assistance respiratoire et par administration de médicaments anticonvulsivants ; les signes circulatoires sont traités suivant les recommandations de réanimation.

Le taux d'absorption du produit sur peau intacte étant lent, un patient montrant des signes de toxicité doit être maintenu sous observation pendant plusieurs heures après le traitement d'urgence.

Pharmacodynamie


PPPHARMACODYNAMIE 

Classe pharmacothérapeutique : Anesthésiques locaux, amides (code ATC : N01BB20).

Mécanisme d'action :
Emla produit une anesthésie de la peau par libération de lidocaïne et de prilocaïne à partir de la crème dans les couches épidermique et dermique de la peau et à proximité des récepteurs dermiques de la douleur et des terminaisons nerveuses.
La lidocaïne et la prilocaïne sont des anesthésiques locaux de type amide. Ces deux composants stabilisent les membranes neuronales en inhibant les flux ioniques nécessaires à l'initiation et à la conduction des influx, produisant ainsi une anesthésie locale. La qualité de l'anesthésie dépend du temps d'application et de la dose utilisée.
Peau :
Emla est appliqué sur la peau intacte sous un pansement occlusif. Le temps nécessaire pour réaliser une anesthésie fiable de la peau intacte est de 1 à 2 heures, en fonction du type d'intervention. L'effet anesthésique local est renforcé avec des durées d'application plus longues de 1 à 2 heures sur la plupart des parties du corps, à l'exception de la peau du visage et des parties génitales masculines. Compte tenu de la finesse de la peau du visage et d'une irrigation sanguine élevée des tissus, un effet anesthésique local maximal est obtenu après 30 à 60 minutes sur le front et les joues. De même, une anesthésie locale des parties génitales masculines est obtenue en 15 minutes. La durée de l'anesthésie après l'application d'Emla pendant 1 à 2 heures est d'au moins 2 heures après le retrait du pansement, excepté sur le visage où ce délai est plus court. Emla est tout aussi efficace et a le même temps de déclenchement de l'effet anesthésiant quel que soit le niveau de pigmentation de la peau de claire à foncée (types de peau de I à VI).
Au cours des études cliniques avec application d'Emla sur la peau intacte, aucune différence de sécurité ou d'efficacité (y compris le délai avant le début de l'anesthésie) n'a été observée entre les patients gériatriques (de 65 à 96 ans) et les patients plus jeunes.
Emla produit une réponse vasculaire biphasique impliquant une vasoconstriction initiale suivie d'une vasodilatation au site d'application (cf Effets indésirables). Indépendamment de la réponse vasculaire, Emla facilite l'insertion de l'aiguille par rapport à une crème placebo. Chez les patients atteints de dermatite atopique, une réaction vasculaire similaire mais plus courte a été observée, avec apparition d'un érythème après 30 - 60 minutes, indiquant une absorption plus rapide à travers la peau (cf Mises en garde et Précautions d'emploi). Emla peut causer une augmentation transitoire de l'épaisseur cutanée, provoquée en partie par l'hydratation de la peau sous le pansement occlusif. L'épaisseur de la peau se réduit au cours des 15 minutes suivant l'exposition à l'air.
La profondeur de l'anesthésie cutanée augmente avec le temps d'application. Chez 90 % des patients, l'anesthésie est suffisante pour l'insertion d'un poinçon de biopsie (de 4 mm de diamètre) à une profondeur de 2 mm après 60 minutes et 3 mm après 120 minutes de traitement par Emla.
L'utilisation d'Emla, avant une vaccination rougeole-oreillons-rubéole ou avant l'administration intramusculaire d'un vaccin inactivé diphtérie-coqueluche-tétanos-poliovirus-Haemophilus influenzae b ou un vaccin contre l'hépatite B, n'a pas affecté la moyenne des titres en anticorps, le taux de séroconversion ou la proportion de patients obtenant des titres d'anticorps protecteurs ou positifs après immunisation, par rapport aux patients traités par un placebo.
Muqueuses génitales :
L'absorption sur les muqueuses génitales est plus rapide, et le délai de survenue de l'anesthésie est plus court qu'après application sur la peau.
Après une application de 5 - 10 minutes d'Emla sur la muqueuse génitale de la femme, la durée moyenne de l'analgésie efficace à un stimulus au laser à argon qui produit une douleur vive avec sensation de piqûre était de 15 à 20 minutes (variations individuelles dans l'intervalle 5 - 45 minutes).
Ulcères de jambe :
Une anesthésie fiable dans le cas du nettoyage des ulcères de jambe est obtenue après un temps d'application de 30 minutes chez la plupart des patients. Une application d'une durée de 60 minutes peut améliorer davantage l'anesthésie. Le nettoyage doit commencer dans les 10 minutes qui suivent le retrait de la crème. Des données cliniques relatives à des temps d'attente plus longs ne sont pas disponibles. Emla réduit la douleur postopératoire jusqu'à 4 heures après débridement. Emla réduit le nombre de séances de nettoyage nécessaires pour obtenir un ulcère propre par comparaison au débridement obtenu avec une crème placebo. On n'a observé aucun effet négatif sur la guérison de l'ulcère ou sur la flore bactérienne.
Population pédiatrique :
Des études cliniques impliquant plus de 2300 patients pédiatriques de tout âge ont démontré une efficacité pour la douleur liée à l'aiguille (prélèvement sanguin veineux, cathétérisme, vaccination sous-cutanée et intramusculaire, ponction lombaire), pour le traitement des lésions vasculaires au laser, et le curetage des Molluscum contagiosum. Emla a diminué la douleur lors de l'insertion d'aiguilles et lors de l'injection de vaccins. L'efficacité analgésique a augmenté d'une application de 15 minutes à une application de 90 minutes sur une peau normale ; mais sur des lésions vasculaires, une application de 90 minutes n'a pas fourni de bénéfice supérieur à une application de 60 minutes. Emla ne montre pas de bénéfice versus placebo concernant la cryothérapie à l'azote liquide des verrues communes. Aucune efficacité suffisante pour la circoncision n'a pu être démontrée.
Onze études cliniques réalisées chez des nouveau-nés et des nourrissons ont montré que les pics de concentrations de méthémoglobine qui survenaient environ 8 heures après l'administration épicutanée d'Emla étaient cliniquement non significatifs au dosage recommandé et revenaient à des valeurs normales après environ 12 - 13 heures. La formation de méthémoglobine est associée à la quantité cumulée de prilocaïne absorbée par voie percutanée et peut donc augmenter en fonction de l'allongement de la durée d'application d'Emla.
L'utilisation d'Emla, avant une vaccination rougeole-oreillons-rubéole ou avant l'administration intramusculaire d'un vaccin inactivé diphtérie-coqueluche-tétanos-poliovirus-Haemophilus influenzae b ou un vaccin contre l'hépatite B, n'a pas affecté la moyenne des titres en anticorps, le taux de séroconversion ou la proportion de patients obtenant des titres d'anticorps protecteurs ou positifs après immunisation, par rapport aux patients traités par un placebo.

