Voyages : recommandations sanitaires

Mise à jour : 14 septembre 2020
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Quels patients traiter ?

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Objectifs de la prise en charge

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Prise en charge
Stratégie vaccinale avant un voyage
Stratégie vaccinale avant un voyage
1
Vérification et mise à jour des vaccins courants
Quelle que soit la destination, une vérification et une mise à jour éventuelle des vaccins courants s'imposent (voir Traitements).
2
Choix des vaccins en fonction de la destination
Fièvre jaune : indispensable, même en l'absence d'obligation administrative, pour tout séjour dans une zone endémique intertropicale d'Afrique ou d'Amérique du Sud. Pays à risque : cf. tableau 3, pages 13-16 du BEH 2020.
Encéphalite japonaise : séjour en zone rurale plusieurs semaines ou pendant la saison de transmission (saison des pluies), plus particulièrement dans les zones où l'irrigation par inondation est pratiquée (rizières), à proximité d'élevages de porcs, du Pakistan à l'ouest, aux Philippines à l'est, de la Chine au nord, à l'Indonésie au sud (Japon compris) ; cf. BEH 2020, pages 8-9.
Encéphalite à tiques : séjour en zone rurale ou forestière d'endémie en Europe centrale, orientale et septentrionale, nord de l'Asie, de la Chine, du Japon, du printemps à l'automne ; cf. BEH 2020, pages 10-11.
Infections invasives à méningocoques : séjour en zone d'endémie, notamment Afrique subsaharienne, au moment de la saison sèche ou séjour en zone d'épidémie, en cas de contact étroit et prolongé avec la population locale.
3
Choix des vaccins en fonction du type de séjour
Hépatite A : séjour dans un pays où les conditions d'hygiène sont précaires, particulièrement en cas de maladie chronique du foie, de mucoviscidose, et pour les personnes âgées.
Fièvre typhoïde : séjour prolongé ou dans de mauvaises conditions dans les pays où l'hygiène est précaire et/ou la maladie endémique (sous-continent indien, Asie du Sud-Est).
Hépatite B : séjour fréquent ou prolongé dans les pays à forte ou moyenne prévalence.
Rage : séjour prolongé ou aventureux, en situation d'isolement dans un pays à haut risque (pays en développement, Asie, Afrique dont Afrique du Nord, Amérique du Sud). Recommandé chez l'enfant dès l'âge de la marche (voir Cas particuliers).
Grippe saisonnière : pour tous les âges à partir de 6 mois, lors de voyage en groupe (croisières notamment), personnel des bateaux de croisière et des avions.
Tuberculose : BCG recommandé dès la naissance et jusqu'à 15 ans, en cas de séjours fréquents ou prolongés dans les pays à forte incidence tuberculeuse. (Lire Vaccinations.)
Choléra : ce vaccin n'est recommandé que dans certaines situations (voir Cas particuliers).
Poliomyélite : certains pays exigent une vaccination à jour pour l'entrée sur leur territoire (voir Cas particuliers).
1
Vérification et mise à jour des vaccins courants
Quelle que soit la destination, une vérification et une mise à jour éventuelle des vaccins courants s'imposent (voir Traitements).
2
Choix des vaccins en fonction de la destination
Fièvre jaune : indispensable, même en l'absence d'obligation administrative, pour tout séjour dans une zone endémique intertropicale d'Afrique ou d'Amérique du Sud. Pays à risque : cf. tableau 3, pages 13-16 du BEH 2020.
Encéphalite japonaise : séjour en zone rurale plusieurs semaines ou pendant la saison de transmission (saison des pluies), plus particulièrement dans les zones où l'irrigation par inondation est pratiquée (rizières), à proximité d'élevages de porcs, du Pakistan à l'ouest, aux Philippines à l'est, de la Chine au nord, à l'Indonésie au sud (Japon compris) ; cf. BEH 2020, pages 8-9.
Encéphalite à tiques : séjour en zone rurale ou forestière d'endémie en Europe centrale, orientale et septentrionale, nord de l'Asie, de la Chine, du Japon, du printemps à l'automne ; cf. BEH 2020, pages 10-11.
Infections invasives à méningocoques : séjour en zone d'endémie, notamment Afrique subsaharienne, au moment de la saison sèche ou séjour en zone d'épidémie, en cas de contact étroit et prolongé avec la population locale.
3
Choix des vaccins en fonction du type de séjour
Hépatite A : séjour dans un pays où les conditions d'hygiène sont précaires, particulièrement en cas de maladie chronique du foie, de mucoviscidose, et pour les personnes âgées.
Fièvre typhoïde : séjour prolongé ou dans de mauvaises conditions dans les pays où l'hygiène est précaire et/ou la maladie endémique (sous-continent indien, Asie du Sud-Est).
Hépatite B : séjour fréquent ou prolongé dans les pays à forte ou moyenne prévalence.
Rage : séjour prolongé ou aventureux, en situation d'isolement dans un pays à haut risque (pays en développement, Asie, Afrique dont Afrique du Nord, Amérique du Sud). Recommandé chez l'enfant dès l'âge de la marche (voir Cas particuliers).
Grippe saisonnière : pour tous les âges à partir de 6 mois, lors de voyage en groupe (croisières notamment), personnel des bateaux de croisière et des avions.
Tuberculose : BCG recommandé dès la naissance et jusqu'à 15 ans, en cas de séjours fréquents ou prolongés dans les pays à forte incidence tuberculeuse. (Lire Vaccinations.)
Choléra : ce vaccin n'est recommandé que dans certaines situations (voir Cas particuliers).
Poliomyélite : certains pays exigent une vaccination à jour pour l'entrée sur leur territoire (voir Cas particuliers).
Prévention et prise en charge des maladies au cours d'un voyage
Prévention et prise en charge des maladies au cours d'un voyage
1
Diarrhée du voyageur
La « turista » est la pathologie la plus fréquente en voyage. C'est le plus souvent un épisode aigu bénin, spontanément résolutif en 1 à 3 jours, mais inconfortable.
La contamination est presque toujours alimentaire, d'étiologie le plus souvent bactérienne, plus rarement parasitaire ou virale. La prévention repose essentiellement sur les mesures d'hygiène.
Une antibiothérapie n'est indiquée que dans les formes moyennes ou sévères, fébriles et/ou avec des selles glairo-sanglantes (voir Cas particulier « Diarrhées » et Traitements).
La survenue d'une diarrhée, plus particulièrement au retour d'un voyage en Asie, est de plus en plus associée au portage digestif de bactéries multirésistantes (BMR : E. coli, BLSE), d'autant plus que cette diarrhée a été traitée par antibiotiques (notamment fluoroquinolones) ou lopéramide (voir Retour de voyage et actualité des pathologies émergentes).
La déshydratation (jeunes enfants et personnes âgées en particulier) doit être prévenue et, si nécessaire, corrigée.
