Troubles du sommeil chez l’enfant

Mis à jour : Jeudi 07 Octobre 2021

Chez les enfants, les troubles du sommeil s’expriment essentiellement par des difficultés à s’endormir, des réveils nocturnes ou un réveil matinal précoce. Lorsqu’ils se répètent, ils provoquent une somnolence et une irritabilité dans la journée. Ils nuisent parfois au développement de l’enfant.

Le sommeil chez l’enfant et l’adolescent

sommeil enfant

Chez un enfant, insomnies ou somnolence dans la journée peuvent être un signe d’anxiété et doivent toujours faire l’objet d’une consultation médicale. Pendant la puberté, période de croissance intense, les adolescents ont besoin d’une heure de sommeil de plus que lorsqu’ils étaient plus jeunes. Pourtant, ils dorment souvent une heure de moins ! Les adolescents ont souvent des difficultés à se lever et une tendance à somnoler dans la journée, mais ils n’ont pas sommeil à l’heure où ils devraient aller se coucher. Il semblerait en effet que leur rythme de sommeil soit décalé (coucher et lever plus tardifs), mais l’origine de ce changement physiologique reste obscure.

Quelle est l'origine de l'insomnie chez l'enfant ?

Les troubles du sommeil sont assez fréquents chez l'enfant : ils concernent 20 à 30 % des enfants de moins de 6 ans, 10 % des 6 à 12 ans, et 15 à 20 % des adolescents. Ils sont le plus souvent dus à des changements dans l’environnement de l’enfant. Les autres causes d'insomnie sont les maladies (reflux gastro-œsophagien, asthme, infections ORL, etc.), ainsi que des causes psychologiques (anxiété) ou liées à une pathologie du développement (autisme, etc.). Les insomnies idiopathiques (insomnies de cause inconnue), rares, débutent dans l'enfance et persistent tout au long de la vie.

Quels sont les symptômes de l'insomnie chez l'enfant ?

Le terme d'insomnie chez l'enfant désigne 2 entités distinctes : les troubles de l'initiation du sommeil (trouble de l'endormissement, opposition au coucher, pleurs, etc.), plus fréquents chez les enfants de moins de 3 ans, et les troubles du maintien du sommeil (éveils nocturnes répétés ou prolongés). L'insomnie peut entraîner une diminution chronique du temps de sommeil et retentir sur le comportement de l’enfant dans la journée : fatigue, manque d'énergie, difficulté de concentration, irritabilité. Ces troubles nuisent parfois au développement de l’enfant.

De la naissance à 3 ans, le sommeil de l'enfant comporte des éveils physiologiques brefs, survenant le plus souvent après les épisodes de sommeil paradoxal. Lors de ces éveils, l'enfant doit être encouragé à se rendormir seul. Les parents non informés, intervenant lors de ces éveils, risquent de « conditionner » l'enfant, qui aura alors systématiquement besoin d'une présence pour se rendormir.

À partir de 4 ans, les troubles de l'endormissement peuvent s'accompagner d'une anxiété et/ou d'un refus du coucher, éventuellement responsables d'un retard à l'endormissement ou de stratégies peu adaptées (lit partagé avec un adulte). Une insomnie conditionnée peut également être retrouvée dans cette tranche d'âge.

De 10 à 15 ans, le type d'insomnie se rapproche de celui de l'adulte : difficultés d'endormissement, éveils nocturnes, réveil matinal trop précoce, sommeil de quantité suffisante mais vécu comme non réparateur. L'adolescent préfère réduire son temps de sommeil au profit d'autres activités. Un syndrome d'insuffisance de sommeil est fréquent. A la puberté existe une tendance physiologique au « retard de phase » : l'heure du coucher peut passer progressivement de 22h30 à 0h30 entre 12 et 18 ans, pouvant conduire à un syndrome de retard de phase de sommeil.

La tendance au retard de phase (décalage de l'heure du coucher, donc de l'endormissement) chez l'adolescent est aggravée par les conditions environnementales (jeux vidéo, télévision, internet, etc.). Le sommeil est initialement de durée et de qualité normales, mais le retard de phase implique des horaires de lever tardifs. Dans la semaine, l'adolescent se trouve donc en déficit de sommeil. Il en résulte une diminution des performances scolaires, des troubles de l'humeur et de la vigilance, que l'adolescent peut essayer de compenser en prenant des excitants (café, drogues). Des difficultés psychopathologiques (anxiété, phobie scolaire, dépression) sont souvent associées au syndrome de retard de phase, et nécessitent une prise en charge psychologique ou pédopsychiatrique.

Qu’appelle-t-on parasomnies de l’enfant ?

Les parasomnies sont des phénomènes musculaires, vocaux ou sensoriels, sans lien avec l’épilepsie, qui surviennent au cours du sommeil. Elles sont le plus souvent bénignes et sans conséquence sur le développement de l'enfant. Parfois, elles peuvent entraîner de la fatigue pendant la journée, voire des blessures lors de chutes (somnanbulisme).

Les parasomnies constituent un état d'éveil dissocié, avec une activation des mouvements (somnambulisme) ou des émotions (terreurs nocturnes), mais sans activation de la vie de relation, ce qui explique que les enfants n’en gardent aucun souvenir. Elles sont classées en fonction du stade du sommeil pendant lequel elles surviennent : parasomnies du sommeil lent profond, au cours du premier tiers de la nuit, et parasomnies liées au sommeil paradoxal, survenant en seconde partie de la nuit.

Les parasomnies du sommeil lent profond

Les parasomnies du sommeil lent profond regroupent :

  • les éveils confusionnels, durant 2 à 30 minutes, entraînant confusion, geignements, pleurs. L'enfant semble réveillé mais dort profondément en réalité.
  • le somnambulisme (déambulation nocturne automatique) qui peut durer jusqu'à 20 minutes. L'enfant a les yeux ouverts, un visage inexpressif, et peut accomplir des actes plus ou moins élaborés : descendre un escalier, aller uriner, ouvrir une fenêtre, se saisir d'un objet, etc. On estime que 1 à 6 % des enfants sont réellement somnambules (plusieurs épisodes par mois).
  • les terreurs nocturnes sont des éveils brutaux avec pleurs, hurlements, paroles incohérentes. L'enfant a les yeux ouverts, son rythme cardiaque est accéléré, il transpire abondamment, et les tentatives pour le réveiller s'avèrent en général infructueuses. L'épisode dure de 1 à 20 minutes. Les terreurs nocturnes touchent 15 % des enfants de 3 à 10 ans.

Les parasomnies liées au sommeil paradoxal

Les parasomnies liées au sommeil paradoxal comprennent :

  • les cauchemars,
  • les rêves déplaisants ou effrayants, pouvant éveiller l'enfant. Ils ne s'accompagnent pas de note confusionnelle et peuvent être récurrents ou monothématiques,
  • l’énurésie (pipi au lit).

L'origine et le traitement des parasomnies

On ne connait pas bien l’origine des parasomnies. Certaines d'entre elles, tels le somnambulisme et les terreurs nocturnes, pourraient avoir une origine génétique. Certains facteurs pourraient favoriser les parasomnies :

  • une insuffisance de sommeil et horaires de sommeil irréguliers ;
  • la fièvre ;
  • la prise de certains médicaments (lithium, phénothiazines, certains antibiotiques, etc.) ;
  • la tension de la vessie par excès de boisson le soir.

Un traitement médicamenteux est indiqué lorsque les parasomnies perturbent le sommeil de l'enfant ou entraînent des déambulations potentiellement dangereuses (somnambulisme).

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