La reconstruction du sein après la chirurgie

Mis à jour : Vendredi 10 Décembre 2021

Lorsque le traitement du cancer du sein impose d’enlever la totalité du sein, il existe différentes manières pour que l’esthétique de la patiente en souffre le moins possible. Les méthodes utilisées peuvent être le port d’une prothèse externe (placée dans le soutien-gorge ou collée à la peau) ou la reconstruction du sein avec des muscles de la patiente (« reconstruction par lambeau ») ou avec un implant mammaire (prothèse interne).

Le choix de la technique utilisée est décidé d’un commun accord entre la patiente et son médecin qui lui explique les différentes modalités. Une première phase de la reconstruction mammaire est parfois effectuée lors de l’intervention destinée à retirer le sein malade, mais il est le plus souvent nécessaire d’attendre la fin des traitements par radiothérapie ou par chimiothérapie.

Les prothèses mammaires externes

Il est possible de recréer la forme naturelle d’un sein en portant à l'intérieur du soutien-gorge un coussinet, encore appelé prothèse mammaire externe. Celle-ci peut être utilisée dès que la plaie est suffisamment cicatrisée, soit environ un à deux mois après l’intervention. Certaines femmes choisissent dans un premier temps de porter une prothèse externe avant d'opter ensuite pour une reconstruction mammaire.

    On distingue plusieurs types de prothèses externes.
  • Les prothèses externes transitoires en textile non adhérentes peuvent être portées juste après l’opération et durant les deux mois suivants. Confortables, elles se mettent à l'intérieur d'un soutien-gorge adapté à cet effet, muni d’une poche intérieure. Ces soutien-gorge ne sont actuellement pas remboursés. Le prix de vente des prothèses transitoires en textile est limité à 25 euros. Il est fixé par l’Assurance Maladie et correspond au montant du remboursement
  • Les prothèses externes en silicone sont conçues de façon à avoir le même poids et la même apparence que le sein normal. Certaines de ces prothèses sont adhérentes et se fixent directement sur la poitrine tandis que d'autres se glissent dans un soutien-gorge normal ou post-mastectomie. Il existe deux modèles de prothèses en silicone : les prothèses standard (utilisables dès le 3e mois après la chirurgie) et les prothèses techniques (utilisables à partir du 15e mois après l’opération). Ces dernières sont plus coûteuses et plutôt prescrites aux femmes qui ont des problèmes de cicatrisation ou de lymphœdème.

Des soutien-gorge et des maillots de bain adaptés aux prothèses externes vous donnent la possibilité de maintenir ses activités habituelles. Avant tout achat, il est conseillé d’essayer la prothèse mammaire et de se faire aider par un professionnel formé.

Conformément à la législation, depuis le 1er mai 2016, la prise en charge de la prothèse se fait en fonction de l'existence ou non de pathologies courantes dans le cancer du sein, précisées par le médecin sur un formulaire de prescription spécifique. Attention, les prothèses mammaires externes achetées sur internet ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie.

La reconstruction mammaire

La reconstruction mammaire se fait parfois en même temps que la chirurgie du cancer, on parle dans ce cas de reconstruction immédiate. Plus souvent, elle est réalisée après la fin des traitements, au cours d'une nouvelle intervention ; on parle cette fois de reconstruction différée, ou encore de reconstruction secondaire. Lorsqu'une radiothérapie doit être réalisée en complément de la chirurgie du cancer du sein, ou si la tumeur du sein est très volumineuse, la reconstruction est nécessairement différée.

La reconstruction mammaire est prise en charge à 100 % sur la base du tarif de l'Assurance maladie. Cependant, certains établissements pratiquent des dépassements d'honoraire qui restent à votre charge. L'information concernant les coûts doit être claire et vous devez en être informée avant de faire votre choix. N'hésitez pas à vous renseigner avant l'intervention.

Il existe deux principales méthodes de reconstruction mammaire, parfois associées : la mise en place d'une prothèse interne (implant mammaire) et l'utilisation de tissus provenant d'autres parties du corps (reconstruction par lambeau). Quelle que soit la méthode retenue, une reconstruction mammaire nécessite le plus souvent deux ou trois interventions, avec un intervalle de 3 à 6 mois entre chacune d’entre elles.

La pose d’un implant mammaire interne

Si la patiente et son médecin optent pour la pose d’un implant mammaire rempli d’une solution saline ou de silicone, il se peut qu’il n’existe plus suffisamment de peau pour reconstruire un sein identique à celui qui a été enlevé. Dans ce cas, le chirurgien pose d’abord un implant plat (la « prothèse d’expansion ») qui possède la particularité de pouvoir être progressivement gonflé par des injections de solution saline directement à l’intérieur de l’implant (à travers la peau). Cet implant provisoire sera gonflé petit à petit chaque semaine, laissant ainsi à la peau le temps de se détendre. Après deux à trois mois, l’implant gonflable est retiré et remplacé par un implant permanent. Le principal inconvénient de la pose d’un implant mammaire est qu’il est difficile d’obtenir une harmonie de forme et de volume entre les deux seins. Les implants mammaires ont une taille limitée et, lorsque les seins sont gros, une chirurgie de l’autre sein est parfois nécessaire afin d'équilibrer leur apparence. Au bout de quelques années, il peut être nécessaire de remplacer l’implant.

La reconstruction par lambeau

La reconstruction par lambeau se fait en déplaçant certains muscles de la patiente (avec leur innervation et leur circulation sanguine) pour les placer là où était le sein malade et lui redonner du volume. Les muscles utilisés sont le grand dorsal (sur le côté du dos, à proximité du sein malade) ou le grand droit de l’abdomen (la partie supérieure d’un des abdominaux, sous le sein malade). Si la reconstruction par lambeau permet de recréer un sein plus naturel, cette technique est lourde. Elle demande plusieurs interventions chirurgicales et l’ensemble du processus dure entre un an et un an et demi. Elle crée une cicatrice supplémentaire, dans le dos ou sur le ventre.

Reconstruire le mamelon et l'aréole
La reconstruction du mamelon se fait en prélevant un petit fragment de peau ou d'oreille chez la patiente et en le greffant là où le mamelon devrait se trouver. L'aréole est recréée soit par greffe d'un fragment de peau plus foncée (pris sur l'autre aréole ou au niveau de la zone génitale) ou par tatouage.
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