Psoriasis et
grossesse

Être atteint de psoriasis modéré à sévère n’exclut pas d’avoir des enfants, même en cas de traitements incompatibles avec la grossesse, pour peu que l’on s’y prépare suffisamment à l’avance et que l’on bénéficie d’un suivi médical pluridisciplinaire. Selon les données disponibles, le psoriasis n’influe ni sur la fertilité, ni sur le bon déroulement de la grossesse. De plus, pour un peu plus de 50 % des patientes, celle-ci s’accompagne d’une amélioration des symptômes.

Des traitements souvent incompatibles avec la conception et la grossesse

consultation

La plupart des patients souffrant de psoriasis sévère ou qui impacte sévèrement la qualité de vie sont traités par des médicaments qui ne sont pas tous compatibles avec la conception ou la grossesse.

Ces traitements augmentent le risque de malformations chez l’enfant à naître ou n’ont pas été étudiés chez la femme enceinte (et un doute subsiste donc quant à leur influence sur l’embryon). Les femmes et les hommes qui les prennent doivent utiliser une méthode de contraception efficace.

Ces traitements ne semblent pas avoir d’influence négative sur la fertilité féminine. Les données publiées concernant les effets de certains immunosuppresseurs sur la fertilité masculine sont divergentes. Certaines études font état d’une diminution du nombre de spermatozoïdes réversible à l’arrêt du traitement chez des patients traités par certains immunosuppresseurs. D’autres études ne retrouvent pas ces effets.

Bien préparer sa grossesse lorsqu’on prend ces traitements contre le psoriasis

Lorsqu’une grossesse est envisagée alors qu’on prend ce type de traitement, l’arrêt de la contraception ne peut être décidé qu’après s’être assuré de l’élimination dans l’organisme de ces substances. Ceci requiert une période variable d’arrêt (jusqu’à plusieurs mois) en fonction du traitement utilisé.

Pour les personnes chez qui l’arrêt de tout traitement entraînerait une poussée de psoriasis, il existe des traitements alternatifs compatibles avec la conception et la grossesse. Le remplacement des traitements à risque pour le fœtus par ces traitements compatibles doit se faire au moins 3 mois avant la date de conception.

Pour toutes ces raisons, lorsqu’on souffre de psoriasis traité par un médicament incompatible avec la conception et la grossesse, un désir d’enfant nécessite de se préparer plusieurs mois en amont de la date de conception envisagée, avec l’aide de son dermatologue, de son gynécologue et de son médecin généraliste.

La grossesse et l’allaitement ont-ils un impact sur la progression du psoriasis ?

Pendant la grossesse, un peu plus de la moitié des femmes qui souffrent de psoriasis ou de rhumatisme psoriasique signalent une amélioration des symptômes, mais il arrive également, dans environ un quart des cas, que la maladie s’aggrave.

En 2016, des chercheurs ont publié une vaste étude mesurant l’impact de la contraception, de la grossesse, de l’allaitement et de la ménopause sur l’évolution du psoriasis. Ce travail a été mené à partir des Nurses Health Studies 1 et 2, deux grandes cohortes d’infirmières américaines suivies tout au long de leur vie (plus de 164 000 femmes). Parmi ces femmes, 1 253 souffraient de psoriasis. Cette étude montre que les grossesses et l’allaitement maternel (pendant au moins 2 ans) semblent avoir une influence positive sur la maladie, mais elle n’était pas statistiquement significative dans cette étude.

Que se passera-t-il si mon psoriasis s’aggrave pendant la grossesse ?

Chez les femmes qui souffrent de psoriasis, le suivi de la grossesse est similaire à celui de toutes les femmes. Le psoriasis et le rhumatisme psoriasique n’augmentent pas le risque de fausse-couche.

Si le psoriasis s’aggrave au cours de la grossesse, le dermatologue peut décider de mettre en place un nouveau traitement, le plus souvent local. Sa décision dépendra de la période de la grossesse, des symptômes qui justifient d’administrer un nouveau traitement et de la bonne sécurité et tolérance du traitement par la mère et le fœtus.

Certains traitements peuvent être prescrits tout au long de la grossesse en cas de nécessité. Des informations précises sur les effets des médicaments contre le psoriasis sur la grossesse et l’allaitement peuvent être trouvées sur le site du Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT, voir lien ci-dessous).

Chez les femmes qui souffrent de rhumatisme psoriasique, le médecin rhumatologue sera vigilant sur l’évolution de ce rhumatisme, sur la santé des os et sur la prise de poids qui doit être contrôlée pour éviter de fatiguer les articulations du dos, des hanches, des genoux et des chevilles.

Chez les femmes qui ont des lésions importantes de psoriasis au moment de l’accouchement (ce qui est exceptionnel), des mesures peuvent être prises pour éviter que ces lésions ne soient soumises à des pressions prolongées pendant le travail : positions alternatives, renforts rembourrés, etc. Dans certains cas, une césarienne peut être pratiquée.

N’hésitez pas à poser toutes vos questions à votre dermatologue, votre rhumatologue ou votre gynécologue. Leur expérience avec d’autres patientes leur permettra de vous donner des informations adaptées à votre situation.

Après l’accouchement et pendant l’allaitement maternel

allaitement

Il n’est pas rare que le psoriasis se réveille après l’accouchement : chez 40 à 90 % des femmes selon les études. Le traitement de cette poussée varie selon si la mère a choisi ou non d’allaiter son enfant (certains traitements pouvant passer dans le lait maternel).

Chez les mères qui allaitent, la présence de lésions de psoriasis sur les mamelons peut gêner l’allaitement. Des traitements locaux, à appliquer sur la peau lésée, sont possibles, sur une durée courte. Il faut alors appliquer ce traitement juste après la tétée et nettoyer les mamelons avant la tétée suivante (pour éviter l’ingestion de résidus de médicament par le bébé). Demandez conseil à votre dermatologue.

Dans les cas de psoriasis particulièrement intenses après l’accouchement, des mesures peuvent être prises pour faciliter la tétée sans pression sur les lésions : coussins pour amortir le poids du bébé, positions alternatives, voire allaitement par biberon avec le lait maternel, par exemple. En cas de rhumatisme psoriasique gênant la manipulation du bébé, des soutiens peuvent être obtenus.

Pour en savoir plus :

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