2
Maladies transmises par des arthropodes
De l'anophèle aux Aedes et autres culicidés, les moustiques peuvent être les vecteurs du paludisme, de la dengue, du chikungunya, du virus Zika, de l'encéphalite japonaise ou d'autres arboviroses (fièvre jaune, infections à West Nile virus, encéphalite japonaise, etc.), ainsi que de certaines filarioses.
Les mouches et les punaises transmettent les protozoaires à l'origine de la leishmaniose, des trypanosomoses (maladie du sommeil ou maladie de Chagas), mais aussi onchocercose, bartonelloses, rickettsioses et peste qui peuvent être transmises par des mouches, des poux ou des puces.
Les tiques peuvent être vectrices d'infections bactériennes (maladie de Lyme (Lire Lyme (maladie de).), fièvre Q, différentes rickettsioses), ou virales (encéphalite à tiques, certaines fièvres hémorragiques comme la fièvre de Crimée-Congo).
Les arthropodes piqueurs venimeux (araignées, scolopendres, scorpions, mais aussi guêpes, abeilles, frelons), comme les acariens (type aoûtats) sont responsables au minimum de nuisances qui justifient de s'en protéger.
3
Maladies transmises par d'autres animaux
Il s'agit d'infections spécifiques (rage, hydatidose, etc.) ou de pathologies liées aux venins (voir Cas particuliers).
4
Autres risques (voir Cas particuliers)
Les transfusions sanguines, les injections IV, IM ou SC, les incisions ou les explorations endoscopiques représentent également un risque majeur dans les pays aux structures sanitaires insuffisantes (hépatites B et C, VIH).
1
Diarrhée du voyageur
La « turista » est la pathologie la plus fréquente en voyage. C'est le plus souvent un épisode aigu bénin, spontanément résolutif en 1 à 3 jours, mais inconfortable.
La contamination est presque toujours alimentaire, d'étiologie le plus souvent bactérienne, plus rarement parasitaire ou virale. La prévention repose essentiellement sur les mesures d'hygiène.
Une antibiothérapie n'est indiquée que dans les formes moyennes ou sévères, fébriles et/ou avec des selles glairo-sanglantes (voir Cas particulier « Diarrhées » et Traitements).
La survenue d'une diarrhée, plus particulièrement au retour d'un voyage en Asie, est de plus en plus associée au portage digestif de bactéries multirésistantes (BMR : E. coli, BLSE), d'autant plus que cette diarrhée a été traitée par antibiotiques (notamment fluoroquinolones) ou lopéramide (voir Retour de voyage et actualité des pathologies émergentes).
La déshydratation (jeunes enfants et personnes âgées en particulier) doit être prévenue et, si nécessaire, corrigée.
2
Maladies transmises par des arthropodes
De l'anophèle aux Aedes et autres culicidés, les moustiques peuvent être les vecteurs du paludisme, de la dengue, du chikungunya, du virus Zika, de l'encéphalite japonaise ou d'autres arboviroses (fièvre jaune, infections à West Nile virus, encéphalite japonaise, etc.), ainsi que de certaines filarioses.
Les mouches et les punaises transmettent les protozoaires à l'origine de la leishmaniose, des trypanosomoses (maladie du sommeil ou maladie de Chagas), mais aussi onchocercose, bartonelloses, rickettsioses et peste qui peuvent être transmises par des mouches, des poux ou des puces.
Les tiques peuvent être vectrices d'infections bactériennes (maladie de Lyme (Lire Lyme (maladie de).), fièvre Q, différentes rickettsioses), ou virales (encéphalite à tiques, certaines fièvres hémorragiques comme la fièvre de Crimée-Congo).
Les arthropodes piqueurs venimeux (araignées, scolopendres, scorpions, mais aussi guêpes, abeilles, frelons), comme les acariens (type aoûtats) sont responsables au minimum de nuisances qui justifient de s'en protéger.
3
Maladies transmises par d'autres animaux
Il s'agit d'infections spécifiques (rage, hydatidose, etc.) ou de pathologies liées aux venins (voir Cas particuliers).
4
Autres risques (voir Cas particuliers)
Les transfusions sanguines, les injections IV, IM ou SC, les incisions ou les explorations endoscopiques représentent également un risque majeur dans les pays aux structures sanitaires insuffisantes (hépatites B et C, VIH).
Cas particuliers
Diarrhées du voyageur : conduites à tenir
Les diarrhées du voyageur se répartissent en diarrhée aiguë (bénigne, modérée ou sévère selon leur degré de tolérance par le patient et leur impact sur son activité normale) et en diarrhée persistante (plus de 2 semaines). Tout syndrome dysentérique avec des selles sanglantes est considéré comme diarrhée aiguë sévère.
Les agents étiologiques sont bactériens (Escherichia coli, Salmonelles, Shigelles, Campylobacter, Yersinia enterocolitica, Clostridium difficile, etc.), viraux (rotavirus, norovirus, etc.) ou parasitaires (Entamoeba histolytica, Giardia intestinalis, Cryptosporidium).
La prévention repose sur des mesures d'hygiène simples : se laver les mains ; préférer les plats chauds et les aliments bien cuits ; ne consommer que de l'eau en bouteille capsulée ; éviter les glaçons, les jus de fruits frais et les glaces préparés de façon artisanale. Sauf situations particulières (déficit immunitaire, maladies inflammatoires chroniques de l'intestin notamment), il n'y a aucune indication à une prophylaxie médicamenteuse.
Une consultation médicale est recommandée dans les formes aiguës moyennes ou sévères et les formes persistantes, et systématiquement chez l'enfant de moins de 2 ans.
Les examens microbiologiques chez les adultes ne sont indiqués que dans les formes sévères, persistantes, et en cas d'échec d'un traitement probabiliste.
Le traitement comporte avant toutes choses la prévention et/ou la correction d'une déshydratation. Le traitement antidiarrhéique symptomatique ne doit pas être systématique (voir Traitements antidiarrhéiques symptomatiques dans Traitements).
Les pansements intestinaux (diosmectite, etc.) n'ont pas prouvé leur efficacité.
Le niveau de preuve d'efficacité des probiotiques est insuffisant pour les recommander.
Chez l'adulte, l'antibiotique à utiliser en 1re intention dans les diarrhées sévères, survenant pendant le voyage ou au retour, est l'azithromycine, compte tenu de la prévalence de la résistance aux fluoroquinolones dans le monde (Asie notamment).
Une fluoroquinolone (ciprofloxacine) peut être prescrite en cas de diarrhée sévère sauf en cas de séjour en Asie (voir Antibiothérapie dans Traitements).
Pour plus de détails, se reporter BEH 2020, cité en référence, pages 54 à 58.
Enfants : précautions particulières
Un voyage avec des nourrissons dans les pays tropicaux dans des conditions précaires est à déconseiller s'il n'est pas indispensable.
Outre la mise à jour des vaccinations, on insistera sur la prévention des diarrhées : hygiène stricte, utilisation d'eau minérale ou d'eau filtrée bouillie pour les biberons, lavage des mains des personnes s'occupant du bébé. L'allaitement au sein doit être favorisé.