Pharmacocinétique


PPPHARMACOCINÉTIQUE 
Absorption, distribution, biotransformation et élimination :
L'absorption systémique de la lidocaïne et de la prilocaïne à partir d'Emla est fonction de la dose, de la surface d'application et du temps d'application. Des facteurs additionnels incluent l'épaisseur de la peau (qui varie selon les parties du corps) ainsi que d'autres facteurs tels que les maladies de la peau, et le rasage. Après application sur des ulcères de jambe, les caractéristiques des ulcères peuvent également affecter l'absorption. Les concentrations plasmatiques après traitement par Emla sont de 20 à 60 % inférieures pour la prilocaïne par rapport à la lidocaïne en raison d'un volume de distribution supérieur et d'une clairance plus rapide. La voie d'élimination principale de la lidocaïne et de la prilocaïne est le métabolisme hépatique et les métabolites sont éliminés par voie rénale. Toutefois, les taux de métabolisation et d'élimination des anesthésiques locaux après une application topique d'Emla dépendent de la vitesse d'absorption. Par conséquent, une réduction de la clairance, notamment chez les patients présentant une atteinte grave de la fonction hépatique, a des effets limités sur les concentrations plasmatiques systémiques après administration d'une dose unique d'Emla et après administrations réitérées une fois par jour de doses uniques à court terme (jusqu'à 10 jours).
Les symptômes de toxicité anesthésique locale deviennent de plus en plus marqués lorsque la concentration plasmatique augmente de 5 à 10 µg/ml de l'une ou l'autre des substances actives. Il convient de considérer que la toxicité de la lidocaïne et celle de la prilocaïne sont additives.
Peau intacte :
Après application sur la cuisse chez l'adulte (60 g de crème/400 cm2 pendant 3 heures), le degré d'absorption de la lidocaïne et de la prilocaïne était d'environ 5 %. Les concentrations plasmatiques maximales (en moyenne 0,12 et 0,07 µg/ml) ont été atteintes en approximativement 2 - 6 heures après l'application.
Le degré d'absorption systémique était d'environ 10 % après application sur le visage (10 g/100 cm2 pendant 2 heures). Les concentrations plasmatiques maximales (en moyenne 0,16 et 0,06 µg/ml) ont été atteintes après environ 1,5 - 3 heures.
Dans des études de greffe de peau mince chez les adultes, une application de 7 heures 40 minutes au niveau de la cuisse ou de l'avant-bras jusqu'à une surface de 1500 cm2 a conduit à des concentrations plasmatiques maximales ne dépassant pas 1,1 µg/ml de lidocaïne et 0,2 µg/ml de prilocaïne.
Muqueuses génitales :
Après application de 10 g d'Emla pendant 10 minutes sur la muqueuse vaginale, les concentrations plasmatiques maximales de lidocaïne et de prilocaïne (en moyenne respectivement 0,18 µg/ml et 0,15 µg/ml) ont été atteintes après 20 - 45 minutes.
Ulcère de jambe :
Suite à une application unique de 5 à 10 g d'Emla sur des ulcères de jambe d'une surface s'étendant jusqu'à 64 cm2 pendant 30 minutes, les concentrations plasmatiques maximales de lidocaïne (intervalle de 0,05 à 0,25 µg/ml avec une valeur individuelle de 0,84 µg/ml) et de prilocaïne (0,02 - 0,08 µg/ml) ont été atteintes en 1 à 2,5 heures.
Après un temps d'application de 24 heures sur les ulcères de jambe sur une zone s'étendant jusqu'à 50 à 100 cm2, les concentrations plasmatiques maximales pour la lidocaïne (0,19 - 0,71 µg/ml) et pour la prilocaïne (0,06 - 0,28 µg/ml) ont été généralement atteintes en 2 à 4 heures.
