Comment soigne-t-on l’apnée du sommeil ?

Mis à jour : Mardi 23 juin 2020

Le traitement des apnées du sommeil dépend de la sévérité des symptômes et de leurs causes. Dans tous les cas, il est préférable d’éviter l'alcool, la fatigue excessive et, surtout, les médicaments hypnotiques de la famille des benzodiazépines. Les personnes obèses doivent également prendre des mesures pour perdre du poids. Ces mesures ne suffisent pas pour soulager le SAOS, mais elles peuvent y contribuer.

La ventilation en pression positive continue

Le traitement de choix de l’apnée du sommeil est la ventilation nocturne en pression positive continue (PPC). Pendant la nuit, de l’air sous pression est insufflé à l’aide d’un masque posé sur le nez. Cette ventilation forcée maintient les voies respiratoires ouvertes à tous les stades du cycle inspiration/expiration. Selon la machine utilisée, un niveau constant de pression est maintenu tout au long de la nuit ou peut varier selon le stade du cycle respiratoire (par exemple avec un relâchement de la pression pendant l’expiration). Les appareils capables d’ajuster automatiquement la pression positive en fonction de la résistance des voies aériennes semblent mieux supportés par les patients.

En pratique, il s’agit d’un appareil de petit format, assez silencieux, qui se place à côté du lit. Le patient porte tout au long de la nuit un masque fixé par des élastiques et relié à l’appareil par un tuyau souple. Un réservoir situé dans l’appareil permet d’humidifier l’air inspiré si nécessaire. L’appareil est généralement loué (les frais de location sont en partie remboursés par l’Assurance maladie). La plupart du temps, un technicien vient apprendre au patient à bien utiliser l’appareil et à respecter les règles d’hygiène élémentaires. Il passe ensuite deux fois par an au domicile pour effectuer les opérations de maintenance et remplacer le masque et les tuyaux.

L’appareillage doit être calibré en fonction des besoins du patient. Pour cela, il est souvent nécessaire que la première nuit sous PPC se passe dans un centre d’étude du sommeil où les effets de la PPC sont mesurés et où ses paramètres sont progressivement ajustés aux caractéristiques du patient.

La ventilation en PPC est presque toujours efficace (dans 80 à 100 % des cas). Sa mise en place est de plus en plus courante car de nombreux bénéfices ont été rapportés : amélioration de la vigilance dans la journée, réduction de la mortalité et des accidents cardiaques, baisse des accidents de la route. Néanmoins, pour être efficace, il doit être appliqué toutes les nuits pour, semble-t-il, une durée minimale de cinq heures. Son arrêt entraîne la réapparition des apnées.

Il arrive parfois que le masque provoque une irritation de la peau : il doit alors être changé pour un masque mieux toléré.

Les autres types de traitement

Si la cause des apnées est liée à un défaut anatomique, une intervention chirurgicale peut être nécessaire : ablation des amygdales ou de la luette, modification de l’anatomie du pharynx, chirurgie nasale, chirurgie des maxillaires, etc. Ces traitements chirurgicaux sont moins efficaces que la ventilation en PPC (ils soulageraient 30 à 80 % des cas selon la technique) et ne sont pas sans risque. Ils devraient être réservés aux patients chez qui les autres traitements ne sont pas parvenus à soigner les apnées du sommeil.

Parfois, le traitement consiste à équiper le dormeur avec un dispositif à placer dans la bouche pendant le sommeil (orthèse d’avancée mandibulaire). Cette orthèse est destinée à maintenir la mâchoire inférieure (mandibule) en position légèrement avancée. Ce dispositif, réalisé sur mesure, force la langue à avancer et permet de libérer le passage de l’air dans le pharynx. Ces orthèses semblent efficaces chez certains patients mais on manque encore de recul sur leur usage. Leur efficacité sur les ronflements semble supérieure à celle sur les apnées du sommeil. Ces orthèses sont plutôt proposées aux patients chez qui la ventilation en PPC n’a pas été efficace ou bien supportée.

Enfin, chez les personnes victimes de somnolence pendant la journée du fait d’un sommeil perturbé par les apnées résistantes à ces traitements, le modafinil (MODIODAL) est parfois prescrit pour soulager leurs irrépressibles envies de dormir.

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