En cas de diarrhée, les parents doivent connaître les signes de gravité, le régime antidiarrhéique en fonction de l'âge, les principes d'utilisation des sachets de réhydratation orale de type OMS ou dérivés. Le lopéramide est contre-indiqué chez l'enfant de moins de 2 ans.
Le risque pour un nourrisson voyageur âgé de moins de 6 mois de contracter une gastroentérite aiguë à rotavirus est important. En France, la vaccination orale contre le rotavirus n'est pas recommandée en 2020.
Les enfants doivent être systématiquement protégés du soleil et du risque d'un coup de chaleur, mais aussi des grands froids et des risques particuliers liés au voyage (transport en voiture). Les risques de noyade et d'accidents domestiques augmentent pendant les voyages.
Femmes en âge de procréer/femmes enceintes et femmes allaitantes : précautions particulières
Les destinations à risque sont déconseillées aux femmes enceintes, sauf en cas d'absolue nécessité. Pour tenir compte de l'actualité épidémiologique du virus Zika, les voyages sont déconseillés dans les zones à risque élevé en raison d'embryofœtopathies et autres complications (voir BEH 2020, page 75).
Les vaccins vivants sont contre-indiqués, ou au minimum déconseillés, en cours de grossesse. Les vaccins inactivés sont en principe sans danger pour le fœtus, mais en raison de l'insuffisance habituelle de données d'études cliniques, leurs indications au cours de la grossesse sont soumises à une évaluation rigoureuse du rapport bénéfice/risque. D'une façon générale, une vaccination ne sera envisagée qu'en cas de risque infectieux important : voyage inévitable en zone endémique, contexte professionnel, exposition intrafamiliale. Seuls les vaccins tétanique et poliomyélitique injectables sont autorisés sans restriction.
Les longs voyages aériens, ou en voiture, tout comme les activités physiques inadaptées, sont à déconseiller en fin de grossesse. Le risque accru, en cours de grossesse, de thrombophlébites, ne doit par ailleurs pas être oublié. Il est prudent, si nécessaire, de demander un avis obstétrical.
L'accès palustre étant une cause identifiée d'avortement, la prévention du paludisme (Lire Paludisme : prophylaxie.) est indispensable. Seule la doxycycline est contre-indiquée dans ce contexte.
Des précautions particulières sont résumées dans le chapitre 9-5 « Femmes enceintes ou qui allaitent » du BEH 2020, pages 70 à 72.
Personnes âgées : précautions particulières
Un voyageur âgé en bonne santé ne court en principe pas plus de risques qu'un autre voyageur.
Il est utile de vérifier que l'organisation matérielle du voyage est compatible avec les capacités du sujet, notamment en cas de diminution de ses capacités de récupération et d'adaptation.
Personnes atteintes d'affections chroniques : précautions particulières
Elles doivent si possible être en possession d'un compte-rendu médical, rédigé de préférence dans la langue du pays, ou au moins en anglais, mentionnant les traitements en cours en DCI (dénomination commune internationale), avec les coordonnées du médecin traitant. Les médicaments ou matériels médicaux emportés doivent être accompagnés d'une ordonnance.
Une consultation médicale avant le voyage est indispensable : elle permet de juger de la faisabilité du voyage, des possibilités d'adaptation éventuelle des conditions du voyage, des vaccinations à pratiquer, des médicaments à emporter.
Les personnes atteintes de diabète, glaucome, épilepsie, maladie psychiatrique, asthme, insuffisance respiratoire ou ayant eu une greffe d'organe doivent recueillir un avis médical autorisé avant le départ.
Avant un voyage aérien, un avis médical est nécessaire en cas de port d'un pacemaker, d'une prothèse auditive, d'affection ORL, de maladie veineuse (port de bas conseillé pour les vols de longue durée), de drépanocytose.
Le décalage horaire doit être pris en compte pour la prise de certains médicaments (contraceptifs oraux, anticoagulants, insuline, etc.), ainsi que pour la fatigue et les troubles du sommeil.
Personnes infectées par le VIH et personnes immunodéprimées : précautions particulières
Sauf contraintes liées à l'état clinique ou aux thérapeutiques en cours, il n'y a pas de restriction de principe aux voyages concernant des personnes immunodéprimées.
Sont concernées les personnes : vivant avec le VIH, hypospléniques ou aspléniques, transplantées d'organe solides, greffées de cellules souches hématopoïétiques, sous chimiothérapie pour tumeur solide ou hémopathie maligne, traitées par immuno-suppresseurs, biomédicaments et/ou corticothérapie pour une maladie auto-immune ou inflammatoire chronique, ou présentant un déficit immunitaire héréditaire.
Une consultation médicale est néanmoins indispensable avant le départ.
Pour les vaccinations : les recommandations doivent être adaptées en fonction des types d'immunodépression. Les vaccins vivants atténués tels que le vaccin contre la fièvre jaune sont contre-indiqués. Pour le VIH, un nombre de CD4 > 200/mm3 autorise la vaccination contre la fièvre jaune, mais le délai d'acquisition de l'immunité post-vaccinale semble augmenté.
La vaccination par le BCG est strictement contre-indiquée chez l'adulte comme chez l'enfant.
Les autres vaccins sont recommandés comme à l'ensemble des voyageurs.
La prévention du paludisme est indispensable.
Une attention particulière doit être accordée aux interactions médicamenteuses (une relecture soigneuse des notices est recommandée) et aux médicaments susceptibles d'entraîner une photosensibilisation.
Personnes se rendant à de grands rassemblements, type pèlerinages
Les pèlerinages à La Mecque présentent des risques particuliers pour la santé, du fait du nombre très élevé de pèlerins, souvent âgés, de la promiscuité et du confinement, dans des conditions climatiques très dures. On doit souligner l'importance de l'hygiène des mains, d'une hydratation correcte et de protections contre la chaleur. Il faut également tenir compte des risques traumatiques. Ces conseils peuvent être délivrés dans les centres de vaccinations internationales, lorsque les pèlerins se présentent pour être vaccinés contre la méningite. La vaccination contre les infections invasives à méningocoques avec un vaccin tétravalent A, C, Y, W est obligatoire pour l'obtention des visas pour le pèlerinage en Arabie Saoudite. Des risques du même ordre peuvent également être présents pour des participants à de grands rassemblements en France ou ailleurs à travers le monde : pèlerinages, Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), Kumbha Melas, etc.
Militaires
Les recommandations sanitaires pour les militaires s'appuient sur les recommandations sanitaires pour les voyageurs. Mais, il peut exister des recommandations spécifiques d'un niveau de protection plus élevé.
Par contre, les recommandations pour les personnes accompagnant les militaires sont celles préconisées en population générale, notamment celles concernant les vaccinations et la protection contre le paludisme.
Risque de choléra
Pour un voyageur séjournant dans un des foyers où le choléra est endémique, la probabilité de contracter le choléra est évaluée à moins de 1 pour 100 000, la létalité n'excédant pas 2 %. En France métropolitaine, moins de 5 cas de choléra sont déclarés chaque année, presque toujours importés de pays endémiques.
