Prescription et populations particulières : Médicaments et déficit en G6PD

Mise à jour : 04 janvier 2018
Prise en charge
Risque médicamenteux et déficit en G6PD
Risque médicamenteux et déficit en G6PD
1
Situation de prescription d'un médicament à risque en cas de déficit en G6PD
La recherche du risque lié au terrain est systématique : origine ethnique (pourtour méditerranéen, Afrique subtropicale, Moyen-Orient, Asie, populations d'origines africaine et hispanique d'Amérique, etc.), antécédents familiaux, antécédents de malaise, d'anémie ou d'ictère lors d'administrations médicamenteuses antérieures.
2
Recherche d'une alternative thérapeutique
Elle est impérative si le médicament dont l'utilisation était envisagée est contre-indiqué en cas de déficit en G6PD.
Si le médicament est déconseillé, sa prescription doit être évitée, sauf dans les cas exceptionnels où il n'y a pas d'alternative ou encore si le médicament est d'une nécessité absolue.
3
Surveillance après traitement
Elle est indispensable après chaque administration d'un nouveau médicament. Chez les patients porteurs de déficit ou suspectés d'être à risque, l'administration de tout nouveau médicament se fait sous contrôle médical. Cette surveillance a pour but de dépister la survenue d'une hémolyse.
4
Diagnostic biologique d'un déficit en G6PD
Il repose sur le dosage de l'activité enzymatique G6PD des hématies. Celui-ci doit être effectué à distance d'un éventuel épisode hémolytique.
5
Prise en charge des patients au long cours
Elle comporte une information détaillée sur la maladie, sur le risque médicamenteux et sur le risque alimentaire (lire les conseils diététiques rédigés par l'Afssa).
L'inscription à une association de patients (telle que Vigifavisme) doit être encouragée.
La possession d'une carte de patient porteur d'un déficit en G6PD, telle que la carte DGS-Vigifavisme, est recommandée. Cette carte, confidentielle et soumise au secret médical, est la propriété du malade. Elle comporte un volet « Soins » destiné aux professionnels de santé et un volet « Informations » et « Conseils » destiné au patient et à son entourage. Le malade déficitaire est invité à présenter cette carte à tout professionnel de santé pour toute consultation ou soin. Cette carte peut être obtenue, sur demande du médecin traitant, sur les sites internet d'Orphanet ou de l'association Vigifavisme.
1
Situation de prescription d'un médicament à risque en cas de déficit en G6PD
La recherche du risque lié au terrain est systématique : origine ethnique (pourtour méditerranéen, Afrique subtropicale, Moyen-Orient, Asie, populations d'origines africaine et hispanique d'Amérique, etc.), antécédents familiaux, antécédents de malaise, d'anémie ou d'ictère lors d'administrations médicamenteuses antérieures.
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Recherche d'une alternative thérapeutique
Elle est impérative si le médicament dont l'utilisation était envisagée est contre-indiqué en cas de déficit en G6PD.
Si le médicament est déconseillé, sa prescription doit être évitée, sauf dans les cas exceptionnels où il n'y a pas d'alternative ou encore si le médicament est d'une nécessité absolue.
3
Surveillance après traitement
Elle est indispensable après chaque administration d'un nouveau médicament. Chez les patients porteurs de déficit ou suspectés d'être à risque, l'administration de tout nouveau médicament se fait sous contrôle médical. Cette surveillance a pour but de dépister la survenue d'une hémolyse.
4
Diagnostic biologique d'un déficit en G6PD
Il repose sur le dosage de l'activité enzymatique G6PD des hématies. Celui-ci doit être effectué à distance d'un éventuel épisode hémolytique.
5
Prise en charge des patients au long cours
Elle comporte une information détaillée sur la maladie, sur le risque médicamenteux et sur le risque alimentaire (lire les conseils diététiques rédigés par l'Afssa).
L'inscription à une association de patients (telle que Vigifavisme) doit être encouragée.
