Un chat atteint de la rage des chauves-souris en Côte-d'Or

Par HOMMEL CHRISTOPHE

Date de publication : 15 Mai 2020

Mesvaccins.net

Le Centre national de référence (CNR) de la rage de l'Institut Pasteur de Paris a identifié un virus de la rage des chauves-souris chez un chat originaire de Source-Seine, en Côte d'Or.

Le virus identifié appartient au genre Lyssavirus (du grec lyssa, «rage»), qui inclut le virus de la rage et des virus apparentés. Parmi ceux-ci, les lyssavirus des chauves-souris européennes (désignés par l'acronyme EBLV, pour European Bat Lyssavirus) circulent chez ces animaux sans les tuer. Ils appartiennent à deux génotypes : les génotypes 5 (EBLV-1) et 6 (EBLV-2). Le premier génotype est subdivisé en sous-types a et b. C'est ce dernier (European bat 1 lyssavirus b ou EBLV-1b) qui a été identifié.

Un chat atteint de la rage des chauves-souris.

Le chat avait présenté une modification brutale de comportement avec agressivité et signes neurologiques à type de paralysie du train postérieur. 

L'animal, qui n'avait jamais été vacciné contre la rage, vivait à la campagne et sortait régulièrement du domicile de ses propriétaires. Le chat a été euthanasié et sa tête a été adressée au Centre national de référence de la rage en raison de morsures et griffures de sa propriétaire. Les personnes exposées à cet animal ont été prises en charge au Centre antirabique de Dijon. 

Quelques informations sur le virus de la rage des chauves-souris (ou rage des chiroptères).

Le virus EBLV-1 est un lyssavirus circulant chez les chauves-souris européennes (et plus particulièrement chez les sérotines communes ou Eptesicus serotinus). 

Ce virus appartient au cluster B1, rassemblant des souches virales circulant préférentiellement dans l'Est de la France (Troupin et al., Genome Biol Evol, 2017). Une homologie de séquence génétique de près de 99,8 % a été montrée entre ce virus et un isolat précédemment diagnostiqué en 2008 au laboratoire chez une sérotine commune provenant d'Aillant-sur-Tholon (89).

Comment interpréter cet événement ?

Il s'agit du troisième cas en France d'un carnivore (en l'occurrence d'un chat domestique) retrouvé infecté par un lyssavirus de type EBLV-1 (Dacheux et al. Emerg Infect Dis. 2009). D'autres rares épisodes de franchissement de la barrière d'espèce ont pu être observés en Europe chez l'animal (notamment chez le mouton, la fouine ou d'autres espèces de chauves-souris que la sérotine commune). Mais ces évènements sont exceptionnels et aucun cas de transmission d'un animal terrestre infecté vers l'homme n'a été rapporté à ce jour. Ce risque de transmission ne peut toutefois être écarté et il est conseillé aux personnes mordues par des chauves-souris ou par tout animal carnivore de laver leurs blessures à l'eau et au savon et de consulter un médecin.

Il faut noter que ce diagnostic est intervenu pendant la période de confinement et que malgré les contraintes la surveillance vétérinaire a été efficace et a permis de prendre en charge rapidement les personnes exposées.

Il est nécessaire de chercher à mieux connaître la situation épidémiologique de la rage des chiroptères, soupçonnée en Europe dès les années 1950, mais identifiée de manière plus précise à partir des années 1980 et toujours présente. Il faut noter que le statut de pays indemne de rage demeure attribué par l'Office international des épizooties, même en présence de cas de lyssaviroses des génotypes 5 et 6 chez les chauves-souris.

Source : Institut Pasteur de Paris.

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