Une prévention efficace est assurée par des règles d'hygiène simples appliquées à l'alimentation (cf. Cas particuliers).
Le vaccin anticholérique administré per os est d'efficacité discutable. Sa prescription n'est habituellement pas justifiée pour les voyageurs, le respect des mesures d'hygiène (hygiène alimentaire, lavage des mains) restant la meilleure des préventions.
La vaccination n'est recommandée que pour les personnels devant intervenir auprès de malades, en situation d'épidémie.
Risque de poliomyélite
Une personne correctement vaccinée suivant les recommandations nationales est protégée contre le risque de contracter la maladie. Ainsi, la protection individuelle d'un voyageur ne nécessite pas de vaccination supplémentaire.
L'objectif de l'OMS est l'éradication de la poliomyélite. À ce jour, il n'est pas atteint, car on observe encore une circulation de poliovirus sauvage (PVS1) dans 3 pays : Afghanistan, Pakistan et Nigeria, ainsi qu'une circulation de virus dérivés de deux souches vaccinales (PVDVc1 et PVDVc2 issues du vaccin oral – virus vivant atténué – non disponible en France). Outre les 3 pays précédents, cette diffusion existe dans 15 pays d'Afrique intertropicale, mais aussi en Indonésie, Malaisie, au Myanmar, aux Philippines et en Chine. La vaccination complémentaire imposée par l'OMS (voir procédure spéciale ci-dessous) vise à réduire le risque de propagation internationale de ces virus. Ce rappel vaccinal sert à renforcer l'immunité de la muqueuse intestinale et à empêcher le portage asymptomatique du poliovirus, qui devient possible quand la vaccination par le vaccin injectable (forme inactivée) date de plus de 12 mois.
Procédure spéciale contre la poliomyélite :
Les voyageurs et les expatriés devant effectuer un séjour de 4 semaines où plus à destination de tous les états ou circulent les poliovirus sauvages et les poliovirus dérivés de souches vaccinales, devraient recevoir, quel que soit leur âge, une dose de vaccin poliomyélitique inactive (VPI) dans un délai de 4 semaines à 12 mois avant leur départ. La vaccination devrait être attestée par la délivrance d'un Certificat international de vaccination, dont le modèle figure dans l'Annexe 6 du Règlement sanitaire international (OMS).
Si le séjour dure plus de 12 mois, un 2e rappel peut être exigé lorsque le voyageur quittera le pays et devrait avoir été pratiqué au moins un mois avant son départ.
Les voyageurs devant effectuer un séjour inferieur à 4 semaines dans un de ces pays doivent satisfaire aux recommandations du calendrier vaccinal français.
Enfin, certains pays, où ne circulent pas de poliovirus, exigent également une vaccination à l'entrée sur leur territoire pour des voyageurs venant des pays suivants : Arabie saoudite, Bélize, Brunéi, Égypte, Géorgie, Inde, Iran, Irak, Jordanie, Liban, Libye, Maldives, Maroc, Népal, Oman, Philippines et Qatar.
Risque de rage
On dénombre au moins 59 000 décès de rage dans le monde (OMS). L'importation de rage en métropole est exceptionnelle, mais possible (1 cas en 2017). Dans le cadre des voyages, les recommandations sanitaires portent une attention plus importante à la rage, car il est nécessaire de prévenir la contamination (la rage déclarée est constamment mortelle). La rage est transmise par morsure, griffure et léchage sur plaie ou muqueuse par de nombreuses espèces animales (carnivores domestiques et sauvages et chauves-souris). Cependant, 99 % des décès par rage chez les humains sont liés à des transmissions par les chiens domestiques. Il est donc important de conseiller aux voyageurs d'éviter tout contact avec les carnivores sauvages, les primates et les chauves-souris partout dans le monde, ainsi qu'avec les carnivores domestiques (chiens et chats) dans les zones à risque. Les voyages prolongés ou aventureux avec un risque élevé de contact avec des animaux domestiques ou sauvages ou en situation d'isolement ne permettent pas une prise en charge rapide.
En dehors des recommandations de vaccination contre la rage des personnels exposés, la vaccination préventive contre la rage est recommandée pour les voyageurs devant effectuer un séjour dans les zones à haut risque (Asie, Afrique y compris l'Afrique du Nord, Amérique du Sud). Le BEH 2020 propose en page 24 une carte mondiale des zones à risque de rage animale, canine en particulier.
Pour les zones à risque, la vaccination préventive est recommandée chez les jeunes enfants dès qu'ils marchent. En effet, ces derniers ont un risque plus élevé d'exposition par morsure ou par contact mineur passé inaperçu ou non déclaré par l'enfant (léchage sur peau excoriée, griffure, etc.).
En préexposition, la vaccination peut être réalisée dans un centre antirabique, un centre de vaccinations internationales ou par un médecin de ville.
Quel que soit le statut vaccinal pré-exposition vis-à-vis de la rage, toute exposition suspectée ou avérée à la rage doit faire l'objet d'une prise en charge globale et immédiate : lavage de la plaie 15 minutes à l'eau et au savon, désinfection et consultation dans les meilleurs délais en vue d'une prophylaxie post-exposition (PPE).
La vaccination préventive (ou pré-exposition) simplifie le traitement post-exposition et dispense du recours aux immunoglobulines antirabiques qui ne sont pas toujours disponibles dans les pays en développement.
En post-exposition, la prescription et le traitement vaccinal ne peuvent être réalisés en France que par un médecin d'un centre ou d'une antenne antirabique. Les listes des centres antirabiques et des antennes antirabiques sont disponibles sur le site de l'institut Pasteur.
Risques liés au transport
1. Accidents de la voie publique
Les accidents (de la circulation ou non) représentent une des principales causes de rapatriement sanitaire et de mortalité. Dans toute la mesure du possible, les règles de prévention (port de la ceinture de sécurité, port du casque si l'on circule à deux-roues et utilisation de sièges auto pour les enfants en bas âge) doivent être respectées.
2. Transports aériens
Conseils généraux :
Emporter les médicaments en cabine (dans le respect de la réglementation régissant le transport des produits et matériels). Garder les médicaments délivrés sur ordonnance dans leur emballage ou récipient d'origine, accompagnés d'une lettre d'un médecin certifiant que le passager en a besoin, notamment si les médicaments doivent être administrés sous forme injectable.
Prendre un avis médical spécialisé avant le départ pour les personnes atteintes de certaines affections chroniques.
Tenir compte du décalage horaire pour la prise de certains médicaments (contraceptifs oraux, anticoagulants, insuline, etc.).