Des applications répétées de 2 - 10 g d'Emla sur des ulcères de jambe sur une surface s'étendant jusqu'à 62 cm2 pendant 30 - 60 minutes 3 - 7 fois par semaine jusqu'à 15 doses sur une période d'un mois, n'ont pas montré d'accumulation plasmatique apparente de lidocaïne ni de ses métabolites monoglycinexylidide et 2,6-xylidine ou de prilocaïne ni de son métabolite l'ortho-toluidine. Les concentrations plasmatiques maximales observées de lidocaïne, de monoglycinexylidide et de 2,6-xylidine étaient respectivement de 0,41 µg/ml, de 0,03 µg/ml et de 0,01 µg/ml. Les concentrations plasmatiques maximales observées de prilocaïne et d'ortho-toluidine étaient respectivement de 0,08 µg/ml et de 0,01 µg/ml.
Après une application répétée de 10 g d'Emla sur des ulcères de jambe chroniques sur une surface comprise entre 62 et 160 cm2 pendant 60 minutes une fois par jour pendant 10 jours consécutifs, la concentration plasmatique maximale moyenne résultant de la somme des concentrations de lidocaïne et de prilocaïne était de 0,6 µg/ml. La concentration maximale ne dépend pas de l'âge du patient mais est significativement (p < 0,01) associée à la taille de la surface de l'ulcère. L'augmentation de la surface de l'ulcère de 1 cm2 entraîne une augmentation de la valeur Cmax de la somme des concentrations de lidocaïne et de prilocaïne de 7,2 ng/ml. La somme des concentrations plasmatiques maximales de lidocaïne et de prilocaïne est inférieure d'un tiers à celle associée aux réactions toxiques et aucune accumulation n'est apparemment observée sur 10 jours.
Populations spéciales :
Patients âgés :
Après application d'Emla sur la peau intacte de patients gériatriques ou sur d'autres patients non gériatriques, les concentrations plasmatiques de lidocaïne et de prilocaïne sont très basses et nettement inférieures aux niveaux toxiques potentiels.
Population pédiatrique :
Les concentrations plasmatiques maximales de lidocaïne et de prilocaïne après application d'Emla chez les patients pédiatriques de différents âges étaient également en dessous des niveaux potentiellement toxiques. Voir tableau 4.
Tableau 4 : Concentrations plasmatiques de lidocaïne et de prilocaïne dans les groupes pédiatriques âgés de 0 mois à 8 ans
Âge Quantité de crème appliquée Temps d'application de la crème sur la peau Concentration plasmatique
(ng/ml)
LidocaïnePrilocaïne
0 - 3 mois 1 g/10 cm2 1 heure 135107
3 - 12 mois 2 g/16 cm2 4 heures 155131
2 - 3 ans 10 g/100 cm2 2 heures 315215
6 - 8 ans 10 - 16 g/100 - 160 cm2
(1 g/10 cm2)
2 heures 299110

Sécurité préclinique


PPSÉCURITÉ PRÉCLINIQUE 

Dans des études chez l'animal, la toxicité observée après administrations de doses élevées de lidocaïne ou de prilocaïne, en association ou non, s'est manifestée par des effets sur le système nerveux central et sur le système cardiovasculaire. Lorsque la lidocaïne et la prilocaïne étaient administrées en association, seuls des effets additifs ont été observés, sans indication de synergie ou de toxicité inattendue. Après ingestion involontaire d'Emla, les deux substances actives présentaient une faible toxicité orale aiguë avec une bonne marge de sécurité. Dans des études de toxicité sur la reproduction, des effets embryotoxiques ou fœto-toxiques ont été détectés à des doses de 25 mg/kg de lidocaïne par voie sous-cutanée chez le lapin ; et à partir des dose de 100 mg/kg de prilocaïne par voie intramusculaire chez le rat. A des doses inférieures à la dose maternelle toxique chez le rat, la lidocaïne n'a pas d'effet sur le développement postnatal des petits. La fertilité chez les rats mâles ou femelles traités par la lidocaïne ou la prilocaïne n'a pas été altérée. La lidocaïne passe la barrière placentaire par diffusion simple. Le rapport entre la dose embryofœtale et les concentrations sériques de la mère est de 0,4 à 1,3.

