Hépatite C : selon la HAS, le dépistage universel n’est pas pertinent en France

Par Stéphane KORSIA-MEFFRE -
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La stratégie nationale de dépistage de l’hépatite C se concentre aujourd’hui sur les populations à haut risque d’exposition au virus. La Haute autorité de santé (HAS) a mené une évaluation médico-économique pour déterminer l’intérêt d’un dépistage universel, élargi à la population générale.
 
Elle conclut qu’un dépistage universel ne serait pas efficient en France et qu’il faudrait plutôt renforcer le dépistage dans les populations les plus à risque de contamination et de transmission.
Selon la HAS, le dépistage universel de l'hépatite C n'est pas pertinent en France

Selon la HAS, le dépistage universel de l'hépatite C n'est pas pertinent en France

Environ 25 000 personnes atteintes d'hépatite C sans le savoir
En France, les traitements capables de soigner efficacement les patients séropositifs au virus de l'hépatite C (VHC) sont accessibles à tous depuis 2017.
On estime que 133 000 personnes sont atteintes d'hépatite C chronique dans notre pays, dont 19 % seraient porteurs sans le savoir.
L'enjeu est de dépister ces derniers pour leur permettre un accès rapide aux soins.
 

Doit-on étendre le dépistage du VHC à la population générale ?
La stratégie de dépistage actuelle cible des populations à risque telles que les usagers de drogues intraveineuses, les partenaires sexuels des personnes atteintes d'hépatite C chronique, la population carcérale et les patients séropositifs pour le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) ou porteurs du virus de l'hépatite B.
La HAS a été questionnée sur l'opportunité d'étendre le dépistage organisé de l'hépatite C à la population générale. Sur la base d'études françaises et internationales, elle a mené une évaluation médico-économique et conclut qu'un dépistage universel ne serait pas efficient.


Une analyse d'efficience d'une stratégie universelle
Une réévaluation de la stratégie de dépistage du VHC doit permettre d'apprécier si un dépistage universel – de toute la population adulte – permettrait une baisse significative de la morbi-mortalité liée au virus par rapport au dépistage ciblé actuellement mis en place.
Et ensuite, de déterminer si cette baisse justifierait le surcoût pour la collectivité.

 
Une analyse de la littérature sur l'efficience d'un dépistage universel
Pour élaborer son avis, la HAS a analysé la littérature : études épidémiologiques françaises, rapports d'agences d'évaluation en santé et de sociétés savantes étrangères, analyses médico-économiques françaises et internationales.
D'après les données épidémiologiques récentes, la proportion de personnes touchées par l'hépatite C chronique en France est en baisse et faible par rapport au reste du monde. Elle est ainsi passée de 0,42 % de la population française en 2011 à 0,30 % en 2016, contre 1 % en moyenne à l'international en 2014.
De plus, aucune étude internationale n'a démontré l'efficience d'une stratégie de dépistage étendue à la population générale. Et aucune recommandation étrangère ne promeut le dépistage universel de l'hépatite C.
 

L'expérience des difficultés du dépistage universel du VIH
L'expérience passée de la lutte contre le VIH montre les limites du dépistage en population générale. Un temps recommandé en France, le dépistage universel n'a pas eu les effets escomptés en raison des difficultés importantes de mise en œuvre.
En particulier, les personnes les plus à risque de contamination sont de manière générale éloignées du système de soin, donc peu susceptibles de participer au dépistage, même s'il est étendu à l'ensemble de la population.
Cela a conduit la HAS à préconiser un dépistage ciblant prioritairement les populations les plus exposées au VIH.


Le dépistage universel du VHC n'est pas la solution adéquate
Considérant ces éléments, la HAS conclut que l'élargissement du dépistage du VHC à la population générale n'est pas la solution appropriée pour éliminer le virus en France.
Si le dépistage universel ne représente pas aujourd'hui la bonne piste dans la lutte contre le virus de l'hépatite C, celle du dépistage ciblé est à privilégier.
La HAS recommande d'intensifier ce dernier avec une vigilance particulière sur le risque de réinfection dans les populations à risque élevé d'exposition au VHC.

Dans un second volet de son évaluation à venir, la HAS entend préciser les facteurs de risque de contamination, de re-contamination et de transmission – pour, si besoin, élargir la population ciblée par le dépistage – et détailler les points à améliorer pour mieux atteindre ces populations, parfois éloignées du système de soin.

 
Pour aller plus loin
Le communiqué de la Haute autorité de santé, 29 novembre 2019
« Hépatite C : le dépistage universel n'est pas pertinent en contexte français »
 
Les recommandations actuelles en terme de dépistage de l'hépatite C, Association française de formation médicale continue en hépato-gastro-entérologie, 2015
« Dépistage des hépatites B et C. Nouvelles recommandations »
 
Fiche mémo sur la prise en charge de l'hépatite C, HAS, septembre 2019
« Hépatite C : prise en charge simplifiée chez l'adulte »

Sources : HAS (Haute Autorité de Santé)

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Vidal News du 2019-12-05

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