Psoriasis et
contraception

Les personnes en âge de procréer qui sont traitées pour un psoriasis sont souvent tenues d’utiliser un moyen de contraception. En effet, certains traitements médicamenteux ne sont pas compatibles avec la conception et la grossesse. Dans ce cas, quelle contraception utiliser ? Aura-t-elle un effet sur la maladie ? Comment faudra-t-il la suspendre en cas de désir d’enfant ?

La contraception hormonale a-t-elle un effet sur l’évolution du psoriasis ?

pilule

La question de l’influence des hormones sexuelles féminines (œstrogènes et progestérone) sur l’évolution du psoriasis reste aujourd’hui le sujet d’interrogations. On sait que les œstrogènes augmentent l’épaisseur de la peau et sa teneur en eau, et que les femmes sont globalement plus à risque que les hommes de développer une maladie auto-immune.

De plus, pendant la grossesse (période durant laquelle le taux sanguin de progestérone est élevé), un peu plus de la moitié des femmes qui souffrent de psoriasis signalent une amélioration des symptômes, mais il arrive également, dans environ un quart des cas, que la maladie s’aggrave.

La question se pose donc de l’influence de la prise de contraceptifs oraux (« pilule ») sur l’évolution du psoriasis.

Les résultats des Nurses Health Studies

En 2016, des chercheurs ont publié une vaste étude mesurant l’impact de la contraception, de la grossesse, de l’allaitement et de la ménopause sur l’évolution du psoriasis. Ce travail a été mené à partir des Nurses Health Studies 1 et 2, deux grandes cohortes d’infirmières américaines suivies tout au long de leur vie (plus de 164 000 femmes). Parmi ces femmes, 1 253 souffraient de psoriasis.

Cette étude montre que les contraceptifs oraux ne semblent pas avoir d’effet sur l’évolution du psoriasis. Par contre, le risque de poussées de psoriasis est légèrement plus élevé (32 % de cas en plus) chez les femmes qui présentent fréquemment un cycle menstruel irrégulier. Le nombre de grossesses et l’allaitement maternel semblent avoir une influence positive sur la maladie, mais pas statistiquement significative dans cette étude.

Après la ménopause, le risque de psoriasis ne semble pas augmenter, sauf chez les femmes qui ont subi une ménopause dite « chirurgicale » (suite à l’ablation des ovaires dans le cadre d’un traitement) où ce risque est augmenté de 19 %. Enfin, chez les femmes qui reçoivent un traitement hormonal de la ménopause, la faible augmentation du risque de psoriasis observée n’est pas statistiquement significative.

Pourquoi la contraception est-elle importante en cas de traitement du psoriasis ?

méthodes de contraception

Chez les patients qui souffrent de psoriasis sévère ou qui impacte sévèrement la qualité de vie, certains traitements ne sont pas compatibles avec la conception ou la grossesse. En effet, ces traitements augmentent le risque de malformations congénitales ou n’ont pas été étudiés chez la femme enceinte (et un doute subsiste donc quant à leur influence sur l’embryon).

Les patients masculins sont eux aussi concernés : certains de ces traitements peuvent provoquer des anomalies des spermatozoïdes. Les médecins demandent donc à leurs patients, hommes et femmes en âge de procréer, d’utiliser une forme efficace de contraception tout au long de ce type de traitement et dans les mois qui suivent leur arrêt. Des informations précises sur les effets des médicaments contre le psoriasis sur la fertilité et la grossesse peuvent être trouvées sur le site du Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT).

Quels sont les moyens de contraception compatibles avec les traitements du psoriasis ?

Chez les femmes qui reçoivent un médicament contre le psoriasis incompatible avec la grossesse, toutes les formes de contraception peuvent être utilisées : pilules œstroprogestatives et microprogestatives, contraceptifs à longue durée d’action, par exemple les implants œstroprogestatifs (placés sous la peau), ou les dispositifs intra-utérins (DIU ou stérilet). Avec certains types de traitement contre le psoriasis qui agissent sur la réaction immunitaire, le risque d’une infection autour du dispositif intra-utérin pourrait être augmenté. Dans ce cas, l’implant ou la pilule peuvent être préférés.

Chez l’homme traité pour un psoriasis avec ces médicaments, l’usage du préservatif s’impose.

Prévoir d’arrêter la contraception en vue d’une grossesse

Lorsqu’une grossesse est envisagée par une personne traitée par ces médicaments incompatibles avec la conception et la grossesse, l’arrêt de la contraception ne peut être décidé qu’après s’être assuré de l’élimination dans l’organisme de ces traitements potentiellement toxiques pour l’embryon. Ceci requiert une période variable d’arrêt (jusqu’à plusieurs mois) en fonction du traitement utilisé, aussi bien chez la femme que chez l’homme.

Pour les personnes chez qui l’arrêt des traitements entraînerait une poussée de psoriasis, il existe des traitements alternatifs compatibles avec la conception et la grossesse. Le remplacement des traitements à risque pour le fœtus par ces traitements compatibles doit se faire au moins 3 mois avant la date de conception.

Pour toutes ces raisons, lorsqu’on souffre de psoriasis traité par un médicament incompatible avec la grossesse, un désir d’enfant nécessite de se préparer plusieurs mois en amont de la date de conception envisagée, avec l’aide de son dermatologue, de son gynécologue et de son médecin généraliste.

Pour en savoir plus :

familles&psoriasis vous est proposé avec le soutien institutionnel du laboratoire UCB Pharma France