Prévention des thromboses veineuses profondes liées à un voyage aérien :
Le transport aérien apparaît comme un facteur de risque de thrombose veineuse, multipliant le risque par deux. Certains voyageurs peuvent aussi avoir un facteur de risque indépendant : âge, antécédents personnels ou familiaux de thrombose veineuse ou d'embolie pulmonaire, thrombophilie (déficit en protéine C), contraception œstro-progestative ou œstrogénothérapie de substitution hormonale, obésité, varices, intervention chirurgicale récente concernant notamment l'abdomen, le bassin ou les membres inférieurs, tabagisme, grossesse. Les mesures suivantes peuvent être recommandées à titre préventif :
s'hydrater régulièrement au cours du vol, bouger fréquemment les jambes, se déplacer dans l'avion, suivre les programmes d'exercices proposés en cours de vol, réalisables sans quitter sa place ;
la présence d'au moins un facteur de risque de thrombose justifie le port d'une contention élastique (mi-cuisse plus confortable que sous le genou) de classe 2 (pression à la cheville de 15 à 30 mmHg) ; cette mesure devrait même concerner tous les voyageurs qui ne déambulent pas régulièrement à bord, plus particulièrement pour tous les voyages de plus de 6 heures ;
les héparines de bas poids moléculaire ou le fondaparinux (inhibiteur du facteur X) n'ont pas d'indication validée mais sont parfois prescrits, hors AMM, à dose prophylactique chez les sujets pour lesquels la contention n'est pas possible ou en cas de risque très élevé. La prise d'aspirine ne prévient pas les thromboses veineuses.
Contre-indications à un voyage aérien :
L'OMS propose une liste de contre-indications aux voyages aériens : nourrissons âgés de moins de 48 heures, femmes enceintes après la 36e semaine de grossesse, ainsi qu'une liste (non exhaustive) d'une douzaine de maladies (BEH 2020, page 58).
Dont la drépanocytose pour laquelle il faut considérer les situations suivantes comme des contre-indications : une accélération récente de la fréquence des crises vaso-occlusives, un syndrome thoracique aigu dans les mois précédents, des antécédents récents d'accident vasculaire cérébral, un priapisme non contrôlé, ou l'association de plusieurs complications chroniques telles que hypertension artérielle pulmonaire non traitée, majoration récente de l'anémie avec des signes de mauvaise tolérance, grossesse.
Les avions ne disposant pas de pressurisation sont contre-indiqués. Porter une attention spéciale à la prévention des thromboses. Prévoir à l'avance la possibilité de disposer d'oxygène durant le vol. Les sujets simples hétérozygotes AS « porteurs d'un trait drépanocytaire » peuvent voyager sans problème.
Enfin, ne pas oublier que chez les drépanocytaires, le premier risque du voyage à l'étranger est l'infection.
Prise en compte et prévention des effets du décalage horaire :
Tenir compte du décalage horaire pour la prise de certains médicaments (contraceptifs oraux, anticoagulants, insuline, etc.).
Quelques mesures hygiénodiététiques peuvent en atténuer les effets.
La mélatonine est proposée car elle aiderait à resynchroniser le rythme veille/sommeil avec le cycle jour/nuit. Les doses habituellement utilisées vont de 0,5 à 2 mg/j.
3. Transports maritimes
Les problèmes de santé les plus fréquents sont le mal de mer, les infections respiratoires, les traumatismes et les affections gastro-intestinales. Il est indispensable que les passagers prévoient un stock suffisant de fournitures médicales pour de longs séjours passés en mer. Les médicaments délivrés sur ordonnance doivent être transportés dans leur emballage ou récipient d'origine, accompagnés d'une lettre d'un médecin certifiant que le passager en a besoin.
Les situations de confinement à bord et la multiplication des escales favorisent l'éclosion d'épidémies parmi les passagers et les membres d'équipage, pouvant toucher un pourcentage important d'entre eux. Les vaccinations contre la grippe et l'hépatite A sont particulièrement justifiées.
4. Mal des transports
Le mal des transports est plus fréquent en bateau mais peut aussi survenir en voiture et dans les autres modes de transports. Les enfants âgés de 2 à 12 ans sont plus à risque que les nourrissons, les adolescents ou les adultes. Les antécédents de migraine sont un facteur favorisant.
En prévention, les antihistaminiques de première génération (sédatifs) (dimenhydrinate, chlorphéniramine) peuvent être utilisés. La scopolamine n'a d'indication qu'en dispositif transdermique, son efficacité est moyenne, calmant les nausées, pas les vomissements ; elle a des contre-indications chez l'adulte et n'est pas bien évaluée en pédiatrie. Le gingembre peut être efficace dans les nausées et vomissements.
Risques en rapport avec l'environnement
Excursions et randonnées en altitude (> 2 500 mètres) : un avis médical spécialisé est recommandé avant le départ. La haute altitude est déconseillée aux enfants âgés de moins de 7 ans. Les troubles observés à haute altitude sont liés à l'hypoxie. Ils surviennent d'autant plus fréquemment que l'ascension est plus rapide, d'où la règle à respecter : « ne pas monter trop vite, trop haut ». Le mal aigu des montagnes peut se traduire par des céphalées, une insomnie, une anorexie, des nausées, des œdèmes. Avant 3 ans, les signes sont plus frustes : irritabilité, anorexie, apathie, insomnie. Deux complications graves sont possibles : œdème pulmonaire et œdème cérébral.
La prévention du mal des montagnes repose sur une ascension progressive et une adaptation à l'altitude de quelques jours, au repos. Un traitement préventif médicamenteux est possible ; il est à commencer 2 jours avant l'arrivée en haute altitude et à poursuivre pendant 2 jours après avoir atteint le point culminant.
L'acétazolamide, administré en deux prises quotidiennes de 125 mg (chez l'enfant, 2,5 à 5 mg/kg/j en 2 prises, maximum 125 mg/prise) peut être recommandé en l'absence de contre-indication aux sulfamides ; en cas de contre-indication, il est possible de prescrire de la dexaméthasone 4 mg deux fois par jour, hors AMM (cf. BEH 2020).
En cas de mal d'altitude, la meilleure solution est de redescendre le plus rapidement possible à une altitude inférieure.
Plongée sous-marine avec bouteille : il faut entre autres informer les personnes de ne pas plonger 24 heures avant un voyage en avion ou un séjour en altitude. Le principal risque encouru est la survenue d'une embolie gazeuse.
Risques liés aux baignades : quel que soit le lieu de baignade, il existe des risques d'hydrocution et divers risques infectieux, tels que les gastro-entérites (risque féco-oral), les dermatites, les otites, les conjonctivites et les infections respiratoires. Il existe en outre des risques propres à chaque situation de baignade.
En mer, ces risques sont de 2 sortes :
noyade due aux courants violents ;
envenimation par contact avec des méduses, des poissons venimeux (poisson-pierre, etc.) ou des coraux.
La situation est aggravée dans les pays en développement, du fait de l'absence de surveillance des plages et de moyens de secours. Il convient donc de se renseigner localement, de respecter strictement les consignes de sécurité lorsqu'elles existent et d'éviter les baignades sur des plages désertes.
Baignade dans les piscines : dans de nombreux pays, il n'existe pas de norme pour l'utilisation des piscines et notamment pas de dispositifs permettant d'en interdire l'accès à de jeunes enfants non accompagnés, ni de dispositifs d'alarme en cas de chute dans l'eau. La vigilance est donc essentielle pour protéger ceux-ci contre le risque de noyade.
