Thérapies complémentaires : analyses et recommandations de l’Académie de médecine

Par Jean-Philippe RIVIERE -
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Dans un rapport paru le 5 mars 2013 (fichier PDF), l'Académie de médecine fait le point sur les médecines dites "alternatives". Cet article présente ses recommandations.

Pour lire une synthèse de ses analyses sur les 4 techniques complémentaires étudiées, merci de consulter cet article "L’acupuncture, le tai chi, l’hypnose et l’ostéopathie passés au crible par l’Académie de médecine".
De nombreuses thérapies complémentaires sont désormais utilisées en France.

De nombreuses thérapies complémentaires sont désormais utilisées en France.


"Thérapies complémentaires" plutôt que "médecines alternatives"
Outre  l'acupuncture, l'hypnose, l'ostéopathie et le tai-chi, étudiées par l'Académie, il existe de multiples pratiques thérapeutiques non conventionnelles : l'homéopathie, la phytopthérapie, la psychothérapie ou encore la mésothérapie sont par exemple largement employées en France. Les médecines traditionnelles (africaine, arabe, ayurvédique, chamanique ou chinoise) en font également partie (liste des thérapies complémentaires sur le thesaurus MeSH -medical subject Headings).

Elles sont en général appelées "médecines parallèles" ou "médecines alternatives", alors qu'elles ont souvent un rapport éloigné avec la médecine au sens occidental, qui est basée sur des organes (et non des "énergies") et des preuves scientifiques. La médecine occidentale est également principalement axée sur le traitement des pathologies, tandis que l'homéopathie et nombre de thérapies asiatiques sont dites "de terrain" (prévention de la survenue de pathologies). C'est pourquoi l'Académie de médecine préfère l'appellation "thérapies complémentaires" et précise qu'elle "souhaite que cet usage soit largement adopté".

Une analyse de la littérature couplée à des auditions
Daniel Bontoux, Daniel Couturier et Charles-Joël Menkès, de l'Académie de médecine, ont fait le point sur les connaissances scientifiques, les modalités de formation et d'exercice ainsi que sur l'utilisation actuelle des 4 technologies précitées dans les hôpitaux et centres d'oncologie.

Ce travail est basé sur une analyse de la littérature et les auditions d'un médecin acupuncteur, d'un ostéopathe et de médecins hospitaliers (oncologie, rhumatologie, médecine physique, santé publique, néphrologie, réanimation).

L'acupuncture, l'hypnose, l'ostéopathie et le tai-chi passées au crible
Les auteurs ont constaté que ces techniques sont basées sur l'empirisme plutôt que sur des preuves scientifiques. Si elles reposent souvent sur l'effet placebo, elles peuvent rendre "certains services en complément de la thérapeutique à base scientifique de la médecine proprement dite", conclue le rapport de l'Académie de médecine.

Pour plus de précisions sur l'analyse de ces 4 techniques et la place de l'effet placebo dans leur efficacité, merci de lire notre article "L'acupuncture, le tai chi, l'hypnose et l'ostéopathie passés au crible par l'Académie de médecine".

L'Académie, en conclusion de son rapport, émet des recommandations avec en particulier une mise en garde sur une utilisation abusive de ces thérapies complémentaires.

Gare à la diffusion abusive, au risque de dérive sectaire et à l'éloignement de la médecine conventionnelle !
L'engouement pour les thérapies complémentaires s'amplifie d'année en année, y compris dans les établissements de soins. L'Académie de médecine insiste pour que "ces pratiques restent à leur juste place : celle de méthodes adjuvantes pouvant compléter les moyens de la médecine".  

Elles ne doivent jamais être choisies, toujours selon l'Académie, comme premier recours par les patients, ni comme une solution de remplacement (perte de chances, surtout en cancérologie…). De même, à l'hôpital, elles "doivent rester intégrées dans la pratique des équipes soignantes, en supplément des moyens thérapeutiques validés, et ne jamais s'en isoler".

Certaines sectes utilisent des thérapies non conventionnelles, comme l'a rappelé la  Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires () en avril 2012 : "la maladie est devenue une porte d'entrée rêvée pour ces mouvements ou individus qui profitent de la souffrance ou de l'inquiétude des malades et de leur famille pour exercer sur eux une emprise".

En conclusion…
Ce rapport, qui comporte de nombreuses autres informations (en particulier sur les modalités de formation reconnues en France pour les 4 techniques étudiées) et ressources, montre que les thérapies complémentaires ne peuvent pas être qualifiées systématiquement d'inutiles, inefficaces ou dangereuses, au contraire.

Cette analyse pointe cependant des risques de dérives, appelle à davantage de preuves scientifiques et constitue enfin un recadrage utile alors que foisonnent les publicités, conseils et incitations à tenter d'autres soins que les soins prodigués par la médecine actuelle.

En savoir plus :
- "THÉRAPIES COMPLÉMENTAIRES - acupuncture, hypnose, ostéopathie, tai-chi - leur place parmi les ressources de soins", Daniel BONTOUX, Daniel COUTURIER, Charles-Joël MENKÈS, Académie nationale de médecine, 5 mars 2013
- Liste des thérapies complémentaires, MeSH, Inserm
- "Publication du guide Santé et dérives sectaires", Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), avril 2012

Sources : Académie nationale de médecine

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Vidal News du 2017-06-22