Aucun des deux anesthésiques locaux n'a présenté de potentiel génotoxique lors des tests de génotoxicité in vitro ou in vivo. Étant donné l'indication et la durée d'utilisation thérapeutique de ces substances actives, aucune étude de cancérogénicité n'a été réalisée avec la lidocaïne ou la prilocaïne, seules ou en association.

Un métabolite de la lidocaïne, le 2,6-diméthylaniline, et un métabolite de la prilocaïne, l'o-toluidine, ont fait preuve d'une activité génotoxique. Au cours d'études précliniques toxicologiques évaluant l'exposition chronique, ces métabolites ont montré un potentiel cancérogène. Les évaluations du risque comparant l'exposition humaine maximale calculée lors de l'utilisation intermittente de lidocaïne et de prilocaïne à l'exposition au cours des études précliniques indiquent une grande marge de sécurité lors de l'utilisation clinique.

Des études de tolérance locale avec des mélanges de lidocaïne et de prilocaïne 1:1 (m/m) sous forme d'émulsion, de crème ou de gel ont montré que ces formulations sont bien tolérées par la peau intacte et lésée et par les muqueuses.

Lors d'une étude chez l'animal, une réaction irritative prononcée a été observée après application unique dans l'œil d'une émulsion contenant 50 mg/g de lidocaïne + prilocaïne 1:1 (m/m). La concentration en anesthésiques locaux était identique et la formulation similaire à celles d'Emla. Cette réaction oculaire peut avoir été influencée par le pH élevé de la formulation de l'émulsion (environ 9) mais il est probable qu'elle soit due en partie au pouvoir irritant propre des anesthésiques locaux.

Modalités de conservation


DPMODALITÉS DE CONSERVATION 
Durée de conservation :
3 ans.

Ne pas congeler.

Conserver le tube fermé hermétiquement.

Modalités manipulation / élimination


DPMODALITÉS MANIPULATION/ÉLIMINATION 
Précautions à prendre avant de manipuler ou d'administrer le médicament :
Les personnes qui appliquent ou enlèvent fréquemment la crème doivent veiller à ce que le contact soit évité afin de prévenir le développement d'hypersensibilité.
Tout médicament non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.

Prescription / délivrance / prise en charge


PRESCRIPTION/DÉLIVRANCE/PRISE EN CHARGE 
LISTE II
AMM3400933292324 (1990, RCP rév 26.03.2018) 1 tube de 5 g + 2 pansements.
3400955693604 (1990, RCP rév 26.03.2018) 5 tubes de 5 g + 10 pansements.
3400955914549 (1995, RCP rév 26.03.2018) 1 tube de 30 g.
  
Prix :3,92 euros (1 tube de 5 g + 2 pansements adhésifs).
Remb Séc soc à 65 % dans les indications suivantes :
  • Anesthésie par voie locale de la peau saine, par exemple :
    • avant ponctions veineuses et sous-cutanées,
    • avant chirurgie cutanée superficielle, instrumentale ou par rayon laser.
  • Anesthésie des muqueuses génitales chez l'adulte, par exemple :
    • avant chirurgie superficielle  : biopsie ou exérèse de lésions (instrumentale ou par rayon laser),
    • avant infiltration à l'aiguille d'anesthésiques locaux, à la posologie de 5 à 10 g pendant une durée de 5 à 10 minutes.
  • Anesthésie locale des ulcères de jambes exigeant une détersion mécanique longue et douloureuse.
Collect.
Modèles hospitaliers : Collect.

Titulaire de l'AMM : Aspen Pharma Trading Limited, 3016 Lake Drive, Citywest Business Campus, Dublin 24, Irlande.

Médicament(s) proche(s)

Désignation Liste % Remb Type
ANESDERM 5 % crème II 65% Générique
LIDOCAINE/PRILOCAINE AGUETTANT 5 % crème II Générique
LIDOCAINE/PRILOCAINE BIOGARAN 5 % crème II 65% Générique
LIDOCAINE/PRILOCAINE TEVA 5 % crème II 65% Générique
LIDOCAINE/PRILOCAINE ZENTIVA 5 % crème II 65% Générique