Utilisation des spas : elle est associée au risque de transmission de légionellose et d'infections cutanées à bacille pyocyanique.
En eau douce, les baignades exposent à des infections transmises par voie cutanée comme la leptospirose, la bilharziose ou dans une moindre mesure la naeglériase (amibe Naegleria fowleri).
Exposition à la chaleur : le coup de chaleur est la conséquence d'une élévation de la température corporelle centrale dans des conditions climatiques particulières (température extérieure élevée, hygrométrie élevée). Il se traduit par une hyperthermie, d'abord accompagnée de sudation puis sèche, associée à un épuisement. Il se complique de troubles de la conscience et de déshydratation. Le pronostic vital peut être engagé : c'est une urgence médicale. Les nourrissons et les jeunes enfants sont particulièrement à risque. La prévention est essentielle.
Exposition au soleil : les effets délétères du soleil sont dus aux radiations solaires, dont les UVA et surtout les UVB. Les voyageurs les plus exposés aux complications de l'ensoleillement excessif sont les enfants, les personnes aux phototypes clairs (roux, blonds, châtains), les patients prenant des médicaments photosensibilisants et les personnes immunodéprimées. Les médicaments photosensibilisants sont très nombreux. On citera (mais cette liste n'est pas du tout limitative) : l'amiodarone, l'isotrétinoïne, certains antibiotiques (quinolones, cyclines, cotrimoxazole). Le risque exact de la doxycycline conseillée en traitement préventif du paludisme est inconnu, mais il est recommandé, pour diminuer ce risque, de prendre le médicament le soir au dîner. Les mesures de prévention sont : diminuer l'exposition, porter vêtements couvrants, chapeau et verres filtrants. Utiliser un écran solaire adapté à son phototype.
Exposition au grand froid : le grand froid est un risque pour tous, mais surtout pour les personnes fragilisées par une pathologie préexistante, les sujets âgés, les enfants, les personnes handicapées. Les gelures sont fréquentes. Les symptômes de l'hypothermie sont progressifs : chair de poule, frissons, engourdissement des extrémités sont des signaux d'alarme. En cas de persistance, ils peuvent nécessiter une aide médicale. Les mesures de prévention doivent parfois être rappelées : éviter les expositions prolongées au froid et au vent ; s'habiller chaudement, se couvrir la tête, les mains et les pieds, ne pas garder de vêtements humides ; éviter les efforts brusques.
Pollution atmosphérique : les grandes métropoles, notamment d'Asie (Chine, Pakistan, Inde etc.), ainsi que certaines villes d'Afrique (pays subsahariens ou bordant la Méditerranée) subissent des niveaux élevés de pollution atmosphérique (particules fines, NOx, SO2, O3, COV, pesticides, métaux) qui peuvent avoir un impact sur la santé, notamment respiratoire et cardiovasculaire à court et surtout à long terme. Il est conseillé de se renseigner sur les niveaux de pollution en fonction de la saison et de la localité, à partir des sites internet des pays considérés ou les ambassades et consulats français ou de consulter la page de l'OMS. Pour plus détails, voir BEH 2020, page 62.
Animaux autres que les arthropodes :
L'importation d'animaux domestiques ou sauvages est strictement interdite et peut donner lieu à des sanctions pénales et financières lourdes.
Les animaux venimeux (serpents, autres reptiles, batraciens, poissons, coquillages, coraux) provoquent des envenimations ou des intoxications. Toute piqûre ou morsure qui entraîne des troubles importants nécessite de consulter le service des urgences le plus proche.
En ce qui concerne les mammifères et les oiseaux, les lésions causées par morsure ou coup de bec sont les dommages les plus fréquents, mais de très nombreuses zoonoses peuvent être transmises à l'homme. La règle générale est de ne pas approcher les animaux, même familiers, même jeunes, même morts, de ne pas les caresser et de consulter rapidement en cas de morsure, de griffure ou de léchage sur une peau lésée ou une muqueuse. Dans ce cas, il est important de laver la plaie ou la zone léchée à l'eau et au savon, d'appliquer un antiseptique, puis de contacter les structures médicales locales qui prendront si besoin des mesures de prophylaxie post-exposition.
Le chien est le principal réservoir du virus de la rage dans les pays en développement, mais tous les mammifères peuvent être atteints, notamment les chauves-souris et les singes. Le virus est présent dans la salive de l'animal infecté, qui peut le transmettre par morsure ou léchage, sans présenter encore les symptômes de la maladie : il est donc contaminant avant d'être malade. La vaccination est proposée pour certains voyages. Lire Vaccinations.
Précautions d'hygiène : une bonne hygiène corporelle est importante, particulièrement dans les pays tropicaux ou subtropicaux.
Apporter un soin particulier à la prise en charge de plaies ou de blessures cutanées  : laver, couvrir, ne pas laisser macérer.
Ne pas marcher pieds nus sur les plages. Ne pas s'allonger à même le sable (risque de Larva migrans).
Porter des chaussures fermées sur les sols boueux ou humides (risque d'anguillulose, d'ankylostomose, etc.).
Ne pas marcher ou se baigner dans les eaux douces (risque de bilharziose, de leptospirose, etc.).
Éviter l'ensoleillement excessif.
Porter un habillement léger, lavable aisément, perméable (coton et tissus non synthétiques).
Éviter de laisser sécher le linge à l'extérieur ou sur le sol (risque de myiase).
Éviter les contacts avec les animaux (être particulièrement vigilant avec les enfants).
Risques liés aux comportements sexuels
Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont cosmopolites, et le voyage peut induire des comportements à risque.
Certaines IST (VIH, hépatite B) ne bénéficient pas de traitement curatif, d'autres sont curables mais hautement contagieuses ou présentant des risques de complications (syphilis, gonococcie, herpès, chlamydioses, papillomaviroses).
L'usage du préservatif masculin ou féminin est le principal moyen de prévention contre les IST.
Contre l'hépatite B, la vaccination constitue la meilleure protection. Il en est de même de la vaccination contre certains papillomavirus humains (HPV) oncogènes, en tenant compte des recommandations.
Il faut conseiller aux voyageurs ayant eu des conduites sexuelles à risque de consulter pour un éventuel traitement post-exposition, notamment pour le VIH, non seulement dans leur intérêt, mais aussi celui de leurs partenaires actuels et futurs.
Risques liés aux soins
Le développement du tourisme médical (soins dentaires, chirurgie froide, chirurgie plastique) partout dans le monde expose ceux qui le pratiquent à des risques particuliers.
Dans la plupart des pays aux structures sanitaires insuffisantes, les transfusions sanguines représentent un risque majeur de transmission par le sang de pathogènes : virus des hépatites B et C et VIH.