La possession d'une carte de patient porteur d'un déficit en G6PD, telle que la carte DGS-Vigifavisme, est recommandée. Cette carte, confidentielle et soumise au secret médical, est la propriété du malade. Elle comporte un volet « Soins » destiné aux professionnels de santé et un volet « Informations » et « Conseils » destiné au patient et à son entourage. Le malade déficitaire est invité à présenter cette carte à tout professionnel de santé pour toute consultation ou soin. Cette carte peut être obtenue, sur demande du médecin traitant, sur les sites internet d'Orphanet ou de l'association Vigifavisme.
Généralités
Le déficit enzymatique en Glucose-6-Phosphate Déshydrogénase (G6PD), ou favisme, est une maladie génétique transmise sur le mode récessif lié au chromosome X. Elle touche surtout les hommes. Les femmes, rarement atteintes, transmettent la maladie.
La G6PD, qui joue un rôle essentiel dans la réduction des agents oxydants, est indispensable au métabolisme cellulaire et notamment à la survie des hématies.
L'activité enzymatique de la G6PD est diminuée chez les porteurs de la maladie : elle est comprise entre 40 % (déficits modérés) et 1 à 2 % (déficits sévères). Le déficit total n'existe pas.
Les sujets atteints d'un déficit en G6PD ont une fragilité érythrocytaire et sont susceptibles de développer une hémolyse dans diverses situations regroupées sous le nom de « stress oxydant ». L'hémolyse peut être déclenchée par la prise de certains aliments (notamment les fèves, qui ont donné le nom de favisme à la maladie dans certaines régions) et par l'administration de médicaments « oxydants ».
L'hémolyse liée à un déficit en G6PD peut prendre différentes formes :
Anémie hémolytique aiguë survenant après l'ingestion de certains aliments ou médicaments. D'intensité variable, elle associe fièvre, ictère, pâleur, asthénie, anorexie, céphalées, douleurs abdominales et lombaires, urines foncées. Elle peut entraîner une insuffisance rénale dans les formes sévères.
Anémie hémolytique chronique, rare, pouvant entraîner un ictère récidivant et parfois une lithiase biliaire.
Ictère néonatal débutant vers le 2e ou 3e jour de vie, plus intense et plus durable que l'ictère dit physiologique, pouvant entraîner des séquelles neurologiques.
Épidémiologie
Le déficit en G6PD touche environ 420 millions de personnes dans le monde, avec une fréquence plus élevée dans les pays du pourtour méditerranéen, d'Afrique subtropicale, du Moyen-Orient et d'Asie. Les populations d'origines africaine et hispanique de l'Amérique du Nord, de l'Amérique du Sud et des Antilles sont également touchées.
Du fait des migrations de population, plus de 250 000 personnes seraient atteintes en France (métropole et outre-mer).
Le risque médicamenteux
La tolérance individuelle aux médicaments des sujets atteints d'un déficit en G6PD est imprévisible. Tout patient déficitaire doit par conséquent suivre scrupuleusement les recommandations concernant les listes de médicaments dangereux.
Le mécanisme de l'hémolyse étant biochimique, le risque concerne habituellement des classes entières de médicaments (par exemple les sulfamides).
Dans certains cas, la sévérité de l'hémolyse est en relation avec la posologie du médicament administré (par exemple la vitamine C).
L'ANSM a établi la liste de tous les médicaments incriminés dans des accidents liés à un déficit en G6PD et a gradué le risque médicamenteux potentiel en 3 niveaux :
Utilisation contre-indiquée : le recours à une alternative thérapeutique est impératif.
Utilisation déconseillée :
soit en raison de cas observés d'hémolyse aiguë (pour le médicament concerné) : le recours à une alternative thérapeutique est la règle. En cas de nécessité absolue, si le traitement est administré, il doit l'être sous contrôle médical et la survenue d'une éventuelle hémolyse doit être dépistée ;
soit en raison de l'appartenance du médicament concerné à une classe pharmacologique à risque, ou en raison d'un risque potentiel d'hémolyse : le recours à une alternative thérapeutique est également la règle. Si le traitement est administré, il doit l'être sous contrôle médical et la survenue d'une éventuelle hémolyse doit être dépistée.
