Le traitement du syndrome des jambes sans repos repose sur des mesures hygiénodiététiques, et dans certains cas, sur la prise de médicaments dopaminergiques.

Il existe une association de patients, l'Association France Ekbom, dont les missions sont d'informer et soutenir les patients, et d'encourager la recherche.

Quels sont les traitements du syndrome des jambes sans repos ?

Quelques mesures simples d'hygiène de vie constituent la première étape et peuvent être bénéfiques pour soulager un syndrome des jambes sans repos (SJSR) :

  • Réduire la consommation des excitants comme le café, le thé, l'alcool (notamment le vin blanc et le champagne) et la nicotine.
  • Pratiquer une activité physique modérée en journée, et éviter les activités excitantes, type sport ou jeux vidéo, en fin de soirée avant de se coucher.
  • Se coucher et se lever à heures fixes.
  • Dormir dans une chambre fraîche (idéalement inférieure à 18°C) sans trop se couvrir.

Un bilan sanguin peut également être prescrit pour doser les réserves en fer (la ferritine). Une carence, même légère, aggrave fortement les symptômes. En cas de carence, une supplémentation en fer par voie orale ou, dans les formes sévères, en perfusion intraveineuse à l’hôpital, peut être efficace.

Les médicaments proposés dans le syndrome des jambes sans repos

Il n’existe pas de médicament permettant de guérir définitivement du syndrome des jambes sans repos. Les traitements médicamenteux visent à soulager les symptômes lorsque ceux-ci dégradent fortement la qualité de vie et le sommeil et que les règles d’hygiène de vie sont insuffisantes.

Les médicaments de la famille des gabapentinoïdes (prégabaline ou gabapentine) sont aujourd'hui recommandés par les experts en première intention. Ils améliorent la qualité du sommeil et réduisent les douleurs. Néanmoins, leur utilisation doit toujours être prudente, car ils peuvent entraîner une dépendance physique importante (tolérance et sevrage) et des signes de dépendance psychologique, tels qu’un comportement de recherche de médicament. En France, la prescription de ces médicaments dans le syndrome des jambes sans repos se fait hors de leurs indications officielles (hors AMM).

Les agonistes dopaminergiques (pramipexole, rotigotine, ropinirole), autrefois prescrits en priorité, sont désormais réservés à des cas très spécifiques et sur de courtes périodes. Utilisés au long cours, ils exposent à un effet indésirable grave et très fréquent : le syndrome d'augmentation (une aggravation paradoxale où les impatiences surviennent plus tôt dans la journée, deviennent plus violentes et s'étendent aux bras). Ils peuvent aussi induire des troubles compulsifs du comportement (achats compulsifs, hypersexualité). En raison de leur balance bénéfice/risque défavorable, ces médicaments ne sont plus remboursés par l'Assurance Maladie dans le cadre du syndrome des jambes sans repos.

En cas de douleurs intenses ou d'échec des autres traitements (notamment après un syndrome d'augmentation), des médicaments antalgiques de la famille des opioïdes peuvent être prescrits. Un médicament associant de l'oxycodone et de la naloxone (OXSYNIA) dispose d'une indication spécifique dans les formes graves après échec d’un traitement dopaminergique. L’ajout de la naloxone vise à limiter la constipation induite par l’oxycodone.

Un suivi médical rapproché est recommandé en début de traitement pour évaluer la réponse au médicament et son intérêt.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 23 Juin 2026
Antiparkinsoniens : rotigotine
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Médicaments dopaminergiques : attention aux comportements compulsifs !

La prise des médicaments dopaminergiques (pramipexole, ropinirole, rotigotine) expose à un risque de troubles du contrôle des impulsions (TCI) dont les conséquences peuvent être graves sur la vie familiale, sociale ou professionnelle des patients. Les manifestations sont diverses :

  • addiction aux jeux d’argent (casinos, paris sportifs, jeux en ligne…) ;
  • dépenses et achats compulsifs (achats inutiles, coûteux et répétitifs) ;
  • consommation excessive de nourriture dans un temps très court ;
  • hypersexualité : pulsions sexuelles accrues, parfois associées à des comportements inappropriés ou dangereux ;
  • comportements répétitifs (trier, examiner, ranger des objets constamment) ;
  • comportements hostiles, agressifs ou violents.

Ces comportements peuvent apparaître même à faible dose, de façon progressive et insidieuse, à l’insu du patient, parfois après plusieurs années de traitement jusque-là bien toléré. Si le patient ou son entourage remarque un comportement inhabituel avec des impulsions incontrôlées ou des modifications dans la fréquence des prises du médicament, il doit en parler rapidement à son médecin sans attendre le rendez-vous de renouvellement du traitement.

L’Agence du médicament (ANSM) met à disposition des patients et de leur entourage une brochure d’information « Médicaments dopaminergiques : ce qu’il faut savoir ».

 

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docdelaivejm Il y a 23 jours 1 commentaire associé

Extrait du CBIP  (votre "équivalent" en Belgique ) :  "Le pramipexole, la rotigotine (ne plus commercialisé depuis octobre 2025) et le ropinirole ont pour indication le syndrome des jambes sans repos ou restless legs syndrome [voir Folia de février 2015]. Dans cette indication, ils sont utilisés à des doses moins élevées que dans la maladie de Parkinson. Sous l’effet d’un traitement prolongé, on observe souvent une aggravation paradoxale du syndrome (“phénomène d’augmentation”). Pour cette raison, et compte tenu du risque d'effets indésirables graves, ces médicaments ne sont actuellement utilisés qu’en cas de réponse insuffisante, de contre-indication ou d’intolérance aux gabapentinoïdes (utilisation off-label, voir 10.7.2.2. Gabapentine et 10.7.2.3. Prégabaline), ou dans les cas sévères " Pourquoi ne parlez vous pas des gabapentinoïdes ?   Merci !

Modérateur Il y a 23 jours 0 commentaire associé

Bonjour

Merci pour cette remarque très pertinente. Notre article demande en effet une mise à jour pour intégrer la place importante des gabapentinoides dans le traitement du syndrome des jambes sans repos, bien qu'il s'agisse encore actuellement d'une indication "hors AMM".