Les soins médicaux avec injections intraveineuse (IV), intramusculaire (IM) et sous-cutanée (SC), incision, endoscopie, acupuncture exposent également à des risques infectieux. Afin de limiter ces risques :
refuser tout geste pour lequel il n'est pas sûr qu'il sera effectué avec du matériel neuf à usage unique (aiguilles, seringues, aiguilles d'acupuncture) ou soumis préalablement à une stérilisation appropriée ;
si l'on prévoit qu'on en aura besoin, se munir avant le départ de matériel (seringues, aiguilles) à usage unique.
Les infections nosocomiales sont particulièrement fréquentes dans les pays en développement et les bactéries en cause souvent multirésistantes : staphylocoques dorés résistant à la méticilline (SARM), entérobactéries sécrétrices de bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE) ou de carbapénémases, tuberculose MDR (multi-résistante) et XDR (ultra-résistante), voir le BEH 2020, pages 66-67. Tout patient rapatrié sanitaire ou ayant été hospitalisé à l'étranger au cours de l'année précédente doit subir, lors d'une hospitalisation en France, un écouvillonnage rectal à la recherche du portage d'une bactérie multi-résistante, et être éventuellement isolé.
Risques liés aux tatouages, piercing
Tatouages et piercing (dont le perçage des oreilles) représentent un risque majeur de transmission par le sang de pathogènes, notamment les virus des hépatites B et C et le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Ils exposent aussi au risque d'infections par des mycobactéries environnementales. Les tatouages éphémères noirs à base de henné exposent à des risques d'intolérance cutanée. Il faut déconseiller le recours à ces pratiques.
Risques liés aux drogues
L'usage de drogues au cours d'un voyage expose à des risques parfois mortels : risque infectieux, risque juridique (législation locale), troubles du comportement, intoxications ou surdosages.
Trousse à pharmacie du voyageur
La liste des médicaments qu'elle contient doit évidemment être adaptée en fonction des paramètres dont le voyageur et son médecin sont seuls juges. Cette liste n'est pas limitative.
Il est souhaitable que le voyageur dispose de la totalité de son traitement pour le séjour prévu. Les formes liquides ou suppositoires sont si possible à éviter. Les traitements qui requièrent des seringues, aiguilles ou stylos injecteurs peuvent être acceptés en cabine avec un certificat en anglais précisant le caractère indispensable des injections. Certains médicaments doivent être gardés à basse température et voyager en conditionnement isotherme.
Outre les médicaments habituels, prévoir :
Protection contre le paludisme : répulsif contre les moustiques, antipaludique à usage préventif. Éventuellement, antipaludique en réserve pour un traitement présomptif.
Médicaments systémiques : antalgique et antipyrétique (paracétamol), antiémétique, antidiarrhéique, antihistaminique (antiH1).
Antibiotiques uniquement dans certaines conditions (voyage dans une région isolée et/ou dans laquelle il est impossible de consulter rapidement un médecin), sur prescription médicale faite avant le départ. Dans le contexte de résistances bactériennes croissantes pour des germes communs ou des pathologies du voyage, le choix d'un antibiotique doit s'établir sur plusieurs critères : lieu et durée de voyage, accessibilité aux soins, antécédents personnels de l'individu.
Autres produits : antiseptique, collyre, crème solaire, crème pour les brûlures, pansements stériles et sutures adhésives, éventuellement produit pour la désinfection de l'eau de boisson, sachets de bouillon lyophilisé, sachets de sucre, set de matériel à usage unique (aiguilles, seringues, matériel de suture, etc.), préservatifs (norme NF), produit pour imprégner les moustiquaires.
La fréquence des contrefaçons dans beaucoup de pays en développement doit inciter à la plus grande prudence quant à l'utilisation de médicaments achetés sur place (efficacité moindre ou nulle, voire toxicité).
Retour de voyage et santé publique : actualité des pathologies émergentes
Ces pathologies sont simplement listées dans ce paragraphe. Pour plus de détails, se reporter au tableau n°12, pages 81 à 88 du BEH 2020. En cas de suspicion, le praticien doit faire le signalement aux Agences régionales de santé (ARS), dont les dispositifs d'alerte sont disponibles à tout moment, en utilisant les fiches de signalement, téléchargeables sur le site Santé publique France.
Infections respiratoires émergentes :
Depuis 15 ans, deux virus de la grippe (peste) aviaire ont principalement touché l'homme. Le A(H7N9) en Asie, surtout en Chine, le A(H5N1) en Asie, Afrique (Égypte), Moyen-Orient et Europe. À ce jour, il n'y a pas de risque de transmission interhumaine identifié ; la contamination se fait quasi exclusivement lors de contacts étroits et répétés avec des oiseaux (surtout d'élevage) infectés. Quelques milliers de cas sont rapportés, principalement en Chine, la contamination de voyageurs est anecdotique. Mais la mortalité humaine liée à ces virus aviaires est très élevée (de 30 à 60 %).
L'incidence de la grippe saisonnière est estimée à 1 pour 100 par mois de séjour à l'étranger chez les voyageurs.
Les coronavirus ont défrayé la chronique en 2003 avec l'épidémie, vite disparue, du SARS-CoV-1. La présence du MERSCoV (Middle East Respiratory Syndrome Coronavirus) a été rapportée dans 27 pays du Moyen-Orient (près de 2000 cas et 35 % de décès). Des cas sporadiques ont encore été rapportés en 2019. Quelques cas ont été importés en Europe, en Afrique du Nord et en Corée du Sud. Un des animaux transmetteurs serait le chameau.
Virus SARS-CoV-2 cause du COVID-19 :
Il est trop tôt pour dresser un état des lieux de la pandémie de COVID-19 et élaborer des recommandations propres à ceux qui voyagent. Mais il est prudent pour un voyageur de s'informer, quand les voyages seront de nouveau possibles, sur l'état de l'épidémie dans le pays (les zones) où il compte se rendre. Dans tous les cas, il est nécessaire d'observer les mesures de prévention d'infections graves à transmission directe (importance des gestes barrières, respect des distances physiques, protection individuelle), mais aussi prise en compte des composantes sanitaires, sociales, économiques, juridiques et politiques des pays visités. En juin 2020, voyager n'est pas simple et de nombreux destinations ne sont pour l'instant pas accessibles. La pandémie apaisée, viendra le temps de recommandations moins volatiles.
Arboviroses :
Depuis plusieurs années, dengue et chikungunya font parler d'eux lors d'épidémies variables. Ces arboviroses sont marquées par un potentiel de diffusion de la maladie par les voyageurs dans des populations non immunes, et par l'adaptation du virus à son environnement. Elles sont transmises par un moustique : Aedes albopictus (le moustique tigre). La lutte contre la diffusion passe par l'éradication des sources d'eaux stagnantes, gîtes potentiels de reproduction des moustiques. On observe, depuis 2015, dans les zones de forte de mousson en Asie, une véritable explosion des cas de dengue, y compris dans des zones hautement touristiques. Le vaccin DENGVAXIA® a reçu, en décembre 2018, une AMM européenne. Il n'est pas disponible en France et pour l'instant, ce vaccin est réservé aux personnes vivant dans des zones d'endémie et ayant un antécédent prouvé d'infection par le virus de la dengue. En l'absence de données de tolérance et d'efficacité chez les sujets vivant dans des zones non endémiques et devant se rendre dans des zones d''endémie, compte tenu, en outre, de la faible probabilité que ces voyageurs aient déjà contracté la dengue et de la difficulté à le prouver, la vaccination contre la dengue n'est pas recommandée chez les voyageurs.