Utilisation possible sous condition du strict respect des doses maximales. Le respect des posologies recommandées est particulièrement important pour le médicament concerné chez les patients porteurs d'un déficit en G6PD, car les accidents n'ont été observés qu'à dose suprathérapeutique. Enfin, pour certains médicaments antérieurement incriminés, l'utilisation paraît possible après analyse des données (littérature et pharmacovigilance) disponibles. La version de « Médicaments et déficit en Glucose-6-Phosphate Déshydrogénase (G6PD) » publiée par l'ANSM en 2008, et actualisée en 2014, propose une liste de ces médicaments (voir plus loin).
Liste des principes actifs à risque en cas de déficit en G6PD
Cette liste comporte les médicaments commercialisés avec AMM en France en 2014. Une liste plus complète (avec ATU) est disponible sur le site de l'ANSM. Nous avons conservé la classification de 2008 qui établit la distinction entre :
déconseillé en raison de cas observés d'hémolyse aiguë,
déconseillé en raison d'appartenance du médicament à une classe à risque.
Principes actifs contre-indiqués
Dapsone
Méthylthioninium ou bleu de méthylène (voie Injectable IV)
Nitrofurantoïne
Rasburicase
Sulfadiazine (voie orale)
Sulfafurazol
Sulfaméthoxazole (voies orale et injectable)
Sulfasalazine
Triméthoprime (voies orale et injectable)
Principes actifs déconseillés en raison de cas observés d'hémolyse aiguë (à éviter sauf s'il n'y a pas d'autre alternative et si le médicament est d'une nécessité absolue)
Chloroquine
Ciprofloxacine (voies orale et injectable)
Dimercaprol
Glibenclamide
Lévofloxacine (voies orale et injectable)
Norfloxacine (voie orale)
Phytoménadione (vitamine K1)
Spiramycine (voies orale et injectable)
Streptokinase
Sulfadiazine (voie locale)
Principes actifs déconseillés en raison de leur appartenance à une classe pharmacologique à risque ou en raison d'un risque potentiel d'hémolyse (préférer un autre médicament)
Acide pipémidique
Enoxacine
Fluméquine
Gliclazide
Glimépiride
Glipizide
Hydroxychloroquine
Loméfloxacine
Moxifloxacine
Ofloxacine (voies orale et injectable)
Péfloxacine (voies orale et injectable)
Phénazone (voie locale)
Prilocaïne
Quinine
Sulfadoxine
Sulfaméthizol
Utilisation possible sous condition du strict respect des doses maximales (respecter absolument les posologies recommandées)
Acide acétylsalicylique
Acide ascorbique
Paracétamol
Utilisation possible après analyse des données disponibles(1)
Bupivacaïne(1)
Ciprofloxacine (voies ophtalmique et auriculaire)(1)
Colchicine(1)
Diéthylamine(1)
Dihydroquinidine(1)
Dimenhydrinate(1)
Doxorubicine(1)
Isoniazide (voies orale et injectable)(1)
Lévodopa(1)
Méfloquine
Monoxyde d'azote(1)
Morpholine(1)
Nitroprussiate(1)
Norfloxacine (voie ophtalmique)(1)
Ofloxacine (voies ophtalmique et auriculaire)(1)
Para-aminosalicylate de sodium (PAS)(1)
Phénazone (voie auriculaire)(1)
Phénylbutazone(1)
Phénytoïne(1)
Probénécide(1)
Proguanil(1)
Propylène glycol(1)
Pyriméthamine(1)
Quinidine(1)
Streptomycine(1)
Succimer(1)
Thiamphénicol(1)
Trihexyphénidyle(1)
Trinitrine(1)
(1) Substances actives pour lesquelles différentes listes disponibles sur internet (Centres régionaux de pharmacovigilance, association Vigifavisme) mentionnaient une précaution d'emploi ou une contre-indication. L'évaluation de ces substances a montré qu'il n'existait pas de risque identifié d'hémolyse chez les sujets déficitaires en G6PD. Cette liste est extraite de « Médicaments et déficit en Glucose-6-Phosphate Déshydrogénase (G6PD) », ANSM, février 2008.
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