Prophylaxie du paludisme : LARIAM (méfloquine), en dernière intention en raison des risques neuropsychiatriques

Par DAVID PAITRAUD -
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Concomitamment à la publication de l’édition 2018 des recommandations sanitaires aux voyageurs, l’ANSM rappelle aux professionnels de santé les consignes de bon usage de LARIAM 250 mg comprimé sécable (méfloquine).

En prophylaxie du paludisme, ce médicament ne doit être utilisé qu’en dernière intention, si le bénéfice est jugé supérieur au risque par le médecin prescripteur.
Les alternatives mieux tolérées doivent être privilégiées.
Maladie infectieuse due à un parasite du genre Plasmodium, le paludisme malaria est une propagé par la piqûre de certaines espèces de moustiques anophèles (illustration).

Maladie infectieuse due à un parasite du genre Plasmodium, le paludisme malaria est une propagé par la piqûre de certaines espèces de moustiques anophèles (illustration).


Des effets indésirables neuropsychiatriques potentiellement graves
Dans l'édition 2018 des Recommandations sanitaires aux voyageurs, les auteurs soulignent l'importance de se référer régulièrement au résumé des caractéristiques du produit (RCP) des médicaments de chimioprophylaxie du paludisme, afin de prendre en compte le profil de sécurité de ces médicaments. 

Ce message a été renforcé par l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) dans un point d'information en date du 25 mai 2018 concernant la méfloquine (LARIAM 250 mg comprimé sécable). 

Encadré 1 - Les indications de LARIAM
  • Chimioprophylaxie du paludisme en zone d'incidence élevée de paludisme chimiorésistant (Cf. VIDAL Reco "Prophylaxie du paludisme").
  • Traitement des accès simples de paludisme contracté en particulier en zone de résistance aux amino-4-quinoléines (chloroquine) (Cf. VIDAL Reco "Traitement du paludisme").
Remarque : en cas de vomissements itératifs, d'accès compliqués, graves ou pernicieux, un traitement antipaludique par voie parentérale est nécessaire.
Il est nécessaire, lors de la prescription d'antipaludiques, de prendre en compte les recommandations des autorités sanitaires nationales et internationales concernant l'évolution des chimiorésistances.

Ce médicament fait l'objet d'une surveillance particulière en raison d'effets indésirables d'ordre neuropsychiatrique potentiellement graves : 
  • anxiété, 
  • paranoïa, 
  • dépression, 
  • hallucinations,
  • psychose,
  • rêves anormaux/cauchemars, 
  • insomnies, 
  • agitation ou confusion mentale,
  • idées suicidaires ou suicide.
Ces effets peuvent survenir plusieurs mois après l'arrêt du traitement

La méfloquine : traitement de dernière intention
Selon les résultats d'une réévaluation menée à l'échelle européenne en 2017, la méfloquine conserve un rapport bénéfice/risque favorable pour prévenir le paludisme.

Cependant, en raison de son profil de sécurité particulier, LARIAM doit être utilisé en dernière intention dans la prophylaxie du paludisme, si le bénéfice est jugé supérieur au risque par le médecin prescripteur.
L'ANSM recommande de privilégier les alternatives mieux tolérées.

En outre, LARIAM est contre-indiqué en chimioprophylaxie chez les patients présentant ou ayant présenté des troubles psychiatriques (dépression, anxiété généralisée, idées suicidaires) ou des antécédents de convulsions.

Une carte-patient dans chaque boîte de LARIAM
LARIAM fait l'objet d'une surveillance renforcée
En 2013, l'Agence européenne du médicament (EMA) a mis en place un plan de réduction des risques liés à la méfloquine. 

Ce plan comporte deux axes : 
  • information des professionnels de santé avec un guide pour le prescripteur
  • sensibilisation des patients au moyen d'une carte-patient : depuis 2015, cette carte est insérée dans chaque boîte de LARIAM. Lors de la délivancen en pharmacie, les patients sont invités à en prendre connaissance et à la conserver sur eux durant le traitement. 

Débuter le traitement avant le départ
Si le prescripteur opte pour LARIAM, le traitement doit être débuté au moins 10 jours avant le séjour dans la zone à risque.
Ce délai permet d'apprécier la tolérance du traitement. 

Chimioprophylaxie du paludisme : un choix "patient et séjour dépendant" 
Les auteurs des Recommandations sanitaires aux voyageurs 2018 rappellent que la prévention du paludisme repose sur :
  • des mesures de protection personnelle anti-vectorielle, à savoir la protection contre les piqûres de moustiques,
  • la chimioprophylaxie antipaludique

La chimioprophylaxie antipaludique est recommandée dans les situations à risque modéré ou élevé de paludisme. Le choix d'un recours à ce traitement doit prendre en compte : 
  • les caractéristiques individuelles des voyageurs (âge, grossesse, antécédents médicaux), 
  • les caractéristiques du voyage : saison, lieu de séjour (altitude, ville…) et conditions de séjour (voyage conventionnel ou non, durée, activités pratiquées…). 

Pour aider les professionnels de santé, un tableau (tableau 5 page 28 à 39) détaille le risque de transmission palustre et les recommandations à suivre, pays par pays.
Pour chaque pays, les zones et saisons à risque sont précisées. 

Pour aller plus loin
Profil de sécurité du Lariam dans la chimioprophylaxie du paludisme - Point d'information (25 mai 2018)
Recommandations sanitaires pour les voyageurs - édition 2018 (Santé publique France, 2018)

Sur VIDAL.fr
LARIAM : sensibilisation aux risques d'effets indésirables neuropsychiatriques (9 juillet 2013)

Sources : ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

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Vidal News du 2018-08-02

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