Le virus Zika (ZIKV) est de la même famille que le virus de la dengue (flavivirus). Il est responsable depuis 2013 d'épidémies dans la région Pacifique. En mai 2015 débute au Brésil la première épidémie due à ce virus touchant l'hémisphère Ouest. Elle s'est propagée à l'Amérique du Sud et à l'Amérique centrale, à la Guyane et aux Antilles françaises, pour toucher au total 48 pays et territoires des Amériques. La situation épidémiologique du Zika dans le monde peut être suivie sur le site de l'European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC). Elle est plutôt en cours de stabilisation.
Si ces arboviroses restent majoritairement bénignes, quelques formes graves sont médiatisées et peuvent à juste titre inquiéter : ainsi le syndrome hémorragique pour la dengue par exemple, ou encore une atteinte neurologique ou une défaillance viscérale au cours du chikungunya, qui restent rares, cette maladie étant surtout connue du public pour une phase chronique, marquée par des douleurs articulaires persistantes. Pour le virus Zika, on a très vite relevé les risques de syndrome de Guillain Barré et d'autres atteintes neurologiques, mais l'épidémie du Brésil a surtout mis en exergue chez la femme enceinte le risque de microcéphalie fœtale.
Pour toutes ces raisons, en l'absence de traitement, l'accent est mis principalement sur la lutte contre la transmission vectorielle à travers la protection contre les moustiques, particulièrement importante chez les femmes enceintes ou susceptibles de l'être en zone d'épidémie.
Le risque d'introduction est réel dans des zones jusque-là indemnes où l'un des moustiques vecteurs potentiels est présent. C'est notamment le cas dans le sud de l'Europe. Depuis 2007, on a ainsi observé des cas autochtones de dengue comme de chikungunya dans le sud de la France. La capacité des vecteurs métropolitains à transmettre le virus Zika n'a été démontrée qu'en laboratoire. Les autorités de santé ont mis en place un dispositif destiné à informer les collectivités sur les mesures à mettre en œuvre contre les moustiques vecteurs et l'identification des risques. Différents avis du Centre national d'expertise sur les vecteurs (CNEV) sont disponibles sur le site de l'ANSES.
Virus Ebola :
Le virus Ebola a beaucoup fait parler de lui lors de l'épidémie qui, de 2014 à 2016, a touché 3 pays d'Afrique de l'ouest (Guinée, Sierra Leone, Liberia). On a enregistré plus de 30 000 cas et au moins 12 000 décès. Il n'y a eu aucun cas d'importation du virus, mais les autorités restent soucieuses, d'où les nombreuses mesures spectaculaires de protection qui sont prises pour éviter tout risque. Cette épidémie semble en 2017 contrôlée, mais la prudence reste de mise. Fin 2018, on a vu réapparaître le virus Ebola en RDC (République démocratique du Congo). Le vaccin ERVEBO, actif sur le virus Ebola-Zaïre, dispose d'une AMM européenne conditionnelle, depuis le 11 novembre 2019. Il pourra être utilisé chez les personnes âgées de 18 ans ou plus, ainsi que pour des professionnels susceptibles d'être exposés (HAS, mars 2020).
Virus de Lassa :
Le virus de Lassa, autre fièvre hémorragique virale (FHV), existe à l'état endémique en Afrique de l'ouest, aucun cas n'a été importé en France.
Bactéries multirésistantes :
L'importation de bactéries multirésistantes est décrite à la rubrique des risques liés aux soins. Il faut y ajouter le risque d'importation de bacilles tuberculeux multirésistants.
Conseils aux patients
Les conseils aux voyageurs sont listés ci-dessous.
La facilité d'accès à des destinations touristiques de plus en plus variées ne doit pas faire sous-estimer les risques potentiellement encourus en voyage, notamment pour les personnes fragilisées (enfants, personnes âgées, femmes enceintes, femmes allaitantes, personnes atteintes de maladies chroniques, etc.).
L'âge et l'état de santé des participants doivent être pris en compte pour le choix de la destination et les modalités du séjour.
Le site du ministère français des Affaires étrangères propose également des informations régulièrement mises à jour sur les risques climatiques, sanitaires ou liés à la situation politique et sociale de l'ensemble des destinations touristiques ou professionnelles, classées par pays.
La vérification du statut vaccinal et son éventuelle mise à jour en fonction de la destination, de la durée et du type de séjour est une étape indispensable à la préparation du voyage. La plupart des vaccins peuvent être prescrits et administrés par le médecin traitant. Les vaccins contre la fièvre jaune et le vaccin contre l'encéphalite japonaise sont uniquement disponibles dans les centres de vaccinations internationales.
La nécessité d'un traitement préventif du paludisme doit être évaluée au cas par cas, en fonction de la destination, des conditions du séjour et de sa durée.
Les voyageurs qui souhaiteraient plus de détails sur les maladies pouvant être transmises par les animaux (surtout les arthropodes) sont invités à se reporter aux pages 49 à 54 du BEH 2020.
La composition de la trousse à pharmacie doit être définie conjointement par le candidat au voyage et son médecin traitant, en tenant compte de chaque situation particulière. La prescription d'antibiotiques à visée préventive doit rester l'exception (patient à risque, destination éloignée de toute infrastructure médicale, etc.), leur utilisation inappropriée pouvant faire courir des risques supérieurs aux bénéfices escomptés.
L'application de gestes simples (se protéger contre le soleil et contre les moustiques, se laver systématiquement les mains, ne pas consommer de glaçons, consommer avec prudence crudités et pâtisseries, etc.) permet de prévenir de nombreuses pathologies lors du voyage.
La vente fréquente de médicaments contrefaits dans beaucoup de pays exotiques doit inciter à la plus grande prudence quant à l'utilisation de médicaments achetés sur place.
Des renseignements sur chaque pays, notamment d'ordre sanitaire (épidémie, médecins, hôpitaux et cliniques identifiés par l'ambassade de France dans le pays), sont fournis sur les sites du ministère des Affaires étrangères.
Il est indispensable de vérifier la couverture et la validité de son contrat d'assistance et de son assurance maladie avant le départ.
Il doit être rappelé aux parents, ainsi qu'aux jeunes filles mineures, le risque de mutilation sexuelle (excision, infibulation) ou de mariage forcé lors du séjour. La prévention repose sur l'identification d'ethnies (ou de pays) pratiquant ces mutilations et sur l'information des familles sur la gravité et l'interdit juridique de ces gestes qui sont passibles d'amende et d'emprisonnement en France (renseignements au numéro vert : 3919 ou sur le site internet : www.stop-violences-femmes.gouv.fr).
Traitements

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Références

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