Infos pratiques

 

Reconnaissance des prescriptions médicales dans l'Union européenne

Mise à jour : octobre 2016

Reconnaissance en France des prescriptions médicales établies dans un autre État membre de l'Union européenne

Afin de faciliter la reconnaissance des prescriptions établies dans un autre État de l'Union européenne et de sécuriser leur délivrance, les articles L.5121-1-4 et R.5132-3-1 du code de la Santé publique [CSP] :
    − fixent les mentions obligatoires devant figurer sur une prescription médicale pour que celle-ci puisse être délivrée dans un autre État membre de l'Union européenne ;
    − prévoient les conditions dans lesquelles, en France, les pharmaciens délivrent les médicaments sur prescription d'un professionnel de santé établi dans un autre État membre et autorisé ou habilité à prescrire dans cet État.

Mentions devant figurer sur une prescription médicale établie en France pour que celle-ci puisse être délivrée dans un autre État membre de l'Union européenne

Ces dispositions s'appliquent aux prescriptions établies à la demande d'un patient en vue de les utiliser dans un autre État membre de l'Union européenne.
Les mentions obligatoires sont complétées ou précisées afin de mieux s'assurer de l'identité du prescripteur et de son habilitation à prescrire, et de standardiser les éléments de la prescription. Devront ainsi figurer :
    − Les nom et prénoms, la qualité et, le cas échéant, le titre, ou la spécialité du prescripteur, son identifiant lorsqu'il existe, son adresse professionnelle précisant la mention « France », ses coordonnées téléphoniques précédées de l'indicatif international « +33 » et son adresse électronique, sa signature, la date à laquelle l'ordonnance a été rédigée, et pour les médicaments à prescription hospitalière ou pour les médicaments à prescription initiale hospitalière, le nom de l'établissement ou du service de santé.
    − La durée de traitement ou le nombre d'unités de conditionnement du médicament et, le cas échéant, le nombre de renouvellements de la prescription.
    − Les nom et prénoms, le sexe, la date de naissance du malade et, si nécessaire, sa taille et son poids.
Ces informations sont identiques à celles qui figurent sur les ordonnances destinées à être exécutées en France (art. R.5132-3 du CSP).
En ce qui concerne les médicaments prescrits, doivent figurer :
    − dans tous les cas, la dénomination commune du médicament prescrit (principe actif [PA] + dosage en PA + voie d'administration + forme pharmaceutique) ainsi que la posologie du médicament prescrit ;
    − dans certains cas, le nom de marque et, le cas échéant, le nom de fantaisie de la spécialité prescrite. Cette obligation concerne :
      − certaines catégories de médicaments :
        − les médicaments dérivés du sang,
        − les médicaments immunologiques,
        − les médicaments biologiques ou biologiques similaires,
        − les médicaments de thérapie innovante ou les médicaments combinés de thérapie innovante ;
      − le cas où le prescripteur s'oppose, pour des raisons médicales, à la substitution par le pharmacien de cette spécialité par une spécialité du même groupe générique. Dans ce dernier cas, le prescripteur l'indique sur l'ordonnance en apposant la mention « non substituable ». Cette mention est complétée par un bref exposé des raisons qui justifient l'exclusion de la possibilité de substitution (art. R.5125-54).

Délivrance en France des médicaments soumis à prescription médicale obligatoire prescrits dans un autre État membre de l'Union européenne (art. R.5132-6-2 du CSP)

Le pharmacien doit vérifier que la prescription comporte l'ensemble des mentions obligatoires décrites ci-dessus.
Si ces dispositions sont bien présentes, le pharmacien doit honorer la prescription pour les médicaments relevant des listes I et II (des dispositions particulières sont prévues pour les médicaments soumis à la réglementation des stupéfiants, voir ci-dessous). Il peut toutefois refuser cette délivrance dans des cas particuliers :
    − si l'intérêt de la santé du patient lui paraît l'exiger,
    − ou s'il a des doutes légitimes et justifiés quant à l'authenticité, au contenu ou à l'intelligibilité de la prescription, ou à la qualité du professionnel de santé qui l'a établie.
En ce qui concerne les médicaments classés comme stupéfiants et les médicaments relevant des listes I et II et soumis à la réglementation des stupéfiants, le pharmacien ne peut exécuter la prescription que si elle est rédigée sur une ordonnance sécurisée. En outre, il doit vérifier qu'elle respecte bien la réglementation des stupéfiants.
Par dérogation, les pharmaciens peuvent délivrer de tels médicaments lorsque la prescription ne respecte pas les dispositions rappelées ci-dessus, dans la limite de la quantité minimale nécessaire pour assurer la continuité du traitement et permettre au malade d'obtenir une prescription respectant ces conditions.