Alcoolodépendance

Mis à jour : Vendredi 09 avril 2021

Dans le langage courant, la consommation excessive, répétée et incontrôlable de boissons alcoolisées est le plus souvent nommée « alcoolisme ». Cependant, le manque de précision de ce terme a amené l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à proposer un terme plus précis, « alcoolodépendance », qui met en avant le caractère addictif de l’alcool et le parallèle qui existe avec les autres troubles de l’addiction (dépendance aux dérivés de l’opium, aux jeux d’argent, au sexe, etc.). L’alcoolodépendance est une addiction à l’alcool sous forme de boissons plus ou moins « fortes ».
La consommation répétée de boissons alcoolisées peut prendre différentes formes selon le rythme de consommation et la quantité d’alcool ingérée. On distingue divers degrés de sévérité qui vont de l’abstinence (aucune prise d’alcool) à la dépendance avérée, selon un continuum d’intensité.

Qu’est-ce qu’une consommation d’alcool à risque ?

verre de whisky

Pour les autorités sanitaires françaises, il n’y a pas de consommation d’alcool sans risque, mais des consommations à risque plus ou moins élevé. On parle de consommation de boissons alcoolisées « à risque » lorsque la quantité d’alcool ingérée et la fréquence des prises est telle que, si ce comportement persiste sur une durée prolongée, des complications physiques, psychiques et sociales surviendront inévitablement.

Des experts de Santé publique France et de l’Institut national du cancer ont tenté de définir des risques acceptables et propose une valeur repère unique aussi bien pour les hommes que pour les femmes exprimée sous la forme d’un nombre de verres d'alcool standard. Chez l'adulte, cette valeur repère est de 10 verres d'alcool standard par semaine, maximum, sans dépasser 2 verres standard par jour.

Ces mêmes experts recommandent d'avoir des jours dans la semaine sans consommation et, pour chaque occasion de consommation :

  • de réduire la quantité totale d’alcool bue à chaque occasion,
  • de boire lentement, en mangeant et en alternant avec de l’eau,
  • d'éviter les lieux et les activités à risque de consommation excessive d'alcool,
  • de s'assurer d’être entouré de personnes de confiance et de pouvoir rentrer chez soi en toute sécurité après avoir consommé de l’alcool.
À quoi correspond un verre de boisson alcoolisée ?
En France, pour des raisons liées à la tradition, la contenance des verres est adaptée au degré alcoolique des boissons qu'ils sont supposés contenir. Ainsi, un ballon de vin ou une flûte de champagne (10 cl) contiennent autant d'alcool qu'un demi de bière (25 cl) ou qu'un verre de pastis ou de whisky (2,5 cl) : dans tous les cas, un verre de boisson apporte environ dix grammes d'alcool pur. Ainsi, il est possible de décrire la consommation en « verres », quelle que soit la boisson choisie.

Qu’appelle-t-on alcoolodépendance ?

L'alcoolodépendance (ou alcoolisme) est une addiction à l'alcool qui a des conséquences néfastes sur la santé, la vie sociale et la vie affective. En France, on estime qu’environ 1,5 millions de personnes sont alcoolodépendantes et que 2,5 millions de personnes ont une consommation à risque. L’addiction à l’alcool est plus souvent masculine : 14 % des hommes contre 5 % de la population féminine. La consommation excessive d’alcool serait responsable, selon les sources, de 33 000 à 49 000 décès par an en France.

Selon l’OMS, l’alcoolodépendance est avérée lorsque la consommation de boissons alcoolisées devient prioritaire par rapport aux autres comportements auparavant prédominants chez une personne. Le désir de boire de l’alcool devient impossible à maîtriser et doit être assouvi au détriment de toute autre considération. L’alcool devient une obsession. Sa consommation doit être poursuivie même lorsqu’elle entraîne des conséquences manifestement problématiques. Tout d’abord, le buveur développe une tolérance. Il doit boire des quantités toujours plus importantes d’alcool pour obtenir les effets recherchés. Puis le buveur passe à un stade où il ne peut plus contrôler sa consommation. Une dépendance physique s’installe. L’arrêt des boissons alcoolisées provoque alors des symptômes de manque (sueurs, tremblements, vertiges, etc.) qui sont difficiles à supporter.

La France, un pays où l'on boit moins qu'avant
En France, la consommation de boissons alcoolisées a fortement baissé en quarante ans : de 22 litres d’alcool pur par personne de plus de 15 ans et par an en 1970, nous sommes passés à environ 12 litres (en nombre de verres par jour, cela correspond à respectivement 5 verres par jour et par personne et 2,6 verres par jour et par personne). Cette diminution de moitié de la consommation globale est essentiellement due à une baisse de la consommation de vin. Mais ces chiffres optimistes ne doivent pas cacher la réalité : la consommation moyenne des hommes en France reste autour de 4,4 verres par jour et par personne !
Vingt pour cent des Français et 7 % des Françaises de 12 à 75 ans déclarent consommer une boisson alcoolisée tous les jours de l’année et les mêmes pourcentages déclarent avoir été au moins une fois en état d’ivresse au cours des douze derniers mois. Entre 65 et 75 ans, les consommateurs quotidiens représentent 56 % des hommes et 23 % des femmes.
En France, la consommation de boissons alcoolisées se compose essentiellement de vins (58 %, en baisse sensible), de spiritueux (22 % avec une tendance à l’augmentation) et de bière (17,5 %, une valeur constante depuis des années). Dans l’Union européenne, la France se place en 15e position en terme de consommation d’alcool par habitant, un peu au dessus de la moyenne. Les pays d’Europe centrale et de l’Est restent les plus gros consommateurs de boissons alcoolisées.

La consommation épisodique massive (« binge drinking »)

Certaines personnes boivent des quantités d’alcool importantes (au moins six verres) en un minimum de temps. Cette consommation occasionnelle et massive, également appelée « binge drinking » ou « biture express », est devenue fréquente chez les adolescents et les jeunes adultes. Elle est particulièrement dangereuse, car elle peut être responsable d’intoxication aiguë (déliriums) pouvant entraîner le décès par arrêt cardiaque.

Récemment, une forme particulière de binge drinking est apparue, la « neknomination », où des adolescents se lancent des défis via la mise en ligne de vidéos où ils ingurgitent de grandes quantités d’alcool « cul sec ».

À consommer avec modération
L'expression « à consommer avec modération », devenue systématique sur les publicités pour les boissons alcoolisées, rappelle les dangers d'une consommation excessive ou incontrôlée. Malheureusement, il n'existe pas de définition objective de la modération et le consommateur est laissé à son jugement sur ce qui est « modéré » ou ne l'est pas...
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