COVID-19 : la HAS favorable aux tests salivaires, uniquement en présence de symptômes

Par DAVID PAITRAUD -
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La Haute Autorité de Santé (HAS) a rendu vendredi 18 septembre 2020 son avis relatif aux tests de dépistage de la COVID-19 réalisés à partir de prélèvements salivaires.

Selon cet avis, la prise en charge du prélèvement salivaire est recommandé :
  • uniquement chez les sujets présentant des symptômes de l'infection depuis moins de 7 jours, lorsque le prélèvement nasopharyngé n'est pas possible (défaut d'acceptabilité) ;
  • uniquement pour réaliser des tests de détection virologique par RT-PCR.

La HAS a évalué l'intérêt du prélèvement salivaire à partir de données préliminaires issues de l'étude COVISAL, qui a comparé les résultats obtenus selon les deux techniques de prélèvement (nasopharyngé ou salivaire). 

Les premiers résultats montrent :
  • chez les personnes symptomatiques : une moins bonne sensibilité par rapport aux tests nasopharyngés, mais une meilleure acceptabilité ;
  • chez les personnes asymptomatiques : des performances insuffisantes avec cette technique de prélèvement (75 % de non détection du virus). 
Les tests salivaires sont plus simples, moins désagréables, mais moins fiables (illustration).

Les tests salivaires sont plus simples, moins désagréables, mais moins fiables (illustration).


Depuis plusieurs mois, la seule technique de prélèvement recommandée pour réaliser les tests de détection du virus SARS-CoV-2 est le prélèvement nasopharyngé. Cette méthode reste la référence pour le dépistage, mais la HAS a pour mission d'évaluer les alternatives de prélèvement. Elle publie les résultats au fur et à mesure des données disponibles.

Concernant les tests virologiques sur prélèvement salivaire, la HAS s'est appuyée sur les résultats préliminaires de l'étude COVISAL.
Cette étude, réalisée en Guyane sur 700 personnes, a pour objectif d'évaluer la sensibilité et la fiabilité des tests réalisés à partir de la salive, en comparaison à un prélèvement
nasopharyngé.

Selon les premiers résultats : 
  • la sensibilité des tests salivaires est inférieure à celle des tests nasopharyngés, chez les personnes symptomatiques ;
  • le test salivaire est mieux accepté que le test nasopharyngé dans certaines situations ; 
  • le test salivaire présente une très faible sensibilité chez les personnes asymptomatiques ; dans 3 cas sur 4, le virus n'est pas détecté.

Personnes symptomatiques : le test salivaire comme alternative, selon les cas
Contrairement au prélèvement nasopharyngé qui repose sur l'introduction profonde d'un écouvillon dans le nez pour récupérer un échantillon de sécrétion, le prélèvement salivaire est plus simple et indolore ; il repose sur le recueil de salive, par crachat simple ou bronchique dans un tube à essai ou par prélèvement à l'aide d'une pipette (cf. Tableau I).

 
Tableau I -  Différents tests de dépistage COVID-19 et techniques de prélèvement associées (septembre 2020)
Modes de prélèvement de l'échantillon analysé  
Test RT-PCR
 
 
Test antigénique
 
Profil des patients
Nasopharyngé Patients symptomatiques ou asymptomatiques Patients asymptomatiques et non « cas contact »
Salivaire Patients symptomatiques  En cours d'évaluation HAS
Oropharyngé En cours d'évaluation HAS
 
Cette technique est moins traumatique pour le patient et ne nécessite pas l'intervention d'un professionnel de santé. En outre, elle permet de réduire les risques de contamination du personnel soignant.

La HAS estime donc que les résultats de performance des tests salivaires sont acceptables chez les personnes ayant des symptômes et pour lesquelles le prélèvement nasopharyngé est difficile, voire impossible.

Le test salivaire peut être une alternative au prélèvement nasopharyngé pour le diagnostic des patients répondant à tous les critères suivants : 
  • apparition des symptômes depuis moins de 7 jours, 
  • patients non hospitalisés, 
  • personnes pour lesquelles le test nasopharyngé n'est pas acceptable (enfants, personnes âgées, personnes présentant des troubles psychiatriques) ou chez qui le test sur prélèvement nasopharyngé est contre-indiqué.

De nouvelles recommandations à venir
Selon l'avis de la HAS, le prélèvement salivaire n'est acceptable que pour les tests virologiques de détection génomique par RT-PCR.

À ce jour, elle ne se prononce pas quant à l'utilisation de la salive dans le cadre des tests de détection antigénique. Les recommandations relatives à la place des tests antigéniques dans le diagnostic de la COVID-19 sont actuellement en cours d'évaluation ; à l'occasion de la conférence de presse donnée pour présenter l'avis relatif aux tests salivaires, la présidente de la HAS, Dominique Le Guludec, a annoncé que les conclusions de cette évaluation seraient présentées au cours de la semaine 39 (21-27 septembre 2020).

En outre, la position sur les tests salivaires adoptée le 18 septembre par la HAS est susceptible d'être revue ou précisée en fonction des résultats définitifs de l'étude COVISAL, ou d'autres données issues d'études cliniques de même niveau de preuve que COVISAL (dont l'étude SALMICOV actuellement en cours et promue par le Service de santé des armées).

Enfin, la HAS indique avoir initié une évaluation des prélèvements oropharyngés.
 
Pour aller plus loin
Communiqué de presse - COVID-19 : les tests salivaires peuvent compléter les tests nasopharyngés chez les personnes symptomatiques (HAS, 18 septembre 2020)
Avis n° 2020.047/AC/SEAP du 18 septembre 2020 du collège de la Haute Autorité de santé relatif à l'inscription sur la liste des actes et prestations mentionnée à l'article L. 162-1-7 du code de la sécurité sociale, de la détection du génome du virus SARS-CoV-2 par technique de transcription inverse suivie d'une amplification (RT-PCR) sur prélèvement salivaire (HAS, 18 septembre 2020)

 

Sources : HAS (Haute Autorité de Santé)

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